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« Nous nous concentrons sur nos points forts »

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LE SITE MISTERGOODDEAL, VAISSEAU AMIRAL DE VENTADIS, A REALISE DEPUIS SON LANCEMENT, IL Y A DIX ANS, UNE ASCENSION IMPRESSIONNANTE. DAVID LARRAMENDY NOUS OUVRE LES COULISSES DE SON SUCCES ET NOUS FAIT PARTAGER SA VISION DU MARCHE.

Quels ont été les faits marquants pour Mistergooddeal en 2010?

David Larramendy:

Nous avons vécu une bonne année 2010 puisque nous enregistrons une croissance significative à 2 chiffres. Nous sommes nés en 2000 et avons fêté notre dixième anniversaire, ce qui a été une étape importante pour nous. Même si, pour Mistergooddeal comme pour l'ensemble de l'e-commerce, nous n'en sommes, j'en suis persuadé, qu'aux prémices de notre activité. Pour cet anniversaire, nous avons organisé un événement pendant un mois, relayé en radio et sur le site avec des offres commerciales encore plus intéressantes qu'à l'accoutumée. En 2000, nous réalisions environ 1 million d'euros de chiffre d'affaires et, en 2010, nous avons achevé l'année sur un montant de 150 millions d'euros de chiffre d'affaires, c'est une ascension impressionnante...

Quel est le positionnement de Mistergooddeal?

Nous sommes un site de biens d'équipement de la maison avec une représentation particulièrement importante sur les produits électroménager, techniques et le mobilier. Par ailleurs nous sommes des spécialistes du produit «obligatoire», le type de produit qui prend de la place, qui n'est pas facile à livrer et coûte relativement cher. L'une de nos promesses à nos clients reste toujours la même: leur laisser le choix entre la livraison à domicile avec prise de rendez -vous et la livraison sur nos points d'enlèvement. Nous en avons actuellement 25 au travers de la France et développons fortement cette activité. En outre, en 2011, nous avons lancé Mistergreendeal, la boutique «verte» de Mistergooddeal. Elle regroupe plus de 150 produits électroménagers et high-tech écologiques.

Plus respectueux de l'environnement, ces produits ont été sélectionnés selon des critères précis, notamment pour leur faible consommation en eau et en électricité.

En février 2010, vous avez choisi de réinternaliser votre logistique. Pourquoi un tel choix?

Le choix de l'internalisation s'est imposé eu égard à la qualité de l'expérience client. C'est un élément au coeur de nos préoccupations. Nous devons fournir à nos clients le meilleur service possible, et confier l'ensemble de la chaîne logistique à un prestataire était une option ne nous permettant pas d'être assez réactifs et assez bons. Nous avons donc repris cette activité en interne, au sein des 25 000 m² de l'entrepôt de Chilly-Mazarin dans lequel tous nos produits sont stockés. C'est d'ailleurs l'une des particularités de Mistergooddeal par rapport à d'autres sites. Nous avons 10 000 références en stock, soit quasiment l'intégralité des produits proposés sur le site. Cette rapidité et cette disponibilité constituent une promesse très forte, vis-à-vis de nos clients. Car même si les prestataires logistiques font très bien leur métier, ils font des petites marges avec des volumes très importants. S'il y a un petit grain de sable dans la mécanique, le prestataire, ne va pas déroger à sa règle. Pour notre part, nous avons d'abord un client à servir. Selon moi, l'externalisation convient bien à des activités de B to B. Dans notre activité, en revanche, il est très important de fournir une prestation exemplaire à nos clients.

@ Marc Bertrand

Parcours

David Larramendy, 36 ans, ingénieur Supélec, est diplômé du MBA de Wharton (WG'06). Après avoir démarré sa carrière chez Ernst & Young ce dernier rejoint l'équipe des fondateurs de Mistergooddeal, le site de déstockage de biens d'équipement de la maison en 2000, en tant que directeur de la relation client et des opérations. Il quitte la société en 2004 pour Wharton et rallie ensuite les équipes de Goldman Sachs à Londres. C'est en 2008 qu'il est à nouveau recruté par M6.
Depuis 2009, il est directeur général délégué de Ventadis et membre du comité de direction du Groupe M6.

