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[Enjeux E-commerce 2016] G. Pepy : "La SNCF doit devenir une plateforme de solutions de mobilité"

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Le président de la SNCF et premier e-commerçant de France était l'un des invités d'honneur des Enjeux E-commerce 2016 de la Fevad. Il est revenu sur les grandes transformations en cours au sein de cette grande entreprise française de 80 ans, qui a déjà traversé plusieurs révolutions technologiques.

[Enjeux E-commerce 2016] G. Pepy : 'La SNCF doit devenir une plateforme de solutions de mobilité'

Guillaume Pepy, président de la SNCF et premier e-commerçant de France, avec un volume d'affaires de 4,3 milliards d'euros pour le digital en 2015, était l'un des invités prestigieux de la dernière édition des Enjeux E-commerce organisés par la Fevad, mardi 14 juin 2016. Une intervention attendue par les nombreux décideurs du digital présents lors de cet événement. D'emblée, Guillaume Pepy a planté le décor en soulignant que la SNCF est un morceau de la France.

Le président de la SNCF a évoqué cette contradiction entre le court et le long terme de cette entreprise séculaire et le monde digital d'aujourd'hui. "Il faut qu'on pense mobilité partagée, mobilité connectée, mobilité durable... et sur trois à cinq ans", a souligné le dirigeant.

Combiner tous les modes de transport avec le train comme colonne vertébrale

Guillaume Pepy a notamment expliqué comment la SNCF se projette dans l'avenir et s'adapte aux nouvelles technologies, tout en défendant son ADN. "La relation des Français aux transports a changé. Il s'invente un mode de transport par mois. Pour résister à ce déferlement, notre métier est d'essayer de les combiner : covoiturage, vélo électrique, VTC, etc. avec le train comme colonne vertébrale. Nous nous positionnons comme apporteurs de solutions de mobilité", a expliqué le dirigeant.

Notamment en rachetant des acteurs émergents dans le secteur du digital, comme avec Ouicar, site de location de voiture entre particuliers. La SNCF collabore avec près de 3 000 start-up. "Nous leur laissons leur liberté et leur agilité car nous devons avoir les bonnes compétences au bon endroit", indique-t-il. L'open-innovation est devenu le levier stratégique choisi par la SNCF. Guillaume Pepy a parlé ainsi d'Hyperloop, le train du futur - concurrent de l'avion - : soit un tube dans lequel circuleraient des capsules où prendraient place des voyageurs -par un système de champs magnétiques-, avec une vitesse maximale proche du mur du son (1 000 km/h). Le créneau visé serait celui de liaisons de quelques centaines de kilomètres. "Soit ce projet marche d'ici 5 ans, sinon on le jette", indique-t-il.

Fusion de la direction digitale avec la DSI ?

À la question de savoir s'il était judicieux de fusionner la DSI, service informatique, et le service numérique de la SNCF, Guillaume Pepy a indiqué que cela était encore en débat. "Ce sont deux entités différentes : les qualités professionnelles d'un Chef Data Officer (CDO) sont souvent jugées en opposition avec un Chief Technical Officer (CTO) ! Nous sommes en pleine réflexion sur ce sujet", a-t-il noté.

Concernant l'exploitation des données des clients, le patron de la SNCF s'est montré très vigilant : "Nous avons 10 millions de clients par jour, nous ne jouons pas avec. L'un de nos enjeux est de combattre la naïveté politique dans ce domaine".

Guillaume Pepy a également évoqué ses échecs en tant que dirigeant comme un time-to-market trop long mais aussi le lancement de la box TGV payante qui a été un flop il y a cinq ans, "elle n'était pas à la hauteur de la promesse". Ainsi, il a annoncé qu'en 2017, tous les trains de France auront une couverture 4G en partenariat avec Orange et SFR.

Interrogé sur l'équilibre entre création et destruction de valeur apportées par le numérique et l'économie du partage, Guillaume Pepy a qualifié d'"inévitable dans un premier temps la destruction d'emplois avant que cela reparte positivement". Et il poursuit : "On raisonne encore trop France, et pas vraiment Europe ou monde. Nous devons nous projeter dans le monde. Sinon, nous verrons du Google Train en Europe. Ce rôle d'assembleur, on nous le prendra. Nous devons exporter notre succès français à l'international", a-t-il conclu.