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En 2000, l'Internet s'est initié au vrai business

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Euphorie, folie des grandeurs, krach, rachat, révision stratégique, succès, expansion, sont autant de mots symbolisant cette année 2000. La Net économie a joué pendant un an les montagnes russes avant de trouver la voie du vrai business. Bousculées par la crise des valeurs boursières, les dotcoms recentrent aujourd'hui leur stratégie, tandis que l'économie traditionnelle franchit définitivement le pas du Web. Tour d'horizon des événements marquants d'une année un peu folle.


An 2000, la revanche des gestionnaires. Tel pourrait être résumé le bilan de cette année folle dans la courte vie de la Net économie. Lancées comme des fusées à la conquête des places boursières internationales, les start-up rencontrent aujourd'hui leurs premiers obstacles. Ceux de l'économie, la traditionnelle et l'unique, qui exige rentabilité et raison gardée pour développer une activité sur le long terme. Le krach boursier des valeurs internet de mars dernier a rappelé qu'avec ou sans le Web, les règles du business ne changeaient pas. Résultats des courses : faillites, restructurations et rachats ont ponctué cette année. Avec deux tendances fortes. Tout d'abord, l'accélération de l'internationalisation des acteurs. La croissance du groupe Lycos Europe en est un symbole. Deux pionniers de l'Internet français communautaire, Caramail puis Multimania, sont tombés dans son escarcelle. Caramail, racheté en février par le groupe suédois Spray, s'est retrouvé sous la coupe de Lycos qui acquiert Spray en septembre. Multimania, entré au Neuer Market allemand en septembre 2000, a, de son côté, été avalé par Lycos en novembre. Et pendant ce temps, la maison mère américaine de Lycos Europe se faisait racheter par une société... espagnole Terra Networks, par le biais de sa filiale Telefonica. Seconde tendance irrémédiable de l'année : ce sont les poids lourds traditionnels qui dessinent désormais la carte du Net. Signe des temps : le récent rapprochement entre l'un des plus gros investisseurs du Net français, Bernard Arnault, soit LVMH, qui cède 30 % de sa filiale Europatweb - en contrepartie d'une augmentation de capital de 300 millions d'euros - à Suez Lyonnaise, fondant une société commune regroupant 46 des participations d'Europatweb. Ces combats de titan feraient presque oublier l'un des acteurs les plus importants du Web : le client. En dehors de la bulle de la Net économie, rien n'a changé ou presque en l'an 2000 en ce qui concerne la peur de payer en ligne. Les barrières à la cyberconsommation restent les mêmes dans l'esprit des 4 à 5 millions d'internautes français. A la fin de l'été, 20 000 numéros de cartes bancaires valides, piratés sur des sites de commerce électronique américains, avaient été dévoilés par un hacker. De quoi alimenter les craintes, malgré la multiplication des labels et des assurances.

LES SURPRISES DE L'ANNÉE




Napster retourne sa veste


Le porte drapeau de la libre expression du Net a signé un accord en octobre avec le groupe de communication allemand Bertelsmann, après avoir, deux mois avant, incité ses 2 millions de membres à boycotter l'industrie du disque. Editeur américain très controversé d'un logiciel de partage de fichiers musicaux MP3, poursuivi en justice par les ténors de l'industrie américaine du disque, Napster accepte de mettre en place une solution sécurisée et payante de partage de fichiers. Mais le procès, qui a failli aboutir à la fermeture du site, est toujours en cours, et Napster pourrait bien avoir encore quelques deniers à sortir de sa poche.

Degriftour tombe dans l'escarcelle de Lastminute.com


Personne ne l'avait prévu : en août la société Degriftour, pionnière de l'Internet français, au premier rang du voyage en ligne, se fait racheter par une dotcom britannique, Lastminute.com, spécialisée dans les offres de dernières minutes. L'opération s'élève à 98 millions d'euros. Ce rapprochement marque les esprits d'autant plus que le marché du tourisme en ligne est l'un des plus porteurs.

LES ÉCHECS LES PLUS CINGLANTS




Boo.com sacré roi du cash burning


Même avec 120 millions de dollars, on ne peut pas bâtir un empire sans manager, gérer et vendre... C'est au moins la leçon que la faillite du site de prêt-à-porter Boo a rappelée à toute la planète Internet, éblouie par le vernis de l'argent facile. Boo a dépensé sans compter, en attaquant 18 pays simultanément, sans maîtriser un seul de ses marchés. Au-delà de la gestion plus qu'hasardeuse de la société, c'est le secteur du vêtement tout entier qui a été mis à mal sur Internet. Après Boo, le suédois Dressmart a lui aussi été liquidé en juillet.

