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Jacques David, responsable commerce électronique de La Poste : « Pour La Poste, le commerce électronique est un axe stratégique. »

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Quelle est l'organisation de la Poste vis-à-vis du commerce électronique B to C ?


Jacques David : Depuis un an, nous avons mis au point une stratégie : nous doter d'entités logistiques. Nous avons ainsi acquis Publi-Trans et Eurodispatch, ce qui représente plusieurs dizaines de milliers de mètres carrés d'entreposage, et 600 millions de francs de chiffre d'affaires. Les sites sont situés à Paris Nord, Paris Sud, Orléans et Lille. Par ailleurs, nous avons entamé un rapprochement avec Géodis, sur lequel nous comptons nous appuyer pour le transport des objets d'un poids supérieur à 30 kg, et pour tout ce qui concerne l'international.

Et pour la partie transport ?


J. D : Nous avons un service rapide à destination des particuliers avec le produit Colissimo de ColiPoste, un service express avec Chronopost et une société de messagerie, TatExpress, pour le fret industriel. Nous pouvons donc livrer en une journée à l'échelon régional, deux jours pour le national et de deux à quatre jours pour l'Europe.

Quel est le rôle de la division "commerce électronique" de La Poste ?


J. D : Elle conçoit la stratégie et les axes de développement du groupe La Poste dans le domaine du e-commerce. Par exemple, nous avons conçu des produits de tracking, des systèmes de paiement, une boutique en ligne, des interfaces pour les sites marchands. L'équipe commerciale, forte d'une dizaine de personnes, une quinzaine d'ici à la fin de l'année, est chargée de vendre les produits et services spécifiquement dédiés au e-commerce.

Le e-commerce est donc considéré comme intéressant ?


J. D : C'est clairement un axe stratégique pour La Poste. La synergie entre ses trois métiers : la gestion du flux d'information (marketing direct, commandes) ; des flux physiques (colis) ; des flux financiers (traitement des paiements), et la puissance de son réseau, avec 17 000 points de contact, illustrent pleinement la puissance du groupe sur ce marché. En 2010, le chiffre d'affaires des entreprises postales dans le monde pourrait être aussi important que celui qu'elles réalisent dans le courrier. Une part significative de ce nouveau trafic colis sera générée par le commerce électronique.

Quelle est la typologie de vos clients sites marchands ?


J. D : Depuis l'automne dernier, nous avons noué plusieurs centaines de contacts. Nous gérons la logistique de grands sites comme la Fnac, Alapage, Marcopoly, BOL ou CD&Co. Mais nous prenons en compte toutes les demandes. Notre force est d'assurer pour nos clients marchands le contact physique avec le client final.

Quel est le coût de la prestation logistique globale pour un site marchand ?


J. D : Il correspond à environ 10 à 15 % de la valeur faciale. En deçà d'un prix unitaire de 3 à 400 F pour les produits transportés, cela devient difficile d'être rentable. Mais la tarification dépend essentiellement des volumes. Et n'oublions pas le service, de plus en plus discriminant aux yeux des consommateurs. Il n'y aura pas de e-commerce réussi sans une excellente qualité de services en matière de transport et de logistique.