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Contre-témoignage de Jean-Michel Planche, fondateur de Witbe

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Ancien fondateur d'Oleane et président actuel de Witbe, Jean-Michel Planche s'est frotté au petit monde très volatile du capital-risque. Des pratiques de l'investissement, il conserve une opinion cinglante. Et amère.

Comment avez-vous préparé le lancement de Witbe ?


Suivant une démarche pragmatique : j'ai créé mon propre incubateur afin d'héberger la société. J'ai rodé le concept jusqu'à obtenir des résultats concrets et significatifs avant de présenter Witbe aux investisseurs qui devaient intervenir au stade du développement.

Quelles raisons ont évoqué les fonds de capital-risque qui ont refusé de financer votre projet ?


Insuffisance de barrières. D'après les audits fumeux réalisés par des stagiaires de 22 ans que l'on me présentait comme des analystes, mon projet semblait facilement reproductible. Mais, parmi les arguments qui m'ont le plus choqué, je retiens en particulier celui d'un investisseur qui ne voulait que du Yahoo ! et de l'Amazon, alors que nous étions à la fin du premier semestre 2000.

A propos de la création de Witbe, quel est votre plus grand regret ?


D'avoir suivi toutes les étapes réglementaires avant de rechercher des financements. En me présentant avec un excellent background, une solution à la pointe de la technologie, 100 clients d'envergure et un chiffre d'affaires en croissance verticale, je n'avais déjà plus le profil type de la start-up précaire dont raffolaient les investisseurs. Par ailleurs, je n'aurais jamais dû lancer ce produit en France parce que c'est vraiment trop long et compliqué.

Quelle méthodes les investisseurs ont-ils adoptée pour évaluer votre projet ?


Ceux que je qualifie aujourd'hui de "clowns de l'investissement" suivent un schéma très simple : ils regardent votre business plan et vous annoncent leurs prétentions de plus-value. Dans mon cas, il s'agissait de multiplier la valeur de la société par 10 sur deux ans. De la démence à l'état pur.

Comment avez-vous réussi à ne pas "foirer votre start-up" ?


En approchant les industriels. Ils sont bien placés pour comprendre comment on fabrique une solution et on la positionne sur le marché.

Quel message souhaitez-vous faire passer aujourd'hui ?


Que toutes les start-up ne sont pas "bidons" et qu'elles créent de la valeur.

Quel reproche formulez-vous à l'encontre des investisseurs ?


Le discours moutonnier qu'ils adoptent chaque fois qu'ils veulent réécrire l'histoire.

Et si c'était à refaire ?


Je jouerais la malhonnêteté. Je commanderais une étude auprès d'un cabinet de consulting réputé qui leur prouverait, chiffres à l'appui, que le potentiel du marché se chiffre en milliards, celui de la société en centaines de millions en N + 1.

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Nathalie Carmeni