Pets.com et Alidoo.fr perdent leur marché avant de l'avoir trouvé


Malgré une introduction en Bourse et un taux de notoriété important aux Etats-Unis, le site animalier Pets.com a fermé boutique en novembre. En France, sur le même créneau, Alidoo a fait un passage éclair dans le milieu internet : créé en mars 2000, il s'est arrêté en juillet. Même si le marché des produits pour animaux domestiques est florissant dans le réel, il semble difficile à imposer dans le virtuel tant que les consommateurs ne seront pas présents en masse, car les produits vendus restent d'une faible valeur marchande.

Zebank spécialiste de l'effet d'annonce


Le projet tant attendu de la holding de Bernard Arnault, Europatweb, et du groupe bancaire franco-belge Dexia a fait couler beaucoup d'encre. Zeproject, future banque en ligne innovante, dont le nom n'est révélé qu'en début d'année, devait ouvrir en avril..., puis en mai..., et finalement en novembre. Campagne de communication prématurée, planning non tenu, effet d'annonce désastreux... Le jour où Zebank ouvrira vraiment ses portes au public, il lui faudra retrousser ses manches pour inverser la vapeur d'une communication très mal maîtrisée.

LES PLUS BELLES LEVÉES DE FONDS




iMédiation et Reef mis à l'honneur par les capital-risqueurs


Le fournisseur de solutions de commerce électronique iMédiation, créé en 1998 à Paris, a réalisé en janvier, puis en septembre deux tours de table prestigieux auprès d'une kyrielle d'investisseurs pour récolter au total 77,5 millions de dollars. Reef, de son côté, est parvenu à lever en octobre 35 millions de dollars.

Kelkoo sort le grand jeu en juin


Après avoir fusionné avec l'annuaire de commerce électronique espagnol, DondeComprar, le guide d'achat a reçu 200 millions de francs en juin 2000, une belle performance pour une société de B to C. En septembre, la start-up s'est attaquée à l'Europe du Nord en acquérant le portail de comparaison Zoomit.com, et a procédé à une nouvelle augmentation de capital de 15 millions d'euros.

Oreka peut crier fort


Le fournisseur d'accès à Internet, qui propose l'accès et les télécommunications gratuits, a levé 37 MF à sa création en mai 2000. En octobre, le modèle Oreka semble faire ses preuves : les investisseurs suivent et insufflent à nouveau 150 MF. Contrairement aux offres d'accès illimité qui provoquent aujourd'hui une surenchère commerciale, Oreka propose des forfaits de 4 heures ou 18 heures. En contrepartie de la gratuité, les abonnés téléchargent une barre de navigation accueillant des bandeaux publicitaires.

LES CONCEPTS RATÉS




L'achat groupé


L'idée était si noble qu'elle avait, au départ, convaincu les investisseurs. Plus vous êtes nombreux pour acheter un produit, plus son prix baissera. Mais le concept, si séduisant soit-il, s'est avéré en réalité bien difficile à mettre en oeuvre. Comment créer de toutes pièces une communauté d'acheteurs sur cette seule promesse ? Les sites d'achats groupés, très à la mode en début d'année, ont cherché rapidement de nouvelles voies de développement. Akabi, en février, a été racheté par Multima-nia. Trois mois plus tard, la société Koobuy, aujourd'hui en dépôt de bilan, a annoncé qu'elle se transformait en galerie marchande avec, comme unique promesse, la livraison rapide. Enfin, la vente à DealPartners de l'emblématique Clust.com, pourtant encensée à son lancement, a mis fin à l'utopie de la rentabilité d'une socié-té basée uniquement sur le concept d'achat groupé, concept qui ne procure pas de marges.

