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Womzone valide son modèle auprès des internautes

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Échanger astuces, adresses et bons plans contre quelques euros. Tel est le principe de Womzone, un site de petites annonces entre particuliers lancé début 2008.

Womzone, plus qu'un site, un modèle pour l'Internet de demain? Telle est la conviction de ses fondateurs, Laurent Jacquet et Jean-David Rézaïoff. En février 2008, les deux associés lancent une plateforme payante d'échanges d'informations entre particuliers. Neuf mois plus tard, l'analyse de fréquentation de Womzone a prouvé, selon eux, que l'internaute serait prêt à mettre la main à la poche pour avoir un service supplémentaire. «Google ne répertorie que 30% environ des sites web existants; de plus, toutes les informations ne sont pas formatées pour la Toile, précise Jean-David Rézaïoff. Sans parler du fait que les gens ne savent pas toujours taper les bons mots-clés dans le moteur de recherche!»

L'idée de Womzone a mûri de ce triple constat. Le site a l'ambition de proposer une information personnalisée et adéquate, c'est-à-dire adaptée au moment de la demande, en appelant au secours à peu de frais la communauté des internautes (le prix de base d'une annonce est de 2 euros).

Coexister avec le gratuit

«Je cherche un bon plan de logement pour un couple désirant visiter Londres.» «Je connais un site internet de conseils boursiers.» Voilà à quoi ressemblent les petites annonces publiées sur Womzone. «Les nouveaux usages C to C du Web 2.0 génèrent des revenus dont les seuls bénéficiaires sont les annonceurs!, insiste Jean-David Rézaïoff. Les internautes doivent prendre conscience des informations qu'ils détiennent. Elles leur permettront de prendre une part des revenus qu'ils ont contribué à générer.»

À terme, l'ambition n'est pas de remplacer le gratuit, mais de coexister. Et le système semble viable. «La mer et le soleil sont gratuits. Mais, un transat, c'est payant. Nous offrons un service supplémentaire pour pouvoir encore mieux jouir du gratuit», affirme le fondateur de Womzone.

Pour assurer le sérieux de la transaction sur le site, l'acheteur et le vendeur potentiels entrent préalablement en contact par le biais d'un chat ou d'une messagerie interne. Ce dialogue permet à l'acheteur de pouvoir évaluer la validité de l'information annoncée. Le paiement s'effectue ensuite hors de la plateforme, à l'aide de Paypal.

Le montant de l'information est fixé par le vendeur. Womzone se rémunère en prélevant une commission de 30% sur chaque transaction. De plus, la publication d'une annonce est payante. Elle est comprise entre 3 et 6 euros pour trente jours.

Basé sur un nouveau modèle, le système semble avoir d'ores et déjà fait ses preuves. Le site compte aujourd'hui 26 000 membres. Environ mille annonces actives y sont consultables en permanence. Depuis juin, deux à trois transactions sont effectuées quotidiennement sur le site.

Jean-David Rézaïoff (Womzone):

«Les internautes doivent prendre conscience des informations qu'ils détiennent, sans même le soupçonner.»

Se développer en marque blanche

L'objectif principal est à présent de développer, en marque blanche, des plateformes de marché personnalisées pour des partenaires. «Nous sommes en contact avec une quinzaine de prospects, confie Jean-David Rézaïoff. Entre trois et cinq négociations devraient aboutir avant la fin du mois de septembre.» Parmi ces prospects, des chambres de commerce et d'industrie, des réseaux de chefs d'entreprise, d'anciens de grandes écoles, etc. Une plateforme personnalisée, de type Womzone, leur permettrait de mettre en relation recruteurs et jeunes actifs.

Le positionnement original du site Womzone.com semble donc porter ses fruits. «Le modèle a été validé, se satisfait Jean-David Rézaïoff. Désormais l'enjeu est en termes de volumes.» Le site pourra dorénavant se contenter de recruter de nouveaux utilisateurs. D'autant que toutes les annonces actives sur les plateformes des partenaires le seront aussi sur Womzone, qui ne compte pas se cantonner au seul marché national. «D'ici 2010-2011, nous souhaitons nous développer, par le biais de plateformes en marque blanche, dans cinq à six pays d'Europe», ajoute Jean- David Rézaïoff.