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[INTERVIEW EXPERT] " Les donneurs d'ordre B to B s'emparent des technologies utilisées par le secteur B to C "

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Trois questions à Jean-Charles Brandely, co président de la commission Marketing et Business de l'Acsel (Association pour le commerce et les services en ligne)

[INTERVIEW EXPERT] ' Les donneurs d'ordre B to B s'emparent des technologies utilisées par le secteur B to C '

1. L'e-commerce B to B présente un potentiel énorme qui semble aujourd'hui éclore enfin, quel état des lieux dressez-vous du secteur en France ?

Nous constatons une vraie dynamique. Les entreprises quelle que soit leur taille se sont dotées de sites Web. Le taux d'équipement avoisine les 80 %, mais paradoxalement, elles ont du mal à aller plus loin. Les sites ne sont pas systématiquement mis à jour, les annonceurs ne renforcent pas leur référencement, etc. Néanmoins il nous semble que les innovations et les sujets à la pointe commencent à percer. Le marketing automation, par exemple, attire de plus en plus les entreprises, qui s'intéressent également aux solutions liées à la data afin de comprendre et piloter leur business. Les donneurs d'ordre B to B s'emparent des technologies utilisées par le secteur B to C (retargeting, social selling).

2. Quel écosystème pour servir la digitalisation des activités B to B ?

Assez peu d'agences se sont spécialisées dans le secteur alors que les entreprises ont besoin d'être accompagnées. Les grands éditeurs des solutions CRM et les poids lourds du digital (Google) sont présents, tout comme les réseaux sociaux. D'ailleurs, le rachat de Linkedin par Microsoft illustre les enjeux liés à l'aspect social. Enfin, de nombreuses start-up ciblent ce marché et l'alimentent en innovation. Par exemple, GET + a mis au point une solution de Web tracking permettant d'identifier les visiteurs des sites et de les transformer en clients grâce au retargeting B to B intelligent. Solocal propose un nouveau service grâce à cette innovation. Ce type d'outil se développe car la Cnil autorise l'IP tracking en B to B. Pour le reste, l'activité e-commerce accuse un certain retard, la première étape consiste à se doter d'un catalogue en ligne puis de solutions de paiement. Les technologies existent, mais les entreprises doivent se réorganiser pour les adopter.

3. L'Acsel a rebaptisé la commission Marketing B to B Marketing & Business, quels sont vos objectifs ?

Nous souhaitons faciliter l'accès à l'information, diffuser des contenus pour permettre aux entreprises d'agir et influencer les pouvoirs publics afin de faciliter la mutation digitale. Le 1er Baromètre de la transformation digitale de l'entreprise sera rendu public fin septembre. Nous avons interrogé un millier d'entreprises et nous étudions différents secteurs (industrie, commerce, services), l'idée étant de mettre en évidence les perspectives de croissance.