Le surf rémunéré victime de son succès


Le surf rémunéré est un bon filon, surtout pour les internautes. Une fois inscrit sur un de ces sites, l'internaute est payé pour surfer en contrepartie d'une barre publicitaire qui s'affiche sur son écran. Le concept, issu des Etats-Unis, pourrait bien être victime de son succès, car la publicité, même très ciblée, ne suffit pas à rentabiliser le système. L'un des leaders américains, AllAdvantage, a revu son modèle et incite fortement ses membres à participer à une loterie quotidienne. Le français Winbe a, lui aussi, changé de méthode : le surf seul ne rapporte plus qu'1 franc de l'heure, à moins de souscrire aux offres commerciales des partenaires du site.

LES CONCEPTS RECONNUS




Les offres d'emploi en ligne s'imposent dans le monde du recrutement


Pratiques pour le candidat comme pour les DRH, les portails d'emploi, généralistes ou spécialisés, se sont multipliés en 2000. Tandis que les entreprises utilisent directement leur site pour recueillir des candidatures ciblées, le nombre des sites d'emploi français oscille, selon les études, entre 250 et 500.

La bourse en ligne


Alors que les banques ont ouvert, les unes après les autres, leurs sites transactionnels, les portails d'informations boursières, comme Squarefinance lancé en septembre par le groupe Expansion, se sont développés. Les courtiers en ligne affichent des premiers résultats prometteurs. Plus de 31 000 comptes français ont été ouverts chez Selftrade et plus de 56 000 chez son concurrent Fimatex. Ces deux sociétés ont d'ailleurs été introduites en mars denier, à une semaine d'intervalle, sur le Nouveau Marché.

Les loteries et jeux en ligne


Indéniablement LE concept gagnant de l'année, ces sites trouvent un formidable écho auprès des consommateurs. Selon un panel de Netvalue, le nombre total d'heures passées par les internautes français sur les sites de jeux d'argent pendant le mois de juillet s'est élevé à plus de 575 000. Bananalotto.fr, Lotree.com et Luckyvillage composent le trio de tête de ce nouveau marché.

LES FAUSSES VÉRITÉS DE L'ANNÉE




L'explosion du Wap


L'arrivée du Wap et de l'Internet mobile était attendue de tous les cybermarchands. Il devait être la solution idéale pour atteindre un marché réel et mature. Tout le monde s'est empressé de proposer son offre ou de faire partie d'un des portails mis en place par les opérateurs de téléphonie mobile. Pourtant, à l'autre bout de la chaîne, on ne compte encore en France que 100 000 utilisateurs munis de téléphones avec un accès internet. Sans accès à haut débit, point de Wap.

Le B to C n'a aucun avenir


Crise boursière oblige, certains analystes n'ont pas eu froid aux yeux en annonçant la fin du e-commerce business to consumer. Alors qu'en 1999, les dotcoms s'adressant aux consommateurs finaux trouvaient facilement des fonds pour se développer, les investisseurs ne veulent plus financer que des projets business to business. En oubliant un peu vite que le leader en termes d'audience en France reste France Télécom, forte d'une introduction en bourse réussie de Wanadoo, et du rachat d'Alapage ou encore de Marcopoly.

La publicité non ciblée est indispensable pour imposer une marque


C'est la meilleure méthode pour brûler à grande vitesse son fonds de roulement. Boo et les autres faillites de l'année en ont fait les frais. Les campagnes de pub d'image et de notoriété, c'est bien, mais encore faut-il avoir une image et une offre conséquente.

LES MARCHÉS LES PLUS PROMETTEURS




Les supermarchés en ligne


Les grands distributeurs ont attaqué doucement le Net, créant sur le réseau de nouvelles marques. Cependant, les prémices de stratégies plus agressives se font sentir. Cette année a été marquée par le lancement d'Houra, le supermarché en ligne de Cora, qui a dû faire face, au démarrage, à de sérieux problèmes logistiques. Mais également par les annonces de Carrefour, qui complète sa stratégie internet en lançant, en plus du supermarché virtuel Ooshop, des sites de vente thématiques. Forts de leur clientèle et de leur potentiel de marque, les poids lourds de la grande distribution devraient rapidement devenir des acteurs incontournables.

L'Internet local


Toucher le client là où il se trouve : les cityguides qui fleurissent sur le réseau ont mis en pratique cette lapalissade marketing. Cityvox, Webcity ou Urbuz attaquent le créneau du guide de la ville. Les médias aussi croient à l'avenir de l'Internet local. Alors qu'Europatweb soutient la société Zurban, qui vient de lancer un magazine papier doublé d'un site destiné aux parisiens, 19 titres de la presse quotidienne nationale, régionale et départementale, s'associent dans le projet Viapolis.

