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La rencontre en ligne change de visage

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Le marché de la rencontre amoureuse continue de croître et de se structurer. Les acteurs historiques se regroupent, donnant ainsi naissance à de nouveaux géants.

Marché mature qui se consolide avec la fusion de deux géants du secteur, Match.com et Meetic, la rencontre en ligne change de physionomie progressivement, mais radicalement. A la fin du mois d'août 2011, l'Américain Match.com finalise son OPA non agressive sur le français Meetic. Il détient aujourd'hui près de 78 % de son capital et, du même coup, met la main sur plus de 800 000 abonnés en Europe. Porteur, le marché de la rencontre en ligne l'est à plus d'un titre. En France, l'âge moyen du premier mariage ne cesse d'augmenter, tout comme le nombre divorces. Ainsi, le nombre de célibataires est estimé à 18 millions en 2010, selon l'Insee. Pour autant, il reste difficile de déterminer le chiffre d'affaires qu'il représente, même si certains observateurs se risquent à penser que ce montant pourrait s'élever à plus de 1,3 milliard d'euros dans le monde. En outre, « c'est l'un des rares marchés à ne pas avoir été affecté par la crise en France », assure Vincent Bobin, directeur marketing chez Attractive World. Et cerise sur le gâteau, avoir recours à Internet pour rencontrer un conjoint serait même entré dans les moeurs. « Les nouvelles générations ont beaucoup moins de difficultés à utiliser le Web à des fins amoureuses, indique Vincent Bobin. Nous n'avons plus besoin de faire du prosélytisme. » Comme bien souvent, lorsqu'un marché gagne en maturité, il se segmente et se compose de sites généralistes (majoritaires en chiffre d'affaires), de sites misant sur la rencontre par affinités, de sites communautaires (ethniques, confessionnels, alimentaires, végétariens, etc.) et même de sites dits «sexy», type Gleeden, Edenflirt ou encore Easyflirt. Et dans le même temps, on voit de nouveaux sites faire leur apparition: « C'est un marché très atomisé et de nouveaux acteurs naissent tous les jours. Ce n'est pas un problème, il y a de la place pour tout le monde et ce processus permet de stimuler la concurrence », explique Valentine Schnebelen, responsable marketing chez Meetic France. Cette diversité répond aussi à une volonté de la part des acteurs du Web, de proposer des produits spécifiques à des cibles précises. Bien souvent récents, ils se positionnent comme des alternatives aux sites généralistes de type Meetic. Sans rivaliser avec un tel géant, ils déploient une certaine ingéniosité pour survivre, ils n'hésitent pas à développer des modèles économiques innovants.

eDarling a fait de la sécurité son fer de lance.

eDarling a fait de la sécurité son fer de lance.

Le combat de David contre Goliath

Dans ce marché largement dominé par des mastodontes de type Parship, Match ou Meetic, se différencier est une question de survie pour les sites dont les moyens financiers sont moins importants. Smartdate.fr en fait partie. Son fondateur, Fabrice Le Parc, a choisi de suivre la tendance du social dating. Considéré par certains observateurs comme la révolution de la rencontre en ligne et par d'autres comme un feu de paille dont plus personne ne se préoccupera dans quelques années, le social dating est une activité hybride, utilisant à la fois le réseautage social (comme Facebook) et la séduction en ligne plus classique. Pour l'internaute, rien de plus simple à utiliser. Il se connecte via son profil Facebook et il se retrouve inscrit sur Smartdate en quelques clics, en toute confidentialité. Le modèle économique de type «freemium» permet aux utilisateurs payants d'accéder à des fonctionnalités supplémentaires, en fonction du montant qu'ils choisissent de payer mensuellement. Pour Smartdate, c'est aussi un excellent moyen d'acquérir des abonnés à moindre coût. En effet, le recrutement de clients par Facebook est gratuit et la puissance virale du site communautaire n'est plus à démontrer. « Cette viralité nous apporte 45 % de notre trafic, tandis que les sites plus traditionnels ont généralement recours à la publicité dite classique », explique ainsi Fabrice Le Parc. Du coup, après un peu plus d'un an d'existence seulement, à en croire son fondateur, Smartdate est déjà rentable et envisage un déploiement à l'international.