Quelques mois après l'internalisation de votre logistique, quel bilan en tirez-vous?

Nous sommes ravis de cette décision. Tous les clignotants sont au vert. Certes cela a été un challenge opérationnel important pour les équipes, mais cela s'est très bien passé.

Vous avez obtenu une certification ISO 9001, pourquoi avoir adopté cette démarche?

Oui, nous avons obtenu cette certification pour l'ensemble de notre supply chain, pour notre logistique et notre service clients. Nous étions arrivés à un degré de maturité suffisant de nos processus pour entrer dans cette démarche. Par ailleurs, les normes ISO 9001 présentent l'avantage de réassurer nos clients ; mais convient bien à des activités de B to B. Dans notre activité, en revanche, au-delà, elles nous permettent aussi de continuer à nous challenger pour poursuivre notre progression. Nous sommes dans une logique d'amélioration continue, sanctionnée par des audits réguliers. C'est donc un bon baromètre pour toutes nos équipes.

Quel est votre regard sur l'évolution du site depuis sa création, il y a plus de 10 ans?

Je suis arrivé dans l'entreprise en avril 2000, quelques jours avant le lancement officiel du site le 3 mai 2000. Au tout début, nous sous-louions les locaux d'un des associés du site. Il y avait deux ordinateurs, cinq salariés, c'était une start-up dans tous les sens du terme. En 2004, nous étions déjà une centaine de personnes, et j'ai alors, pour ma part, quitté l'aventure pour travailler dans d'autres entreprises aux Etats-Unis puis en Angleterre. J'ai ensuite été rappelé par Nicolas Berloty, l'un des fondateurs, qui avait entre-temps pris la direction de Ventadis, le pôle Vente à distance du groupe M6. Ce que je peux dire, c'est qu'il y a beaucoup de fierté à participer à cette aventure. Le site a progressé d'une manière incroyable. Cela a été possible grâce à des acheteurs qui nous ont fait confiance et aux équipes qui ont travaillé à cette croissance. Au début, nous passions un peu pour des fous: vouloir vendre des frigos sur Internet n'allait pas de soi! Maintenant, c'est devenu une évidence, et tant mieux si nous avons participé à la démocratisation de l'achat sur Internet.

Quelle est la structure humaine de l'entreprise aujourd'hui?

Nous raisonnons à l'échelle du groupe Ventadis qui regroupe les activités de vente à distance du groupe M6, avec l'e-commerce (Mistergooddeal) et le téléachat. Au total, Ventadis réalise environ 280 millions d'euros de chiffre d'affaires, en 2010. La répartition est de 45 % pour le téléachat et de 55 % pour l'e-commerce. Au sein de la structure, les acheteurs et les équipes marketing sont dédiés aux enseignes et travaillent pour Mistergooddeal ou pour les activités de téléachat. En revanche, les services supports sont mutualisés: la logistique, l'informatique, le service clients et le service financier. Au total, 400 personnes travaillent chez Ventadis.

Quelles synergies avez-vous déployées entre les différentes enseignes du groupe Ventadis?

Principalement deux. La première synergie porte sur l'approvisionnement produits. L'autre concerne les activités d'emarketing: l'acquisition de trafic et le travail sur tous nos sites sont pris en charge par les équipes de Mistergooddeal travaillant pour les deux pôles. De plus, les vidéos disponibles sur le site de Mistergooddeal sont réalisées par le service production du téléachat. Ceci étant, les métiers du téléachat et de l'e-commerce restent différents. On ne vend pas le même type de produits, pas de la même façon, et pas à la même cible!

Pouvez-vous dire un mot sur la rentabilité de Mistergooddeal...?

Le site est rentable depuis 2003. Le groupe l'est aussi mais les activités d'e-commerce restent plus concurrentielles que le téléachat.

Quel est le modèle économique de Mistergooddeal?