Les places de marché B to B


Avec ces nouvelles plates-formes internationales de business, c'est toute l'industrie qui bascule dans le Net. Des dizaines de projets, issus de dotcoms ou de leaders d'un secteur, ont vu le jour cette année. L'écrémage des acteurs devrait vite arriver. Mais le business modèle de la place de marché s'impose dans les échanges interentreprises.

LES BATAILLES À VENIR




L'ADSL


Elle devrait être le juge de paix de l'Internet français et révéler le vrai potentiel des forces en présence en faisant tomber les masques. La guerre est annoncée et tous les acteurs, opérateurs et fournisseurs d'accès, aiguisent leurs armes. Le 1er janvier 2001, France Télécom perdra son monopole sur la boucle locale. Ce qui laissera le champ libre aux offres d'accès à l'Internet haut débit ADSL. Yahoo! France a pris de court le marché en octobre, en lançant, en partenariat avec la start-up Mangoosta, une première offre. La meute des poursuivants devrait bientôt suivre.

La convergence Web et télévision


Fortement lié à la qualité du débit d'accès à Internet, le développement de la télévision sur le Net n'en est encore qu'à ses prémices. Mais la distribution des cartes commence à se faire. Le site de production/diffusion de programmes vidéos en ligne, Canalweb, a levé cette année 130 millions de francs et continue son expansion européenne. Et du côté de la télévision, les bouquets de services du numérique, TPS et CanalSatellite, multiplient les initiatives de programmes interactifs. L'audience des sites, même si elle demeure encore mesurée, ne cesse de progresser, et l'accès haut débit devrait donner un coup d'accélérateur aux différents acteurs du marché, de plus en plus nombreux.

Patrick Robin, business angel et président du fournisseur d'accès professionnel Imaginet



1. En un mot, le commerce électronique en France en 2000 a été ?


Hésitant mais encourageant.

2. Selon vous, l'année prochaine, le commerce électronique français sera ?


Plus mature de la part des marchands.

3. Quel bilan tirez-vous de l'année ?


Cela a été une année d'excès inversée : après la confiance excessive de 1999, on assiste en 2000 à une méfiance excessive. De moins en moins de projets trouvent des fonds d'amorçage. Les capital-risqueurs ne prennent plus de risques en amont. Il faudrait en ce moment que les business angels soient capables de porter les projets de création pendant au moins un an. Et aucun d'entre nous n'en a les moyens. Cette situation peut casser le dynamisme du cycle de financement. Car, si l'un des côtés de la chaîne est en péril, son extrémité l'est également. Si l'amorçage pose problème, la sortie, l'introduction en Bourse sera aussi touchée. J'ai l'impression que si les premiers financements font défaut, les stocks de capitaux finiront par s'épuiser.

4. Si l'on vous dit "start down", à qui pensez-vous ?


Logiquement à Boo.

5. Quel est le meilleur nouveau site que vous ayez découvert personnellement cette année ?


Pour jouer, Winimax, et pour s'informer, la nouvelle version du site de La Tribune.

6. Quel est l'événement ou la rumeur qui vous a le plus amusé cette année ?


L'offre d'AOL d'Internet illimité.

Jean-Emmanuel Rodocanachi, directeur des opérations France de l'incubateur GorillaPark



1. En un mot, le commerce électronique en France en 2000 a été ?


Un serpent de mer.

2. Selon vous, l'année prochaine, le commerce électronique français sera ?


Une réalité.

3. Quel bilan tirez-vous de l'année ?


Je constate deux tendances fortes cette année en termes de financement. D'abord, on rencontre un vrai problème sur les premiers tours. Ensuite, et c'est une conséquence du marché, les bons projets profitent de la situation et peuvent ainsi lever des capitaux plus importants. Pour un second tour, nous levons nous mêmes en moyenne 80 millions de francs. Aux Etats-Unis, où la nouvelle économie est plus avancée qu'en France, on assiste à un phénomène récent : la faillite des fonds de financement. Ils ont levé beaucoup d'argent, se sont retrouvés avec un retour sur investissement à partir du second trimestre 2000 bien plus bas et se retrouvent à faire faillite.

4. Si l'on vous dit cash burning, à qui pensez-vous ?


A Idealab, un incubateur américain qui a dû abandonner son projet d'introduction en Bourse.

