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Avis de tempête

Publié le par

@ Marc Bertrand

Depuis plusieurs années, le secteur de l'e-commerce affichait, avec une certaine fierté, sa croissance, parfois insolente vis-à-vis d'autres secteurs. Croissance à la fois en nombre d'acheteurs et en chiffre d'affaires. Mais l'on sait que ce dernier paramètre, s'il a bien une importance première, n'est pas obligatoirement «le» critère le plus pertinent pour évaluer la santé d'un univers ou d'une entreprise. Mais, tant que les marchés sont porteurs, que les progressions sont à deux chiffres, que l'avenir paraît dégagé, que les investisseurs sont au rendez-vous..., on raisonne au moins sur le moyen terme, et parfois sur le long, au niveau de la rentabilité. Les périodes de turbulence font rapidement redescendre sur terre. En témoignent les différentes secousses qui ont récemment illustré l'actualité du secteur de la VAD. Et, même si l'e-commerce dispose d'atouts différents ou supplémentaires par rapport aux modèles traditionnels hérités de la vente par correspondance, rien ne dit que ces derniers seront suffisants pour éviter une profonde reconfiguration du paysage. Des premiers signes sont apparus, par exemple, avec les fermetures de sites de ventes privées issus de grandes enseignes. Même s'il est toujours triste de voir disparaître des initiatives, le côté symbolique de l'abandon de telles diversifications n'est pas très élevé. En revanche, lorsqu'un acteur de la taille de France Télécom, qui a largement investi dans le commerce électronique et en a été l'un des pionniers, décide d'arrêter les frais, soit en revendant soit en fermant purement et simplement ses activités, il en est tout autrement. De là à dire que l'e-commerce est entré lui aussi en plein coeur de la tourmente, il y a un pas que l'on ne se risquera pas, encore, à franchir. Néanmoins, il est évident qu'un avis de tempête (pour les non marins, «entre le coup de vent et l'ouragan») peut être affiché. Mais, comme dans beaucoup de courses de fond, les plus expérimentés, les mieux préparés, mais aussi les plus chanceux, arrivent finalement toujours à bon port.

Par François Rouffiac, directeur de la rédaction