Par , 30/09/2008
Brandalley, un site au positionnement mixte, "mi-outlet, mi-vente privilège", affiche de nouvelles ambitions à l'international. Et vise la rentabilité à brève échéance.

Vous avez fait votre entrée dans le Top 15 des acteurs de l’e-commerce dans le dernier classement de Médiamétrie. À quoi attribuez-vous ce pic d’audience ?
Notre modèle répond à des attentes fortes de nos clients qui cherchent des grandes marques à des prix remisés sur Internet. Notre cible est globalement assez provinciale et attend un service important. Petit à petit, nous grignotons des parts de marché des VPCistes, ce qui explique que notre audience décolle, avec 2 213 000 visiteurs en moyenne au deuxième trimestre 2008.
Depuis sa création, il y a trois ans, le site a changé de modèle économique. Aujourd’hui, il s’agit d’un portail d’e-commerce comportant un volet dédié aux ventes privilèges… Quels enseignements tirez-vous de ce nouveau positionnement ?
Au démarrage, le modèle du site était un modèle “out let”. Nous avons lancé les ventes privilèges par la suite. Actuellement, nous faisons 50 % de notre chiffre d’affaires sur le fond de catalogue et les 50 % restants sur les ventes privilèges. Pour les grandes marques qui voient précisément le modèle de l’e-commerce évoluer, nous ouvrons des concessions et des franchises…
Quid de votre activité en marque blanche ?
Cette activité n’est pas aujourd’hui stratégique par rapport à notre développement. Notre cœur de métier est le “sourcing”, l’international. Ce deuxième volet est important. En effet, News Corps, un groupe qui sort 5 milliards de dollars de profit, a investi dans Brandalley dans un précédent tour de table, à hauteur de plusieurs dizaines de millions d’euros.
Quelles sont les opportunités offertes par cet investisseur ?
Clairement, cela nous a ouvert des portes à l’international. Actuellement nous développons l’Angleterre qui compte déjà 500 000 visiteurs uniques par mois. Nous allons annoncer de nouveaux pays dans quelques mois.
Quelles sont, parmi vos activités, celles qui sont les plus contributives à la marge du site ? Quid de la rentabilité de Brandalley ?
La société est en train de se rapprocher de la rentabilité à brève échéance. Actuellement, nous expédions environ 100 000 pièces par mois depuis une nouvelle plateforme logistique, située dans le Val d’Oise. Et nous y disposons de 27 000 m2 d'entrepôt, ce qui nous permet de monter en puissance. La société compte désormais une centaine de salariés. En trois ans, nous avons pris une ampleur importante et nous avons fait beaucoup de progrès... Les marques nous considèrent comme un partenaire important pour déstocker leurs stocks de nouvelles ou d’anciennes collections. Je pense qu’en 2009 le modèle Brandalley connaîtra une forte expansion.
Vous avez mené des études sur les incidences des problèmes de pouvoir d’achat des Français sur les achats en ligne. Quelles conclusions en tirez-vous ?
Un chiffre est particulièrement intéressant. Une étude a été menée par l’Institut français de la mode et précise que 50 % des produits de mode vendus sur Internet sont des produits remisés. Cela signifie qu’il existe un marché considérable pour les produits vendus sans remise, ce qui nous conforte dans notre modèle.
Un mot de vos projets…
L’un des projets de Brandalley est la préparation d’une quatrième version du portail. Nous allons mettre les moyens pour améliorer l'esthétique de notre site. Pour le reste, notre objectif est toujours le renforcement de l’offre pour attirer les plus belles marques. Il me semble que la vraie réussite de l’e-commerce est liée à une qualité du “customer service” qui doit être exceptionnelle. Personnellement, je passe beaucoup de temps à écouter mes clients.
Enfin, nous avons lancé, en avril dernier, le site Anasand.com, qui est un concept de site de vente privée exclusivement de luxe. Le site est privatisé pour une marque pendant une semaine. De manière virale, nous avons déjà enregistré 300 000 membres. En un mot, nous devenons “multi channel” et cela me semble plus largement l’une des voies d’avenir du Web, comme c'est déjà le cas outre-Atlantique...
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