5. Quel est le meilleur nouveau site que vous ayez découvert personnellement cette année ?


Motlyfool.com, un site d'informations financières et stratégiques. C'est le site le plus pédagogue que je connaisse sur ce créneau.

6. Quelle est la blague ou la rumeur qui vous a le plus amusé cette année ?


Savez-vous ce que signifie B to B et B to C ? Back to banking et back to consulting.

Mathieu Nouzareth, P-dg de l'agence Icon Medialab France



1. En un mot, le commerce électronique en France en 2000 a été ?


Prometteur.

2. Selon vous, l'année prochaine, le commerce électronique français sera ?


Plus réaliste. De nombreuses sociétés se sont lancées cette année sans vraiment étudier leur marché.

3. Quel bilan tirez-vous de l'année ?


Il y a six mois, les agences, comme beaucoup d'autres acteurs de l'Internet, pensaient que leur marché était illimité. Avec la crise des start-up, la clientèle des agences a changé, un recentrage s'est effectué sur les grands comptes. Lorsque nous travaillons avec une start-up, nous exigeons aujourd'hui une garantie bancaire. Ce changement de clientèle fait que les affaires que nous prenons en charge sont parfois plus diffuses mais les enjeux beaucoup plus importants. Notre objectif en 2001 est de dégager réellement des profits et de maîtriser totalement notre croissance.

4. Quelle différence faites-vous entre le marketing viral et le bouche à oreille ?


Ce sont des concepts très proches. Sauf qu'avec le marketing viral, les marques tentent de maîtriser le canal du bouche à oreille qui est par nature incontrôlable.

5. Quel est le meilleur nouveau site que vous ayez découvert personnellement cette année ?


Je n'ai pas repéré de nouveaux sites extraordinaires.

Cécile Moulard, directrice générale d'Amazon France, en charge du marketing



1. En un mot, le commerce électronique en France en 2000 a été ?


Lent à se mettre en route mais réfléchi.

2. Selon vous, le commerce électronique français en 2001 sera ?


A son vrai stade de démarrage.

3. Quel bilan tirez-vous de l'année ?


Pour Amazon France, 2000 a été une demi-année. Nous avons néanmoins le sentiment d'être parvenu à pénétrer de façon significative le marché, alors qu'au départ, beaucoup étaient sceptiques sur nos chances d'adapter le modèle d'Amazon en France, sachant que nous partions de zéro. Amazon avance selon le principe de la boule de neige. Plus nous créons de services et plus nous devenons puissants.

4. Sauriez-vous définir le mot "Mortal", que l'on a vu apparaître ces derniers mois dans le jargon du Net ?


Je ne l'ai jamais vu utiliser, mais il doit avoir un rapport avec les portails Wap.

5. Quelle est la blague ou la rumeur qui vous a le plus amusé cette année ?


Savez-vous comment effrayer un capital-risqueur ? En se glissant dans son dos et en lui criant "Boo !" dans l'oreille.

6. Quel est le meilleur nouveau site que vous ayez découvert personnellement cette année ?


Citationsdumonde.com car c'est un site qui me donne à penser.

Pierre Faguer, directeur général de la place de marché B to B de biens d'occasion ProXchange



1. En un mot, le commerce électronique B to B en France en 2000 a été ?


En phase d'éveil.

2. Selon vous, l'année prochaine, le commerce électronique B to B français sera ?


Plus actif.

3. Quel bilan tirez-vous de l'année ?


Nous nous sommes lancés, en février 2000, dans une période tout à fait euphorique où le discours ambiant était que l'e-commerce allait enterrer l'ancienne économie. Tous les collaborateurs de ProXchange sont issus de l'industrie et nous n'avons jamais cru une seule seconde qu'Internet allait révolutionner l'économie traditionnelle. Par contre, les entreprises ont compris cette année ce que les échanges via Internet peuvent leur apporter. Les évolutions du milieu Internet ne nous ont pas touché, car notre modèle économique permet de dégager immédiatement des profits. Nous n'avons pas à faire d'investissements logistiques, qui pèsent très lourds dans les projets de commerce électroniques purs.

4. Comment définiriez-vous le push marketing ?


Comme le marketing one-to-one, contrairement au marketing de masse. C'est un des avantages de l'Internet, de pouvoir faire du vrai profiling.

