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MicroWorld.org, le microcrédit en un clic

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Le site met en relation des épargnants «solidaires» et des créateurs d'entreprise exclus du système bancaire classique. Il vise à développer le microcrédit, axe de lutte contre la pauvreté.

Projet du Groupe PlaNet Finance, ONG créée en 1998 par Jacques Attali, mis en oeuvre et financé par le groupe Allard, la plateforme de microcrédit MicroWorld.org ne se contente pas de s'appuyer sur ses prestigieux parrains. Elle propose également aux particuliers de participer à une oeuvre collective: prêter de petites sommes d'argent (20 euros minimum) à des microentrepreneurs résidant dans un pays en voie de développement, exclus du système bancaire traditionnel, qui souhaitent créer leur entreprise et améliorer leurs conditions de vie. Le montant moyen du prêt - sans intérêts - s'élève à 500 euros. « Un projet enthousiasmant », souligne Guillemette Osburg, la directrice marketing de MicroWorld.

400 projets soutenus dans trois pays

« Nous avons lancé cette plateforme pour montrer qu'on pouvait construire un nouveau modèle de développement solidaire, accessible à tous et économiquement viable », ajoute-t-elle. Le concept de microfinance permettant de prêter main-forte à des porteurs de projets a déjà fait ses preuves. Mais MicroWorld dépasse la simple approche caritative. « La plateforme de mise en relation de prêteurs et de microentreprises s'inscrit dans une logique de prêt et non de don, ce qui veut dire que le prêteur récupère sa mise », explique David Langlois, directeur général. Trois mois après sa mise en ligne, le site a attiré 2 000 membres - il devrait en compter 15 000 à la fin de l'année - et a réuni 150 000 euros, qui ont servi à financer tout ou partie de quelque 400 projets. Parmi eux, celui de Ndèye Codou Yéro Diouck, qui recherche des fonds pour rénover une boutique au Sénégal. L'idée semble séduire. Pour développer l'entreprise qu'il dirige, David Langlois cible trois types de contributeurs: primo, le grand public, au travers de prêts réalisés en faveur de projets que l'internaute sélectionne à sa guise. Deuxio, des particuliers fortunés et des fondations qui souhaitent soutenir des projets thématiques. Tertio, les grandes entreprises, désireuses d'apporter à leurs salariés, clients et partenaires un outil d'épargne solidaire. « La première plateforme mise en ligne sera celle de GDF-Suez. Elle ouvrira en juin 2011 », annonce David Langlois.

L'homme évoque également la notion de «social business» pour qualifier la philosophie de cette structure. Son modèle économique a été conçu pour lui permettre de réaliser des bénéfices, qui seront injectés à 70 % dans l'ONG PlaNet Finance et réinvestis à 30 % dans MicroWorld, afin d'assurer le financement du développement de la plateforme. L'entreprise n'a donc pas été créée pour «rapporter» de l'argent à ses actionnaires ni aux épargnants qui choisissent d'y «placer» une partie de leurs fonds.

Mais elle n'en est pas moins capitaliste. Son chiffre d'affaires est réalisé via une commission d'apporteur d'affaire à hauteur de 5 % des encours apportés aux institutions de microfinance (IMF) partenaires, en échange de la publication des projets. Le site perçoit également une rémunération de la part de ses clients «corporate» pour l'organisation d'espaces dédiés et pour une visibilité sur le site. Enfin, jusqu'à ce qu'il ait atteint son équilibre, MicroWorld reçoit le soutien d'investisseurs privés. L'offre de microcrédit est effective dans trois pays - Liban, Pérou, Sénégal mais son ambition est mondiale. Pour développer sa notoriété, le site s'est assuré le soutien d'artistes engagés, qui se mobilisent lors de concerts privés. Jean-Louis Aubert, Raphaël et Ours, le fils d'Alain Souchon, se sont déjà prêtés à l'exercice du «Microshow».

MicroWorld permet à des entrepreneurs provenant de pays pauvres de réaliser leur projet professionnel.

MicroWorld permet à des entrepreneurs provenant de pays pauvres de réaliser leur projet professionnel.

Véronique Méot - redaction@editialis.fr

Mot clés : projet

Véronique Méot