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Club-Internet croit à l'Internet payant

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Avec sa nouvelle offre "full is beautiful", la filiale française de T-Online veut amener l'internaute à payer pour une gamme de services à valeur ajoutée.


La fourniture d'accès, ça va payer. C'est en tout cas le credo de Fabrice Sergent, président de T-Online France. Pour lui, « le marché de l'accès à Internet en Europe est toujours très vivace. Il sera très rentable et très concentré.» Il évoque une croissance du nombre d'abonnés de 25 % en Europe et de 40 % en France. Avec 670 0000 abonnés en juin dernier, Club-Internet se positionne comme le troisième FAI payant français, derrière Wanadoo et AOL. Fabrice Sergent vise le million d'abonnés d'ici à l'année prochaine. Mais, pour lui, le volume n'est pas la clé du succès : « Nous ne sommes pas dans une logique de parts de marché de masse, mais de rentabilité. » Et, comme la publicité ne pèse pour l'instant que 10 % du chiffre d'affaires, il ne reste plus qu'un moyen pour gagner de l'argent : faire payer l'internaute abonné. C'est cette stratégie que va déployer la filiale française de l'opérateur allemand T-Online (qui se présente comme leader européen) avec sa nouvelle offre "full is beautiful". Que l'on pourrait traduire par "tout, c'est bien", le tout en question étant une série d'options payantes proposées à l'internaute, qu'il s'agisse de l'offre bas débit ou de l'ADSL. Une chose est certaine, dans l'esprit des dirigeants de Club-Internet, proposer des accès à prix cassés ne sert à rien. Au contraire, si l'on en croit les différences d'équipement en France et en Allemagne. Chez nos voisins d'outre Rhin, les offres d'accès ont toujours été payantes et assez chères, et leur taux d'abonnés est largement supérieur au nôtre. En France en revanche, une suite de propositions à bas prix ou carrément gratuites n'ont pas permis un développement comparable. Conclusion de Fabrice Sergent : « C'est de la démagogie que d'affirmer que la démocratisation du Net se fera uniquement par une baisse des prix ».

Des forfaits plus chers mais plus performants


La réponse de Club-Internet repose donc sur une logique de gamme proposant des forfaits plus chers, mais qui se veulent plus performants. Cette stratégie passe par : la maîtrise du budget (report automatique des minutes, consommation en temps réel) ; une performance technique accrue (connexion garantie ou remboursée) ; une meilleure assistance (hot line 24 heures sur 24, 7 jours sur 7) ; davantage de sécurité (accord avec Symantec) ; plus de souplesse (possibilité de décocher les options et donc de payer moins cher son forfait) ; des améliorations techniques (nouveau navigateur de T-Online développé à partir d'Internet Explorer ; moteur de recherche associant Google et Looksmart) ; une meilleure communication (le lancement d'un nouveau système de messagerie instantanée, TOM, pour T-Online Messenger, compatible avec ICQ (AOL) et MSM, Microsoft Messenger). Avec "full is beautiful", Club-Internet espère bien tenir les objectifs de la maison mère, c'est-à-dire atteindre la rentabilité en 2003. En lançant cette offre de services payants, le FAI veut augmenter son revenu moyen par abonné. Et compte sur sa position dans le trio de tête des fournisseurs français pour continuer d'attirer les annonceurs, même si, selon Fabrice Sergent, la publicité en ligne ne pèsera jamais plus de 30 % du chiffre d'affaires. Grâce à une équipe d'une cinquantaine d'ingénieurs et des investissements technologiques mutualisés entre les filiales du groupe T-Online, Club-Internet veut contribuer à améliorer la situation française vis-à-vis de l'Internet, qualifiée de « catastrophe nationale » par son président. Il est vrai qu'avec 200 000 internautes abonnés à une offre haut débit, contre près d'un million et demi en Allemagne, le retard est patent. La nouvelle offre de Club-Internet suffira-t-elle à renverser la tendance ? Réponse dans un an.

T-Online en chiffres


Filiale de Deutsche Telekom. Revendique le leadership européen des fournisseurs d'accès à Internet et la place de deuxième mondial. - 9,2 millions d'abonnés. - 800 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2000 (539 M€ pour le premier semestre 2001). - 950 000 abonnés au service ADSL. Premier fournisseur d'accès en Allemagne (7,55 millions d'abonnés), troisième en France avec Club-Internet (700 000 abonnés), deuxième en Espagne.