5. Quel est le meilleur nouveau site que vous ayez découvert personnellement cette année ?


J'ai beaucoup apprécié la nouvelle version, très personnalisée, du site des Echos. J'ai également apprécié les sites boursiers, comme Boursorama ou Fimatex.

Arielle Dinard, directrice générale de Jupiter - MMXI Europe



1. En un mot, le commerce électronique en France en 2000 a été ?


Prématurément touché par la crise.

2. Selon vous, l'année prochaine, le commerce électronique français sera ?


Sur le chemin de la maturité.

3. Quel bilan tirez-vous de l'année ?


Le marché s'est enfin stabilisé et responsabilisé. Pour ce qui est du marché spécifique de la mesure d'audience, nous sommes heureux d'avoir contribué à l'ancrage de l'Internet comme nouveau média à part entière, même si il y a encore un gros travail d'information à effectuer pour bien expliquer à ceux qui manient nos informations comment elles sont récoltées. Mais ça progresse. La question que l'on nous pose aujourd'hui n'est plus "A quoi sert votre outil ?", mais "Qu'est ce que les informations que vous nous livrez signifient ?".

4. Sauriez-vous définir les "Bobos" ?


Ce sont les bourgeois-bohèmes. Des individus que l'on croise de plus en plus dans l'univers de l'Internet et auxquels, pour être honnête, je m'identifie un peu.

5. Quel est le meilleur nouveau site que vous ayez découvert personnellement cette année ?


Bananalotto. Même si je n'y ai jamais joué, je trouve son concept extrêmement pertinent.

6. Qu'est-ce qui vous a le plus déplu dans l'actualité du Net en 2000 ?


Le traitement de cette actualité par certains médias, qui n'ont pas hésité à retourner leur veste et fustiger l'univers des start-up lorsque les choses se sont gâtées pour certains d'entre elles après l'avoir encensé.

Valérie Dupont, directrice générale-adjointe et responsable Europe de Netcrawling



1. En un mot, le commerce électronique français en 2000 a été ?


Enthousiaste.

2. Selon vous, en 2001, le commerce électronique français sera ?


Plus mature.

3. Quel est le meilleur nouveau site que vous ayez découvert personnellement cette année ?


Doctissimo.com.

4. D'après vous, cela a-t-il un sens de parler de e-culture en parlant de la nouvelle économie ?


Absolument aucun. Il est même effrayant de constater à quel point certains se bornent à limiter l'univers de l'Internet à une sorte d'élite qui se veut les garants du modèle de cette nouvelle économie.

5. Quel bilan tirez-vous de l'année ?


Pour Netcrawling, l'année 2000 a été très bonne. Nous intervenons sur un métier qui est très porteur et nos clients sont de plus en plus sensibles aux informations que nous sommes à même de leur fournir. Le point qui nous apporte le plus de satisfaction est d'être parvenu, en si peu de temps, à être opérationnel dans 7 pays européens, alors que beaucoup de dotcoms ont justement souffert d'avoir vu trop grand à leurs débuts.

Pierre Paperon, président Europe et International d'Altavista



1. En un mot, le commerce électronique en France en 2000 a été ?


En plagiant à l'inverse Corneille, je dirais : ils partirent 3 000, ils se virent 500 en arrivant au port.

2. Selon vous, l'année prochaine, le commerce électronique français sera ?


Dot et Brick au lieu de dotcom.

3. Quel bilan tirez-vous de l'année ?


L'élément le plus important a été le recentrage d'Altavista sur la recherche, le search. La filiale française, créée en début d'année, puis les multiples sites européens et internationaux que nous avons ouverts ont mis en pratique cette stratégie. Pour l'ensemble du marché, il devient plus difficile d'être bon sur tous les plans, la recherche et le portail. Soit on excelle dans un domaine, soit on accepte d'être seulement correct dans plusieurs. Cette année, tout le monde a pris conscience que la nature du jeu a changé. La logique capitalistique fait que tous les acteurs envisagent des alliances ou des partenariats forts.

4. Comment définiriez-vous le "peer to peer" ?


Très simplement comme le partage individualisé d'informations.

5. Quel est le meilleur nouveau site que vous ayez découvert personnellement cette année ?


J'ai adoré Kasskooye.com. J'ai apprécié leur synthèse des business plans. Ils sont un peu les Nuls du Net.