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Les nouvelles tendances en vedette à Monaco

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SALON. L'E-commerce One to One, organisé pour la seconde année par Alain Laidet, a débuté le 4 avril, à Monaco, sous un ciel incertain, alors que l'horizon semble parfaitement dégagé pour le secteur. Pendant deux jours, environ 300 webmarchands ont rencontré des prestataires dans le cadre privilégié du Grimaldi Forum. Au programme: trois plénières, des ateliers, du speed networking et des rendez -vous en One to One.

La plénière d'ouverture, comme les deux qui suivront, s'est inspirée de l'actualité du secteur, en abordant une question brûlante: quelle est l'influence des réseaux sociaux sur l'e-commerce et comment soigner son e-reputation? Est-ce que Facebook est fait pour vendre ou n'est-ce qu'une plateforme relationnelle? Réponse de Patrick Robin, assis autour de la table ronde: «Ce débat [sur l'intérêt du social commerce] n'a pas lieu d'être. Pour ses détracteurs, le f-commerce consiste à reproduire son catalogue sur Facebook. Alors que l'enjeu, le levier marketing le plus puissant, reste le bouche à oreille. Les réseaux sociaux amplifient le bouche à oreille. »

Pour le fondateur de 24h00.fr, il ne faut pas que les sites qui démarrent sur les réseaux sociaux «oublient que le hub est leur site web. Il faut utiliser cet actif et le rendre Facebook friendly, tout comme il fallait rendre, à une certaine époque, son site Google friendly». Son conseil d'initié: développer une stratégie autour de l'Open Graph et des plugins sociaux de Facebook (J'aime, fil Facebook, etc., NDLR). A ses côtés, Anne -Véronique Baylac confirme. La directrice e-commerce de La Redoute recommande aussi de ne pas négliger les cercles Google+, qui favorisent le référencement. Elle est revenu par ailleurs sur «son» désormais célèbre homme nu. Trois mois auparavant, le 4 janvier, un visuel accompagnant la fiche-produit d'un T-shirt avait fait le tour de la Toile: on découvrait alors, derrière quatre enfants jouant sur une plage, un homme totalement nu se promenant en arrière-plan. L'enseigne avait dû réagir au plus vite. «Le buzz a démarré vers 11 heures sur Twitter et a continué sur Facebook», rappelle Anne-Véronique Baylac. «A 12 h 15, nous présentions nos excuses et nous retirions la photo.» Insistant sur la nécessité d'une veille importante pour «réagir très vite», la directrice e-commerce explique que son équipe a tenu à suivre de près la tournure prise par le buzz. «[Il] a tourné de manière positive. Nos excuses ont été appréciées et reconnues. Globalement, le ton était plutôt humoristique et bon enfant. »

Geoffroy Martin, p-dg d'Art.com, Inc, a recensé huit tendances qui structurent actuellement le marché américain.

Geoffroy Martin, p-dg d'Art.com, Inc, a recensé huit tendances qui structurent actuellement le marché américain.

L'e-commerce explose aux USA et au Brésil

Le 4 avril au soir, la deuxième plénière réunissait, sur scène, deux Français ayant connu des success stories outre-Atlantique: Geoffroy Martin, patron du groupe Art.com, Inc. et Michael Zeisser, Senior Vice President de Liberty Media. Résidant aux Etats-Unis depuis 16 ans, Geoffroy Martin a évoqué les grandes tendances de ce marché, dont la plus évidente est bien sûr le mobile. «Les Etats-Unis ont pendant très longtemps été en retard», a-t-il affirmé.

Aujourd'hui encore, «la couverture est mauvaise. J'ai du mal à avoir du réseau chez moi à Berkeley», a témoigné le patron de site marchand.

Mais les aléas techniques n'empêchent pas le succès fulgurant du secteur. Désormais, «les e-marchands ne peuvent se passer d'une réflexion sur les tablettes», a-t-il insisté. Le p-dg d'Art.com a observé que le taux de pénétration de l'iPad a grimpé beaucoup plus rapidement que celui de l'iPhone (trois fois plus vite les six premiers mois) et surtout de l'iPod. «L'iPad est en train d'exploser et va rendre «l'app» obsolète. Les gens ont envie de browser (naviguer). » L'investisseur met par ailleurs en garde les e-marchand: au vu de l'exigence des utilisateurs, les compagnies qui n'optimisent pas leur site pour les tablettes vont être hors jeu. «Avoir du flash sur ses sites reste un problème, il faut passer le plus vite possible sur HTML 5. »

La plénière de clôture, le 5 avril après-midi, a mis en lumière le potentiel d'un autre pays: le Brésil. Le taux de pénétration de l'achat en ligne y a d'ores et déjà passé la barre des 50 %. On estime aussi que 20 à 30 millions de personnes deviendront des e-consommateurs d'ici à cinq ans. Le taux de satisfaction est actuellement de 75 %. Il est donc perfectible.

Ludovino Lopez, président de la Cámara Brasilera de Comercio Electrónico (l'équivalent de la Fevad au Brésil) alerte toutefois les webmarchands qui souhaiteraient profiter de cette manne potentielle: «Il existe plus de cinquante impôts et taxes différentes dans le pays». Une curiosité qui s'explique par le modèle fédéral du géant sud-américain. Plus anecdotique: l'objet le plus vendu en ligne en 2011, dans ce pays, est le réfrigérateur (14 % des ventes), un type d'achat attribué aux consommateurs aisés.