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Gérer la surcharge de travail

Chapitre : Gérer la surcharge de travail

  • Publié le 30 nov. 2017
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Gérer la surcharge de travail

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Le serviteur en quête d'un bon maître

Il était une fois un homme qui avait fui sa terre natale à cause des ravages de la guerre et de la cruauté des hommes. Arrivé dans un royaume prospère, il se mit en quête d'un emploi. " Sûrement, il doit se trouver dans cette contrée si amène quelque bon maître au service de qui je pourrai couler des jours heureux ", se dit-il.

Il résolut de questionner les serviteurs qu'il croiserait sur son chemin afin de trouver le meilleur maître de la région.

Bientôt, il avisa un homme qui tournait la manivelle d'un puits. Il y mettait une énergie peu commune. Le seau à peine remonté et l'eau versée dans l'une des outres qui garnissaient le ventre d'une mule, l'homme replongea le récipient au fond du puits à grands coups de tourniquets.

  • Voilà un serviteur bien diligent ! Il doit avoir un bon maître pour être si empressé à le servir.

Il s'approcha du puits. L'homme remontait le seau rempli.

  • Ton maître doit être content d'avoir un serviteur aussi zélé, dit-il. Et toi, es-tu heureux de le servir ?
  • Ne m'en parle pas ! répondit l'homme en moulinant de plus belle. C'est le maître le plus cruel qui soit. Je passe mes journées à courir pour le satisfaire, mais il me donne toujours plus de travail. Ma vie est un calvaire !

Le voyageur poursuivit sa route sans pousser plus avant la conversation.

Il arriva bientôt près d'un verger où un homme cueillait des figues. Ses gestes étaient lents et précis. La paume de sa main entourait délicatement le fruit avant d'en détacher la tige d'un mouvement sûr.

  • Ton maître est sûrement satisfait d'avoir un serviteur aussi dévoué, dit-il. Et toi, es-tu heureux avec lui ?
  • Mon maître est le meilleur qui soit, répondit l'homme sans arrêter sa cueillette. Il exige le meilleur de chacun, mais il sait se montrer juste et compréhensif.
  • Sais-tu où je peux trouver ce maître exceptionnel pour proposer mes services ? demanda le voyageur.
  • Suis ta route jusqu'en haut de la colline. Sa demeure est sur l'autre versant, à l'ombre d'un rideau d'arbres. Tu le rencontreras à la tombée du jour car pour l'heure, il visite ses terres. Va, les femmes te donneront à manger.

Le voyageur, ravi, se mit en route. Il trouva sans difficulté la maison et fut nourri par les femmes qui préparaient le repas du soir. Puis il attendit le retour du maître. Il vit rentrer le cueilleur de figues chargé de lourds paniers. Peu après, quelle ne fut pas sa surprise de voir le serviteur du puits apparaître à son tour ! Quel était donc ce maître tour à tour honni et loué ?

Le soleil caressait l'horizon lorsqu'un cavalier pénétra dans le domaine. Un valet se précipita pour s'occuper de son cheval. D'un geste, il lui désigna l'homme qui attendait.

  • On me dit que tu cherches à t'employer, lança le cavalier. Quelles sont tes qualités ?
  • J'apprends vite et j'obéis aux ordres de mon maître s'ils sont justes, répondit le voyageur. Je n'épargne pas ma peine, mais je veux vivre heureux, sans craindre les tourments d'un maître tyrannique.

Le maître sourit à cette réponse. Le voyageur poursuivit :

  • Si j'entre à ton service, qu'attendras-tu de moi ? À qui veux-tu que je ressemble, à ce serviteur aux gestes mesurés qui lave les figues, ou à cet autre qui porte en courant ses outres pleines ?

Le maître observa un moment ses deux serviteurs, pensif.

  • Le serviteur pressé travaille beaucoup, admit-il. Mais ce n'est pas ce que je lui demande. Regarde, il laisse échapper de l'eau dans sa précipitation. Quant à celui qui lave les figues, vois quel soin il prend de ma récolte. Celui-ci sait m'alerter lorsque le travail devient trop lourd, pour que je prenne la meilleure décision concernant la gestion de mon domaine. C'est à lui que je veux que tu ressembles.

Pascale Bélorgey