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Le crowdfunding sur le point d'exploser ?

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Le crowdfunding consiste à mettre en relation des entrepreneurs ou porteurs de projets avec des épargnants souhaitant investir différemment des méthodes plus traditionnelles. Une étude réalisée par Xerfi démontre tout le potentiel de ce modèle participatif.

Cartoon Crowd Links, Layered System Close-Up

Cartoon Crowd Links, Layered System Close-Up

Le crowfunding peut-il se positionner comme une alternative durable et crédible au système de financement bancaire? Selon une étude réalisée par Xerfi, ce phénomène se développe progressivement en France, et pourrait bien être encore davantage porté par une volonté politique accrue.

Le crowdfunding ou financement participatif, n'est pas nouveau, existant depuis 10 ans aux Etats-Unis. Concrètement, il vise à mettre en relation des entrepreneurs ou porteurs de projets à la recherche de fonds avec des épargnants souhaitant investir "autrement". En France, la méthode semble séduire, mais son potentiel n'est pas encore pleinement exploité.

En effet, en 2012, seulement 40 millions d'euros de financement ont transité par les plateformes de crowdfunding en France, contre 50 milliards pour les crédits à la consommation des banques. Toutefois, les montants financés par ces sites pourraient atteindre 80 millions d'euros dès 2013 et entre 150 et 200 millions d'euros d'ici 2015, d'après des estimations réalisée par Xerfi.

Un contexte favorable

Il faut dire que le financement participatif peut être une réponse à la détérioration du contexte économique. Celui-ci entraînant une hausse du chômage, les pouvoirs publics veulent en effet, encourager la création d'entreprise. C'est une aubaine pour le développement des plateformes de crowdfunding, d'autant que le soutien des banques est de plus en plus difficile à obtenir. Par ailleurs, ce marché bénéficie des nouvelles pratiques de consommation (partage, échange, don, etc.), conjuguées à de nouvelles tendances (solidarité, écologie).

Enfin, le financement participatif s'appuie sur l'essor de l'économie numérique. La puissance de la circulation de l'information à travers le web est un atout à plusieurs niveaux : notoriété des acteurs de crowdfunding, capacité des porteurs de projets à obtenir le soutien de leurs "amis" sur les réseaux sociaux, potentiel des projets fondés sur le pré-achat qui permet de tester l'intérêt des internautes pour le produit ou le service, etc.

De nombreux freins

Grâce à la notoriété acquise via Internet, certains acteurs comptent se déployer. En France, le secteur compte près de 35 plateformes telles que Ulule, Octopousse, KissKissBankBank, Blue Bees, Babeldoor... avec toutes des approches différentes.

Mais leur expansion reste complexe compte tenu des différences de réglementation et de leur capacité à affronter les poids lourds américains (Kickstarter, Lending Club ou encore Indiegogo). Par ailleurs, il existe des obstacles difficiles à surmonter. Le principal étant la législation.

En effet, les plateformes sont soumises à la réglementation financière vu la nature des opérations. Construite pour protéger les épargnants, celle-ci semble disproportionnée dans le cadre du crowdfunding, étant donné le faible montant des enjeux. Pour distribuer des crédits, les plateformes doivent aussi obtenir l'agrément d'établissement de crédit attribué par l'ACP (autorité de contrôle prudentiel). Aujourd'hui, seul le site Prêt d'Union a obtenu ce statut pour le moment en France.

Par ailleurs, les plateformes doivent aussi composer avec le monopole bancaire, d'autant que le lobby des banques auprès du législateur n'est pas à négliger. En effet, les quand les banques perçoivent les plateformes de crowdfunding comme de potentiels concurrents, celles-ci veulent mettre en avant la complémentarité des deux systèmes.

Car le crowdfunding permet de financer des projets en phase d'amorçage, une étape où les banques sont pratiquement absentes en raison du risque élevé.

La profession attend donc la décision du gouvernement pour faire évoluer la réglementation, notamment depuis la fin des Assises de l'entrepreneuriat en avril 2013. Le texte de loi récemment adopté par les Etats-Unis, premier marché mondial du financement participatif, pourrait d'ailleurs servir d'inspiration aux pouvoirs publics.