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Wantuno : un jour, un produit, un prix…

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Nouveau site e-commerce mêlant communautaire, téléachat, viral et ventes flash, Wantuno veut reproduire en France le succès du pionnier américain Woot.


Avec l'explosion du commerce électronique, les modèles de distribution n'en finissent plus de tenter de nouvelles configurations. Après la migration massive des modèles traditionnels sur Internet, on assiste à une seconde révolution, celle qui, de mutations en migrations, se caractérise par l'émergence de concepts de vente innovateurs. Ce fut le cas en France avec les ventes privées transférées en ligne et dont on connaît le foudroyant succès. C'est encore le cas avec la naissance, en septembre dernier, du concept Wantuno. Ce site de produits électroniques propose en effet une approche inédite, spécifique à l'Internet.

Tout doit disparaître !

Point de vente, produits, prix, logistique : les fondements de la vente à distance restent, ici, inchangés. Là où il y a innovation, c'est plutôt dans l'organisation de ces ressources et dans l'exploitation on line de ce schéma de vente. A partir d'un seul point de vente, un site web, Wantuno en l'occurrence, propose chaque jour un produit unique à prix compétitif par rapport au cours du marché (inférieur de 15 à 20 % en moyenne). Jusqu'ici, rien de bien révolutionnaire par rapport aux ventes flash. Rien, hormis le fait que la nature du produit est maintenue secrète jusqu'à l'ouverture de la vente. Un parti pris qui peut sembler contradictoire avec des objectifs de distribution en volume où, d'ordinaire, l'effet d'annonce préalable à l'événement commercial sert de levier pour mobiliser les acheteurs potentiels. Tel est d'ailleurs le rouage-clé des ventes privées dont l'objet de chaque session est annoncé, en moyenne, deux à huit jours avant le démarrage de la vente. Si Wantuno inverse ce schéma, la finalité reste la même : réunir un maximum d'internautes autour d'un produit en un minimum de temps. En quelques heures, tout doit disparaître ! Diabolique ? Plutôt transatlantique, Wantuno s'inspirant du pionnier américain Woot, deux ans d'âge et 9 millions de visiteurs uniques mensuels à son actif qui génèrent de 750 à 8 000 achats d'une valeur commerciale de 70 à 120 $ en moyenne au cours d'une simple vente. La clé de voûte du modèle ? « Il repose sur la présence d'une communauté d'internautes à qui nous donnons la possibilité d'influer sur la nature d'un produit que nous mettrons, ensuite, en vente sur le site », explique Philippe Rodriguez, fondateur et dirigeant de Wantuno. Pour ce faire, deux options : soit en votant pour un produit présent au catalogue du site, soit en demandant un produit qui n'y figurerait pas et que l'internaute souhaiterait pouvoir acheter. « L'idée de fond, c'est de réunir des foules d'acheteurs entretenus dans l'attente fébrile de voir apparaître le produit voté en ligne quelques jours plus tôt », précise Philippe Rodriguez. Premier avantage de la manoeuvre : les intentions d'achat exprimées par des internautes auto-qualifiés permettent de dégager des prévisions de vente, donc de marge. « Sur la base de ces estimations, nous sommes en mesure de connaître la popularité d'un produit, c'est-à-dire son cours de marché avant d'organiser la vente », analyse le fondateur. Sur la base des estimations tirées des connexions et commentaires postés par les internautes dans la communauté du site, Wantuno dispose ainsi d'un puissant levier pour négocier au mieux les prix des produits auprès des fournisseurs. Sachant que 60 % de l'offre provient du marché chinois, Wantuno a opté pour l'achat ferme et le stockage des produits à écouler. Politique qui suppose une gestion en flux très tendus. En l'espèce, le délai entre le moment de l'achat auprès du fournisseur et celui de la mise en vente sur Wantuno ne devrait pas excéder dix jours. Deux raisons essentielles à cela : la première concerne le taux de renouvellement de l'offre, nécessairement soutenu afin d'entretenir l'intérêt du public. La seconde, plus sensible, relève d'une exigence logistique. « Ce principe de vente agit comme un booster d'achats d'impulsion. Le seul moyen de ne pas générer de la frustration chez le client, c'est de le livrer dans des délais imbattables, en 24 ou 48 heures maximum », précise Philippe Rodriguez.

