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La Comareg dit Bonjour au plurimédia

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Le site de petites annonces bonjour.fr, division de la Comareg, elle-même filiale à 100 % de Vivendi Universal Publishing (VUP), veut mettre en place une stratégie plurimédia pour assurer son leadership sur les deux catégories les plus juteuses : l'immobilier et l'automobile.


Forte de ses 155 publications gratuites, la marque Bonjour de la Comareg, filiale de VUP (1), revendique la première place dans l'univers des petites annonces papier. Le site web bonjour.fr existe depuis septembre 1999 et a attiré 870 000 internautes en mai dernier (12,3 millions de pages vues en un mois). Il propose environ 300 000 petites annonces chaque semaine, les deux secteurs principaux étant l'automobile et l'immobilier. Le site est le descendant du premier Web de la Comareg, au temps où celle-ci faisait partie d'Havas Media Communications avec Wanadoo et l'ODA. « A l'époque, il fallait payer dix francs pour consulter quinze annonces », se souvient Marc Duteil, manager de bonjour.fr. Après avoir abandonné les annonces payantes lorsque la gratuité a envahi le Net, bonjour.fr a bâti un modèle économique en trois parties. Un : atteindre la masse critique d'audience, soit environ 160 000 annonces dans la base de données, selon Marc Duteil. Deux : faire payer les annonces on line, sachant que 60 % des particuliers désireux de passer une annonce devaient accepter cette condition pour que le modèle soit viable. Trois : introduire des petites annonces commerciales à destination des professionnels (concessionnaires autos, grande distribution). Aujourd'hui, ce business model mixte, couplant gratuits papier et site web, fonctionne bien. Selon bonjour.fr, 97 % des gens qui passent dans le réseau papier acceptent de payer pour être également présents sur le site. Il en coûte 28 F pour une annonce immobilière ou auto, et 15 F pour les "bonnes affaires" (les autres annonces). Bonjour.fr compte également proposer aux annonceurs une présence complémentaire sur le Net contre une somme forfaitaire le temps de la promotion. Il est vrai que les 4 000 offres promotionnelles distinctes qui paraissent chaque semaine dans les gratuits sont une source non négligeable de revenus pour la division on line de la Comareg. « Nous pouvons générer jusqu'à vingt millions de francs en plus par an avec ce type d'annonces professionnelles », estime Marc Duteil. Soit les deux tiers du chiffre d'affaires du site en 2001, estimé à 30 MF.

Multiplier les canaux de diffusion


Pour que cette option devienne réalité, bonjour.fr a lancé un chantier visant à dématérialiser les petites annonces papier, recodifier ces fichiers en mode HTML et les placer dans la base d'annonces. Pour l'aider dans cette tâche, le site a acquis la société Promoguide, disposant d'une plate-forme technologique et du savoir-faire ad hoc. En quatre ans, la Comareg aura investi 80 millions de francs dans le site bonjour.fr. Et, malgré l'effondrement de la publicité en ligne classique, Marc Duteil maintient l'objectif de rentabilité à fin 2002. Pour tenir ces engagements, le site a mis en place une stratégie résolument plurimédia, en multipliant les modes de diffusion des petites annonces. Outre les publications papier, on trouve ainsi le bon vieux 36 15 bonjour, toujours rentable avec ses 600 000 connexions annuelles, le site web et la diffusion de messages SMS sur les portables SFR, via un web call center situé à Lyon. Reste à l'étude : un numéro court avec moteur de recherche qui renvoie les annonces sélectionnées sur le téléphone portable ou le PDA. La télévision interactive est un autre mode de diffusion en devenir pour le site. Aujourd'hui, bonjour.fr est disponible sur le canal 135 de CanalSatellite (groupe Vivendi). Mais Marc Duteil compte bien mettre un pied chez tous les acteurs de la télévision interactive : TPS, le Tak de Thomson, et les câblo-opérateurs. « C'est un bon champ d'expérience, sachant que le modèle reste BSkyB, avec les set top boxes », ajoute le manager du site de la Comareg. La base de données n'est pas oubliée dans cette stratégie marketing. Environ 160 000 personnes se sont inscrites pour recevoir des annonces sur leur mail. La gestion de ces envois en opt in est effectuée avec Message Média. Mais attention : pas question d'envoyer une offre périmée. « Exploiter le fichier ne marche que s'il est très frais », rappelle Marc Duteil.

Avec les portails


Enfin, bonjour.fr a conclu des partenariats avec les portails MSN, AOL, Vizzavi (groupe Vivendi) et bientôt Kelkoo. Un renvoi automatique vers bonjour.fr est effectué dès qu'un internaute cherche une annonce auto ou immobilière. Bonjour.fr vend également du contenu à certains de ces sites. Les enchères en ligne sont une autre source de business pour le site. Bonjour a développé une technologie propriétaire compatible avec la base de données et les autres logiciels du marché. Environ 28 000 biens sont susceptibles d'être mis aux enchères. La prochaine version du site proposera un paiement en ligne pour ces enchères, chose impossible aujourd'hui. (1) Vivendi a annoncé en mai son intention de céder sa filiale VUP.

Bonjour.fr en chiffres


Date de création : septembre 1999. Chiffre d'affaires 2001 (prévision) : 30 MF. Investissement (depuis quatre ans) : 80 MF. Nombre de visites : 870 000 (mai 2001, source Cybermétrie). Nombre de pages vues : 12,3 millions par mois. Nombre d'annonces en ligne : 300 000. Coût d'une annonce (gratuits + site) : immobilier et auto : 28 F, autres : 15 F.

Mot clés : tache |

Patrick Cappelli