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Les Français de plus en plus méfiants envers le numérique

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Selon la troisième édition du baromètre de la Caisse des Dépôts en collaboration avec l'Acsel, la confiance des Français dans le numérique s'érode chaque jour un peu plus. Fleur Pellerin, ministre chargée de l'Économie numérique, a dévoilé une stratégie afin d'endiguer cette tendance.

Les Français de plus en plus méfiants envers le numérique

La confiance des internautes est depuis les débuts du digital, un facteur décisif dans l'expansion du secteur du numérique et plus spécifiquement du e-commerce. Les e-marchands le savent bien, et l'évolution de cet indicateur est suivie de très près par les acteurs du milieu. La troisième édition du baromètre de la Caisse des Dépôts et de l'Acsel, montre une certaine érosion de cette confiance qu'ont les Français dans les services en ligne.

Ainsi, moins d'un tiers (28%) des Français accordent leur confiance aux labels des sites marchands, et plus globalement, l'e-commerce perdrait -3 points de confiance. Les services en ligne de l'administration française sont encore davantage concernés avec une chute de -10 points. Quant aux réseaux sociaux et à leur politique de confidentialité, ils ne remporteraient la confiance que de 28% des Français.

Plutôt alarmant, ce constat est identique sur les usages via les téléphones mobiles. 65% des acheteurs sur mobile estiment que l'achat sur ce canal représente le même niveau de risque que sur PC. Les principales craintes résident essentiellement dans la perte du mobile et l'interception des communications.

Des utilisateurs de plus en plus avertis

Les raisons identifiées par la Caisse des Dépôts et par l'Acsel quant à cette dégradation de la confiance des Français envers le numérique, sont multiples. Tout d'abord, les utilisateurs sont plus aguerris aux usages digitaux, relevant ainsi leur niveau d'exigence. Ainsi, 92% jugent important de limiter la conservation des données personnelles, et près de la moitié d'entre eux donnent volontairement de fausses informations en ligne afin d'en limiter la diffusion. Plus précisément, ils sont 78% à estimer que l'enregistrement des données bancaires par un site marchand, est risqué. Dans le viseur également, la géolocalisation, dont l'usage est purement et simplement refusé par 75% des utilisateurs.

Par ailleurs, ils rejettent massivement le services tiers d'identification. En clair, cela signifie que seuls 5% des internautes acceptent un service tiers pour s'identifier sur un compte bancaire, 6% sur un site d'administration et à peine 16% sur un site marchand. En revanche, ils seraient 65% à être favorables à la transmission d'attributs d'identité entre tiers afin de simplifier les démarches entre administrations.

Parallèlement, l'hébergement des données privées dans le Cloud suscite encore de la méfiance : à peine plus d'un tiers des internautes ont confiance en l'hébergement en ligne. 57% craignant en effet l'usage abusif de leurs données et 48%, la consultation des données par un tiers.

La publicité n'est pas en reste puisque 30% des utilisateurs de réseaux sociaux craignent que les données personnelles soient utilisées à des fins publicitaires. Plus de la moitié d'entre eux ont conscience de l'utilisation des données personnelles dans ce sens, mais plus de 80% sont gênés par cette utilisation.

Fleur Pellerin à la rescousse

Consciente du travail qu'il reste à fournir sur la facteur de la confiance des Français envers le numérique, la ministre en charge de l'Économie numérique, Fleur Pellerin, a présenté la stratégie du Gouvernement pour renforcer cette confiance. Elle repose sur quarte piliers :

- Mettre en place une stratégie d'" Identité numérique " pour l'Etat, inscrite dans la feuille de route du Gouvernement pour le numérique et pilotée par le secrétariat général pour la modernisation de l'action publique (SGMAP).

- Renforcer la labellisation, voire la certification de certains produits, qui est l'objet du projet Idénum lancé le 11 mars dernier, et dans lequel l'État a investi dans le cadre du programme des Investissements d'Avenir.

- Défendre au niveau européen un règlement équilibré entre la protection des personnes et le développement de l'innovation et de l'économie numérique en Europe.

- Soutenir la mise en place d'infrastructures sécurisées grâce à des projets de taille critique qui feront émerger des acteurs nationaux permettant de restaurer la souveraineté numérique de la France.