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Little Fashion Gallery, la mode enfant version chic

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Lancé il y a un an, le site de mode enfantine haut de gamme a levé plusieurs centaines de milliers d'euros pour poursuivre son développement.

Après avoir travaillé aux EtatsUnis pour Chanel, puis en Angleterre pour L'Oréal, Marie Soudré-Richard revient en France, avec l'idée de lancer son propre concept sur Internet. Et le modèle de la réussite anglo-saxonne de Nathalie Massenet et de son site, Neta-porter, l'inspire fortement. Un pure player du luxe dans le secteur de la mode féminine, véritable succès outre-Manche, qui emploie aujourd'hui plus de 250 personnes.

L'idée germe donc dans l'esprit de l'entrepreneuse. Son objectif? Reproduire, à son retour en France, le business model adopté par Net-a-porter. Gageure tenue. Little Fashion Gallery se lance sur le créneau de la mode enfantine. «Il s'agit d'un marché de niche sur lequel le haut de gamme est en train d'exploser. Le secteur du luxe pour l'enfant représente aujourd'hui plusieurs millions d'euros de potentiel de chiffre d'affaires en France», affirme la dirigeante.

Notoriété et services

Pour autant, loin de se contenter de cette conjoncture favorable, le site de mode enfantine nourrit une ambition. S'imposer vite et fortement. En tant que marque mais aussi comme concept. Et, pour y parvenir, Marie Soudré-Richard ose un ton décalé. Elle met l'accent sur l'identité visuelle de sa boutique en ligne. Et s'entoure de grands photographes comme Patrick Swirc, Thierry Bouët, Gaétan Bernard... Des contributeurs qui ne sont pas là pour faire de la figuration mais pour donner leurs points de vue et leurs humeurs sur les tendances et les marques. Ces dernières sont sélectionnées avant tout pour leur histoire atypique. Quant aux produits, ils doivent répondre à des gages de qualité «par la beauté des matières, l'originalité des coupes et des formes», souligne la dirigeante. Parmi les marques déjà présentes, Finger in the No se, Caramel Baby&Child, Antik Batik, Quincy, Album Di Famiglia, ou encore Nume occupent une place de choix sur le portail.

Car, à l'inverse de nombreux modèles sur Internet, le site n'actionne que très peu le levier du prix «Pour m'imposer, j'ai dû suivre une démarche plus classique de marketing de création de marque», explique la dirigeante. Pour asseoir sa notoriété, Little Fashion Gallery communique donc essentiellement dans des magazines parentaux et haut de gamme, en France et en Angleterre, ses pays d'implantation. «Cette stratégie m'a permis d'amorcer notre notoriété et d'acquérir une certaine crédibilité pour attirer des marques que j'aurais eu du mal à aller chercher seule», explique Marie Soudré-Richard. A partir de la saison prochaine, des marques prestigieuses comme Little Marc Jacobs et Bonpoint devraient d'ailleurs rejoindre le portail. En parallèle, la boutique en ligne utilise massivement l'affiliation et les bannières, tout en réalisant un important travail de communication auprès des blogs les plus influents.

Little Fashion Gallery a également fait de son service client, l'un de ses fers de lance. Livraison à Paris dans les deux heures par coursier, attention particulière portée à la qualité des emballages des vêtements et retours gratuits participent ainsi à satisfaire les exigences d'une clientèle élitiste. «La valeur ajoutée passe par le service et le contenu», estime la créatrice du site. Les livraisons sont effectuées le lendemain de la commande via UPS en province, dans les 48 heures en Europe, et sous cinq jours pour le reste du monde.

Pour s'imposer, Little Fashion Gallery a mis l'accent sur son identité visuelle et fait appel à de grands photographes.

Pour s'imposer, Little Fashion Gallery a mis l'accent sur son identité visuelle et fait appel à de grands photographes.

Investisseurs variés

Si, pour développer son modèle, Little Fashion Gallery s'est lancé avec des investissements «friends and family», les financements font vite défaut. «Nous nous sommes rapidement rendu compte qu'il fallait beaucoup de liquidités. Lorsque l'on ouvre une boutique de luxe sur Internet, il faut investir la première année l'équivalent de deux pas-de-porte et le coût d'acquisition est égal au panier moyen, voire supérieur», analyse Marie Soudré-Richard. De quoi mettre le site - dont le panier moyen dépasse 200 euros - dans une dynamique de recherche d'investisseurs. Objectif atteint assez rapidement puisqu'au mois de juillet dernier, de nouveaux investisseurs ont fait leur entrée dans le capital de l'entreprise. Ces derniers auraient, selon la dirigeante, réinjecté plusieurs centaines de milliers d'euros dans les caisses. «Nous sentons en ce moment le point de bascule. Le site compte 2 000 visiteurs uniques par jour pour huit pages vues en moyenne. Il nous faudra, pour être rentable, augmenter les volumes et baisser notre coût d'acquisition», conclut la dirigeante. Une orientation des plus claires, pour un site particulièrement novateur sur son marché.