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Lycéens d'hier, étudiants de demain

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Le site Phosphore propose aux futurs étudiants des services d'orientation et de recherche des filières.


Dans la galaxie du Web étudiant, phosphore.com est un cas à part. Ce site s'adresse aussi bien aux étudiants qu'aux lycéens qui se préparent à une vie d'étudiant. « Ces internautes, s'ils gardent encore tout l'affectif des lycéens, se comportent néanmoins déjà comme des étudiants par projection, pour tous les champs professionnels », estime Jean-Marie Nazarenko, rédacteur en chef du site. Les étudiants recherchent sur phosphore.com des données en rapport avec leurs études, une aide à l'orientation, des outils de sélection de filières d'études par rapport à un secteur d'activité donné. « Nous avons constaté qu'aujourd'hui, les attentes des étudiants sont de nature très pratiques, ils recherchent les données plus que les commentaires », remarque Jean-Marie Nazarenko. Les étudiants expriment souvent un sentiment de frustration face à des informations non-hiérarchisées qu'ils trouvent sur Internet. Les informations sont présentées comme dans un magazine, or un écran de 800 x 600 ne peut présenter que peu d'informations à la fois, ce qui rend cette lecture magazine assez difficile. Il faut trouver d'autres formes d'accès à l'information sur Internet. Cela a incité la rédaction en chef à réorienter le site. « Pour la rentrée scolaire, nous aurons terminé de démêler les deux types d'infos, données et commentaires. » La deuxième recherche récurrente concerne les communautés, la quête des liens vers des pairs, vers des groupes dans lesquels on se reconnaît par ses pratiques culturelles, par langage, par le niveau de connaissances etc. Par exemple, les 14-15 ans et les 19-20 ans représentent deux communautés complètement distinctes en raison d'une maturité différente, même si leurs centres d'intérêt peuvent être identiques. Cette recherche de cercles de communication correspond probablement à un phénomène de reconstitution virtuelle de la "bande du lycée". Les forums sur le site servent de noyaux à ces communautés. A partir de là, il est possible de développer des chats ou encore des espaces contributifs sur le site. Aujourd'hui, phosphore.com pratique encore la gratuité. « Les articles dans les rubriques Job, Voyages... sont réalisés par des journalistes, dans un souci d'objectivité. Les liens vers les sites analysés dans les articles ne donnent lieu à aucune rémunération », explique Jean-Marie Nazarenko. L'avenir économique de phosphore.com pourrait s'inscrire dans une réflexion plus générale autour du Web menée aujourd'hui chez Bayard Presse. Cette réflexion porte notamment sur des offres d'abonnement payant pour un contenu en ligne destiné à toute la famille et pour tout âge. Il gardera néanmoins son identité et développera une palette de services payables à l'acte. « Les services gratuits n'ont pas d'avenir, analyse Jean-Marie Nazarenko. Nous n'avons pas peur de passer au modèle payant car nos internautes sont nettement moins volatiles qu'ailleurs. Cependant notre public n'est pas prêt à payer beaucoup de choses. Les outils et le contenu resteront en accès libre. Mais, parallèlement, nous proposerons des outils avec de la valeur ajoutée comme des services de conseil d'orientation. » Le "Carrefour de l'orientation" vient d'être mis en ligne. C'est une base de données portant sur les formations supérieures disponibles en France. Les étudiants ont accès à près de 30 000 formations, classées par filière d'études et par secteur d'activité. Cet outil est réactualisé deux fois par an. En libre accès pour l'instant, il devrait bientôt passer en mode payant, avec un tarif de trois euros pour dix requêtes. Phosphore prépare aussi un projet de service de soutien scolaire et de tutorat en ligne. Il pourrait devenir le point fort du modèle économique du site, et un moyen de valoriser la notoriété de la marque.

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Alexis Nekrassov