Notre métier est avant tout de faire du commerce: acheter et vendre des produits en réalisant une marge. La partie publicitaire de notre modèle reste minime: si nous avons un arbitrage à faire entre la visibilité de nos produits et la publicité, nous faisons toujours le choix de nos produits. Par ailleurs, nous avons deux autres sources additionnelles: la vente de services, comme les extensions de garantie, et des opérations de trade marketing où nous travaillons avec des marques sur différentes mises en avant spécifiques.

Réalisez-vous des opérations de croissance externe?

Le 1er octobre 2010, le groupe Ventadis a racheté Monalbumphoto.fr. Ce site est rentable et a réalisé environ 4 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2010, avec une bonne progression attendue en 2011. Nous sommes toujours à l'écoute d'opportunités de croissance externe, cependant, elles ne sont pas au coeur de notre stratégie. Mais quand il y en a, nous les regardons bien sûr avec attention.

Quel est votre regard sur le développement du mobile, un thème dont beaucoup d'acteurs parlent...

Je n'ai aucun doute sur le succès futur du commerce sur mobile. Actuellement, ce type de commerce touche encore essentiellement des biens immatériels. Pour nos marchés, c'est moins évident. Achèteriez -vous un réfrigérateur sur votre écran de mobile sachant que les possibilités offertes par la navigation restent inférieures à celles que l'on trouve en ligne? Plutôt que d'être présents tout de suite, nous avons décidé de rester en veille sur ces sujets. Nous observons ce qui se fait en France et à l'étranger pour construire notre stratégie. Aujourd'hui je ne sais pas encore si c'est dans la vente ou dans l'après-vente qu'il y a le plus de choses à entreprendre. Nous sommes en réflexion sur ces thèmes...

@ Marc Bertrand

Ventadis, pôle VAD du groupe M6

C'est ainsi qu'est nommé le pôle Vente à distance du Groupe M6. Il regroupe deux entités spécialisées dans la commercialisation de biens d'équipement pour la maison et la personne: M6 Boutique et Mistergooddeal.com. Le regroupement des activités de vente à distance du Groupe M6 au sein d'une seule entité marque la volonté de mutualiser les savoir-faire complémentaires de ces deux enseignes.
Mistergooddeal a fêté ses dix ans en 2010. Créé en 1999, Mistergooddeal s'est positionné sur un créneau porteur dès l'origine, le déstockage de produits de marque. Racheté en 2005 par le groupe M6, le site a poursuivi son développement et affiné son modèle. Les sièges de Home Shopping Service et de Mistergooddeal ont été regroupés en 2008 pour donner naissance à Ventadis. Le pôle a réalisé sur l'ensemble de ces activités d'e-commerce et de téléachat un chiffre d'affaires de 280 millions d'euros en 2010.

Comment percevez-vous l'essor du social shopping. De quelle manière appréhendez-vous ce phénomène?

Nous avons intégré les avis de consommateurs à notre site il y a 3 ans et demi environ. D'ailleurs, nous avons, sur les produits préférés de nos clients, un taux de conversion plus important que sur les articles moins bien notés ou ceux qui ne le sont pas du tout. Ce sentiment communautaire est véritablement important. Parallèlement, un nouveau modèle est arrivé avec Groupon, et c'est un succès impressionnant. Couplé au succès de Facebook, ces sites ouvrent la voie à un nouveau type d'achat. Aujourd'hui, ces modèles fonctionnent essentiellement sur l'achat de services ou sur l'achat d'impulsion. Mais je suis moins persuadé de leur intérêt concernant la vente de produits comme les nôtres.

Quelle est votre vision du marché de l'e-commerce dans sa globalité?

Les chiffres de croissance cachent une réalité plus contrastée. Le marché reste relativement encombré avec de nombreux compétiteurs. La rentabilité est toujours problématique pour beaucoup d'acteurs, car la pression sur les prix est folle. Après de nombreux atermoiements, les enseignes traditionnelles se mettent de plus en plus à l'e-commerce. Le marché est féroce, et pour y répondre, nous nous concentrons sur nos points forts, sur la typologie de produits sur laquelle nous sommes performants et sur notre chaîne logistique. Pour l'année 2011, nous allons véritablement concentrer nos efforts sur ces différents axes.

Mot clés : produit |

Martine Fuxa