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Un nid pour jeunes start-up au coeur de Paris

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La "Silicon Sentier" a désormais sa crèche. Un espace de 5 000 m2 où s'épanouissent les start-up jusqu'à leur maturité, c'est-à-dire leur second tour de table.


Le 25/27 rue des Jeuneurs, dans le IIe arrondissement, pourrait bien devenir l'endroit le plus prisé de Paris dans les mois qui viennent. C'est en effet à cette adresse que Défi Start-up, le business angel Jean-Marie Hulot et le fonds d'investissement Mars Capital ont décidé d'installer "l'Incubateur" (nom provisoire), un espace de 5 000 m2 de bureaux destiné à accueillir de jeunes start-up du secteur de l'Internet et des télécoms. Une initiative qui n'a d'autres buts que de permettre à des jeunes entrepreneurs de bénéficier, à moindre frais, des infrastructures nécessaires au démarrage de leur activité en échange d'une prise de participation dans le capital de la société. Depuis l'annonce de la création du site en février, les dirigeants de l'Incubateur, dont font partie Jean-Luc Rivoire et Antoine Decitre, les fondateurs de Défi Start-up, affirment recevoir plus de 60 dossiers de candidature par semaine. « Sur ces 60, la moitié disparaît très vite, soit parce qu'ils présentent une énième version d'un concept déjà existant, soit parce que les créateurs du projet ne sont pas suffisamment fiables », confie Jean-Luc Rivoire. Parmi les 30 restants, seule une dizaine a la chance de passer un oral et espérer faire partie des deux heureux élus qui seront finalement retenus. « Nous ne souhaitons pas ouvrir l'espace de l'Incubateur trop vite pour éviter un effet de vague qui provoquerait un départ groupé des start-up hébergées. »

Une vingtaine de start-up hébergées


La capacité d'accueil du site est donc limitée à une vingtaine de sociétés, qui bénéficient d'une prise en charge totale pendant une période d'environ quinze mois (hébergement, fourniture de matériel, prestation de recrutement, recherche de partenaire etc.). En contrepartie, les dot com cèdent une participation à leur capital et un pourcentage des fonds levés. Si les négociations sont menées au cas par cas, Jean-Luc Rivoire concède que la prise de participation pour chacune des start-up tourne autour des 15 % du capital. Sept start-up se sont installées dans les locaux de l'Incubateur début mars, parmi lesquelles woonoz.com, un site qui fournit, moyennant rémunération, des conseils d'experts sur des préoccupations consuméristes. Un service type SVP online. « Dans ce cas précis, c'est le CV des fondateurs et la pertinence de leur concept qui nous ont séduits », explique Jean-Luc Rivoire. Le concept est certes intéressant car inexistant en Europe, et naissant aux Etats-Unis. Il n'en demeure par moins risqué. Les Français sont-ils prêts à payer pour ce type de service ? Comme pour la quasi-totalité des sites qui se lancent, le succès passe l'éducation des internautes. L'Incubateur ne se contentera pas d'une présence parisienne puisqu'une implantation est prévue dans le courant de l'année en Europe du Sud, et des partenariats devraient être signés en Europe du Nord. Un déploiement européen indispensable au vu des projets de développement de sociétés tels que Gorilla Park en Hollande et Speed Venture en Suède, voir de Start-up Avenue en France, que Jean-Luc Rivoire considère comme ses concurrents les plus sérieux.

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Tanguy Leclerc