Valentine Schnebelen (Meetic France):

« Les campagnes virales nous apportent 45 % de notre trafic. »

La sécurité, socle de réussite des sites

Autre site, autre méthode. Chez Attractive World, site de rencontres par affinités, c'est le positionnement haut de gamme qui fait la différence. La sélection des abonnés s'opère grâce au tarif (59 euros par mois). De plus, « il faut être coopté par un membre du site pour pouvoir y entrer, souligne Vincent Bobin. L'idée est de proposer des rencontres qualitatives. Et nul besoin d'avoir 1 million d'inscrits pour obtenir de bons résultats », assure-t-il. Le site mise sur ses services périphériques. Régulièrement, Attractive World organise des événements pour réunir ses membres (avant-premières de films au cinéma, organisation d'afterworks, etc.) . Et cela fonctionne: le site a multiplié son chiffre d'affaires par trois depuis début 2010 et pense le multiplier à nouveau par trois d'ici à 2012. Quant à maintenir ce niveau d'activité, c'est une tout autre affaire. Pour y arriver, les sites doivent rassurer leurs clients.

Les avis sont unanimes: lorsqu'il s'agit de la sécurité, l'erreur n'a pas sa place et l'internaute peut se montrer intransigeant envers un site avec lequel il connaît des mésaventures. C'est pourquoi la plupart de ces plateformes sont extrêmement vigilantes concernant le respect des règles de bonne conduite. Chez Meetic, certaines discussions entre membres peuvent être surveillées et le site possède une sorte de liste noire de mots à ne pas employer: les termes à caractère violent, agressif, raciste ou la prostitution en font partie. Un abonné utilisant ce type de vocabulaire risque d'être tout simplement banni du site. Chez eDarling, site de rencontre par affinités, le constat est le même. Pour Valérie Fer, responsable du site pour la France, « la sécurité est une marque de différenciation pour les petits sites par rapport aux géants du secteur ». Les poids lourds peuvent être en effet considérés comme des usines à rencontres, moins sécurisés... Et en terme de fraude, chaque jour apporte son lot de nouveautés.

Exemple parmi d'autres, certains internautes ont recours aux sites de rencontres dans l'objectif de soutirer de l'argent à un membre, en prétextant par exemple une urgence médicale pour un proche, qui nécessiterait l'envoi de liquidités par la Poste. En réponse à ce type d'abus, la sécurité reste capitale et contribue à fidéliser les abonnés. Meetic croit également en l'importance d'un bon service clients. En avril dernier, il en a fait la preuve en lançant sur ce thème En Affinité, site dédié aux rencontres amoureuses, sur lequel coachs, psychanalystes et autres experts en séduction apportent des conseils et de l'information aux internautes. De telles initiatives sont peut-être la preuve que la séduction en ligne est en voie d'être démocratisée et qu'elle entre progressivement dans les moeurs, du moins en France. Ces facilitateurs de rencontres ne se cantonnent plus au rôle de liens entre membres. Ils sont désormais des accompagnateurs de relations amoureuses.

Twirt.me, nouvelle arme de séduction massive

Twirt.me, c'est la force du réseau de microblogging Twitter au service de la rencontre amoureuse. Son nom est simplement la contraction de «tweet» et de «flirt». Lancé en juin 2011 sur le marché américain, ce nouveau concept a le mérite d'être simple d'utilisation. L'internaute doit créer (ou posséder) un compte Twitter. Ensuite, il lui suffit de se connecter via son compte Twitter sur Twirt.me, en cliquant simplement sur «Signin with Twitter». Tout est gratuit. Twirt. me permet d'entrer en contact avec les autres membres connectés à Twitter. A l'instar de Facebook, l'internaute en quête de l'âme soeur peut montrer son intérêt pour un autre membre grâce à un «like», pour entamer un dialogue direct et ainsi commencer à «twirter».

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François Deschamps