Par François DESCHAMPS, 29/11/2011
Progressivement, le cloud computing se fait une place dans l'e-commerce. S'il présente d'indéniables avantages pour les sites marchands, il convient d'en connaître les spécificités afin de faire les bons choix.
Un terme revient très souvent dans la bouche de votre DSI, et ce terme est “cloud computing” ? Pas étonnant. (R)évolution des systèmes informatiques en entreprise, le cloud computing touche de plus en plus les e-commerçants. Avant d’en exposer les différents enjeux, il convient de rappeler en quelques mots de ce dont il s’agit. Le cloud computing est un concept qui consiste à externaliser sur des serveurs distants des traitements informatiques bien souvent internalisés par l’entreprise qui les utilise. Il peut s’agir à la fois de logiciels, et dans ce cas on parle de modèle SaaS (Software as a Service), mais aussi d’infrastructures physiques : c’est le modèle IaaS (Infrastructure as a Service). Pour ces deux modèles, le coût pour l'e-marchand est fonction de la durée de l'utilisation du service.
Le modèle IaaS est pourtant moins employé par les e-commerçants, mais mérite de s’y attarder. Avec ce modèle, l’e-commerçant dispose d'une infrastructure informatique comprenant généralement des serveurs, du stockage et un réseau, qui n’est toutefois pas présent physiquement dans les locaux du site, mais chez le fournisseur. Adieu les problèmes et les coûts liés à l’achat du matériel et à sa maintenance, c’est le fournisseur qui en a la charge. « Pour un petit site marchand disposant de peu de moyens, il peut ainsi éviter de créer un service informatique, avec l’installation de serveurs etc. Tout est externalisé dans le cloud », souligne Michel Simion, directeur marketing chez Compuware. D’autant que les services de stockage en cloud permettent de stocker des données et des documents, sans avoir à augmenter régulièrement le nombre ou la taille des serveurs.
Le temps d’affichage des pages en question
Pour les plus gros e-commerçants, l’approche du cloud est différente, car leurs problématiques ne sont pas les mêmes que celles des petits sites marchands. Par exemple, ils doivent être en mesure de faire face aux pics d’activités : « les événements commerciaux sont nombreux dans une année, rappelle Cyril Besse, senior manager en charge de l'offre e-commerce chez Logica Business Consulting. Il y a Noël, Pâques, la Saint Valentin, les soldes… Ce sont à chaque fois des fluctuations d’activité que les sites doivent être en mesure d’encaisser. » Et c'est sans compter les événements décidés en interne, par les services marketing. « Lorsque Hewlett packard a annoncé qu’il bradait ses tablettes, le nombre de connexions et de transactions effectuées sur le site marchand était si élevé qu’il s’est écroulé en fin de journée », raconte-t-il.
Les chances qu’un tel scénario se produise pour un e-commerçant ayant recours au cloud computing de Google ou Microsoft seraient ainsi bien moindres. Question de taille, de suivi et de qualité des infrastructures. Serge Lengagne, DSI du pôle vente à distance du groupe M6 comprenant notamment Mistergooddeal.com, est convaincu des apports bénéfiques du cloud computing : « Notre exigence première était que la page d’accueil du site de Mistergooddeal s’affiche en quatre secondes. Après avoir effectué des tests, nous nous sommes aperçus qu’elle était de l’ordre d’une demi seconde. Puis nous avons simulé jusqu’à 30 000 connexions simultanément, nous n’avons constaté aucune défaillance. Cela a suffi pour me convaincre de basculer sur le cloud. » Pour autant, de l'avis de Serge Lengagne, il reste primordial pour un site marchand se lançant dans le cloud de s'adresser au bon fournisseur, car tous ne sont pas égaux quant à la qualité des prestations proposées.
Microsoft en tête
Compuware Corporation a ainsi réalisé un classement des 25 premiers fournisseurs de services cloud, évalués en fonction de leur performance applicative. Au cours des 12 derniers mois, plus de 500 000 tests ont été réalisés, et le résultat est sans appel : Microsoft Windows Azure est en tête du classement, suivi de Google App Engine, de GoGrid, d'OpSource et de Rackspace, pour les plus connus.
Selon Michel Simion, directeur marketing chez Compuware, « la médiocrité des performances applicatives constitue un frein majeur à l'adoption massive du cloud computing en France ». Il s’agit d’un véritable problème lorsqu’on sait que les internautes sont de plus en plus impatients quant au temps de chargement d'une page : six secondes d’attente, et le taux d'abandon est d’un tiers. La lenteur de certains sites laisse une impression négative aux utilisateurs et les fait fuir. Et comme le rappelle Cyril Besse, senior manager en charge de l'offre e-commerce chez Logica Business Consulting, « cela coûte beaucoup plus cher de faire revenir un client après une expérience déceptive que d’en attirer un nouveau ».
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