La vidéo au service de l'animation

Lancé courant septembre avec 200 produits à son catalogue, Wantuno mise sur les requêtes des internautes pour élargir son offre initiale. Car ici, ce sont les internautes qui constituent le catalogue. « C'est toute la différence entre les modèles de ventes flash et le nôtre », souligne le fondateur. Autre originalité : l'exploitation de la vidéo au service de l'animation des ventes et du site. Confiés à un spécialiste en la matière, l'agence Awak'It, les vidéo-casts mettront en scène les produits sur un ton décalé et volontairement éloigné des codes classiques du téléachat afin de, toujours, coller à l'esprit Web. Seuls les internautes actifs au sein de la communauté, ainsi que les partenaires affiliés drainant du trafic vers le site, recevront un teaser vidéocast juste avant le lever de rideau sur le produit du jour. « Notre monnaie d'échange, c'est le secret et le meilleur marketing que l'on puisse faire, c'est une page affichant “Épuisé” », s'amuse le fondateur. En phase bêta depuis plusieurs mois, Wantuno devrait inaugurer son lancement public courant octobre. Ambitieux mais calculé, l'objectif opérationnel est de réaliser entre 2,5 à 3 millions d'euros de chiffre d'affaires dès la première année d'exercice. Mais très vite, de l'aveu du fondateur, il faudra ouvrir de nouvelles catégories de produits. Et penser, à très court terme, au déploiement paneuropéen du concept.

Il était une fois…

Nouveaux les concepts de vente à la Wantuno ? Pas si sûr. Si l'on regarde quelques années en arrière, il y eut, bien avant Woot et son clone hexagonal, les Clust, LetsBuyIt, ClicAchat, DealPartners, Koobuy… Un cortège de sites dits, à l'époque, de “group buying” ou d'achat groupé qui ont marqué les années 2000 tant par leur nombre, impressionnant, que par les levées de fond, colossales, qu'ils engloutirent en un rien de temps avant de sortir de scène aussi prestement qu'ils l'avaient occupée. Épatant à première vue, le modèle de l'achat groupé reposait sur le principe de l'enchère inversée, à savoir sur la capacité d'un site à faire baisser le prix de ses produits auprès de ses fournisseurs, en regroupant une communauté d'acheteurs potentiels la plus large possible. On connaît la suite de l'histoire, qui se solda par le naufrage de ces pionniers. Fort de cette triste exégèse, Wantuno a pris soin de revisiter les fondements du “group buying” pour n'en retenir que le meilleur. Si la communauté d'acheteurs constitue un levier essentiel du modèle, sa faculté à “saigner” les fournisseurs en vue de faire baisser les prix n‘est pas le moyen d‘action le plus prisé. L'argument du prix le plus bas ne constitue pas un fer de lance pour Philippe Rodriguez. Lui mise plutôt sur l'appétence de sa communauté pour un produit donné et sur la capacité du site à satisfaire, dans les meilleurs délais, ses desiderata. En prime ? Un effet de surprise sans cesse renouvelé.

Wantuno

Bien décidé à s'imposer numéro un de la vente mystère, Wantuno n'avance pas seul sur ce nouveau territoire. Actionnaire à hauteur de 60 %, Philippe Rodriguez s'est entouré d'une brochette d'acteurs aux expertises reconnues dans l'univers de l'Internet et, plus largement, dans celui de l'e-commerce : Chausson Finances (administrateur), Elios, Pierre Reboul (fondateur de l'EBG et actionnaire), Patrick Lelay (président de l'EBG et actionnaire). Auxquels s'ajoute une liste de soutien où fi gurent Jacques Colins (administrateur de Meetic et actionnaire principal), Pascal Brillet (ancien de Microsoft et actionnaire), Philippe Seignol (Isobar, actionnaire) et Claude Rameau d'Asset France Angel (actionnaire).