Par Françoise VINCENT, 19/04/2010
Le marché du faux n'épargne aucun secteur. Il est devenu un phénomène mondial aux conséquences économiques et sociales graves, freinant l'innovation et l'emploi.
Six milliards par an, c’est ce que coûte la contrefaçon aux entreprises françaises. Selon un rapport remis le 12 avril par l’Union des fabricants (Unifab) au ministère de l’Économie, cette maladie ne concerne plus seulement le secteur du luxe. Elle affecte désormais les structures de tous secteurs et de toutes tailles et se tourne vers les produits de grande consommation (savons, shampooings, rasoirs, matériel électronique, logiciels, CD, cigarettes, boissons alcoolisées, articles de sports, pièces automobiles, etc.). Et c’est par conteneur que s’effectue leur transport.
Réactivité des copieurs
Les faux apparaissent de plus en plus rapidement après le lancement de nouveaux produits sur le marché, deux ans en moyenne dans les secteurs industriel et automobile, moins d’un an pour les parfums et cosmétiques, la maroquinerie, les produits pharmaceutiques ou le textile. Et parfois, les copies sortent en même temps que les originaux, comme cela a été observé dans les secteurs du luxe, du sport et des logiciels.
Le rapport révèle que plus de 178 millions de copies ont été interceptées en 2008 par les douanes communautaires. En France, le nombre d’articles saisis a atteint 6,5 millions, soit une augmentation de 41% par rapport à l’année précédente. La valeur des marchandises a elle aussi progressé, passant de 401 millions d’euros en 2007 à 467 millions un an plus tard (+16%).
Les PME négligent la protection
Selon l’Unifab, 27% des entreprises dépensent plus d’un million d’euros par an pour se protéger. Mais trop souvent, le coût important des actions de protection conduit les petites structures à délaisser la protection des droits de propriété industrielle en ne déposant pas de brevet. Près d’une PME sur deux y serait réticente, invoquant le poids de l’investissement.
Les conséquences de ce trafic sont considérables: croissance ralentie, emplois détruits, développement durable menacé. 54% des entreprises interrogées estiment d’ailleurs que la contrefaçon est un frein à l’innovation et 57% indiquent que le faux a un impact direct sur l’emploi.
Dans ce contexte, la nécessité de conférer à la lutte contre le faux une dimension communautaire s’est affirmée. L’Unifab propose cinq axes de travail aux pouvoirs publics: améliorer la coopération internationale contre la contrefaçon, renforcer les dispositifs juridiques internationaux, européens et nationaux, améliorer la réponse opérationnelle à la contrefaçon, mieux sensibiliser les acteurs et l’opinion, et enrayer la cybercontrefaçon.
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