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Méthodologie

La boîte à outils de la Gestion du temps

Chapitre II : Le processus de décision

  • Retrouvez 10 fiches outils dans ce chapitre
  • Publié le 30 nov. 2017
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La boîte à outils de la Gestion du temps

8 chapitres / 70 fiches

Une décision n'est prise que lorsqu'elle se concrétise dans l'action

En résumé

La plupart de nos décisions sont le fruit d'un processus en cinq étapes. De l'inconscience où seules les émotions peuvent nous guider à l'action provoquée par un déclic émotionnel, nous cheminons dans les étapes de la rationalité : clarifier ce que nous voulons, envisager plusieurs solutions avant d'en choisir une.

Nous avançons plus ou moins vite selon les cas. Parfois nous restons bloqués, revenons en arrière, ou court-circuitons certaines étapes. Le neuropsychologue Antonio Damasio a démontré que si l'analyse rationnelle nourrit l'intuition, au final, nous décidons avec nos émotions.

Pourquoi l'utiliser ?

Objectif

Le processus de décision permet de situer notre degré de maturité dans la décision et indique ce qu'il faut faire pour progresser vers l'action.

Contexte

Ce processus se vérifie pour tout type de décision, individuelle ou collective.

C'est un formidable outil pour stimuler à bon escient la prise de décision collective.

Comment l'utiliser ?

Étapes

> Décidez de décider !

  • Écoutez vos sensations, vos émotions et repérez vos problèmes (ce qui vous gêne, un malaise, un inconfort), vos besoins et envies.
  • Décidez si oui ou non vous voulez changer quelque chose à la situation.

> Donnez-vous un objectif.

  • Analysez les faits, les causes du problème ; répertoriez les situations, précisez le besoin.
  • Définissez ce sur quoi vous pouvez et voulez agir en tenant compte de votre marge de manoeuvre (outil 32).
  • Fixez-vous un objectif réaliste, exprimé en termes positifs et dépendant de vous (outil 2).

> Explorez les solutions.

  • Explorez les solutions susceptibles de répondre à l'objectif.
  • Dans cette étape, pas de censure !

> Sélectionnez une solution.

  • Définissez si besoin des critères de choix.
  • Comparez les avantages et inconvénients des différentes solutions entre elles, ou évaluez-les avec les critères définis.
  • Retenez celle qui répond le mieux à vos besoins pour atteindre l'objectif.

> Transformez votre décision en action.

  • Si à ce stade vous hésitez encore à mettre en oeuvre concrètement votre décision, provoquez un déclic émotionnel (cf. pages suivantes).
  • Agissez ! Définissez un plan d'action si besoin, et mettez en oeuvre la première action.

Méthodologie et conseils

> La formulation de votre objectif ne doit pas comporter de solution mais exprimer un besoin. Dites " me déplacer rapidement d'un point à un autre " plutôt qu'" avoir une voiture rapide ". Sinon, vous bloquez votre créativité dans la phase d'exploration.

> Séparez bien les phases 3 et 4. La phase 3 est une phase dite de " divergence " en créativité. Le but est de récolter un maximum de solutions. Accueillez les idées farfelues et laissez le jugement et l'évaluation pour la phase de " convergence " (phase 4).

> C'est parfois le mélange de plusieurs solutions qui produira la solution la plus adaptée. N'hésitez pas à transformer des solutions toutes faites !

> Pensez à mettre l'option C " ne pas décider " (outil 13) ou mieux encore " ne rien faire " dans la panoplie des solutions possibles.

> Dans la phase de mise en oeuvre, autorisez-vous à ajuster votre solution, revoir votre objectif ou reprendre des idées écartées au premier abord.

Avantages

  • Le découpage en étapes permet de mieux identifier les outils d'aide à la décision à utiliser pour avancer dans le processus (cf. pages suivantes).
  • Les étapes 2 et 3 du processus élargissent notre vision et augmentent nos chances de trouver une solution pertinente.

Précautions à prendre

  • À chacun son rythme dans le processus. Pour gagner du temps, impliquez les personnes concernées par une décision collective le plus en amont possible.

Comment être plus efficace ?

Voici une sélection d'outils pour sortir des blocages potentiels en étapes 2 à 5.

Clarifier un problème confus

Quand la situation semble inextricable, nous avons du mal à définir l'objectif. Nous racontons l'histoire en tournant en rond.

Les questions puissantes, inspirées du métamodèle de la PNL, mettent en évidence nos propres filtres pour y voir plus clair :

  • Questionner les interprétations : " À quoi voyons-nous que... " ; " En quoi tel fait prouve telle interprétation ? " ; " Et si nous cherchions un contre-exemple ? "
  • Questionner les règles explicites ou implicites que nous ne voyons plus : à chaque fois que nous surprenons les mots " il faut ", " je dois ", " je ne peux pas ", prenons le contre-pied de ce qui est affirmé comme une évidence : " Qu'est-ce qui empêche de... ? " ; " Que se passerait-il si... ? "
  • Questionner les jugements conçus à partir de nos expériences passées ou de valeurs qui ne sont plus d'actualité : " Qu'est-ce qui nous fait dire aujourd'hui que... ? " ; " En quoi est-ce important aujourd'hui ? "

Élargir la palette des solutions

Bien sûr la technique du brainstorming (outil 52) et la carte mentale (outil 25) sont des outils essentiels pour rechercher des solutions variées. Les techniques ci-après aident à sortir du cadre pour aller au-delà des solutions évidentes.

Le cadre du " comme si " nous permet de retrouver notre âme d'enfant, lorsque tout était possible : faisons " comme si " nous avions tous les moyens, toutes les ressources, toute l'expertise...

Le scénario catastrophe nous libère de la propension à trouver des solutions raisonnables : " Que faudrait-il faire pour saboter... ? " En accentuant le problème, nous soulevons parfois une pépite qui, une fois inversée en positif, se transformera en solution intéressante.

Les questions impertinentes font sauter les barrières des habitudes : " Que pourrions-nous faire que nous n'avons jamais osé faire jusque-là ? " ; " Que se passerait-il si... ? " Ces questions peuvent valider la pertinence d'une idée farfelue... ou pas tant que ça.

Le point de plus approfondit une solution trouvée : " Quelle note de satisfaction donnons-nous à telle solution, de 1 à 10 ? Que faudrait-il pour mettre un point de plus ? "

Personnaliser sa solution

Les techniques les plus classiques évaluent les solutions les unes par rapport aux autres.

La matrice Avantages/inconvénients/intéressant si... permet de construire une solution nouvelle à partir de deux solutions pour retenir le meilleur de chacune.

Créer un déclic émotionnel

Grâce à la puissance de l'imagination, nous avons le pouvoir de créer le fameux déclic émotionnel qui fera passer à l'acte.

Exemples de Déclics émotionnels

Selon les cas, les différents types de déclics seront plus ou moins efficaces. Tout dépend de l'enjeu de la décision et de notre perception des risques.

Une chose est sûre : décider est toujours un acte incertain, puisqu'il engage l'avenir. L'accumulation d'informations ne réduira jamais cette zone d'incertitude.

Nos émotions sont des guides extraordinaires si nous apprenons à les écouter et leur faire confiance.

Si, au cours de l'exercice des déclics émotionnels, nous sentons la panique monter à l'idée de décider, c'est sans doute qu'il n'est pas temps de le faire. Nous pouvons alors décider de reporter la décision et écouter ce que nos émotions nous disent à propos de cette décision. Si nous nous sentons soulagés, c'est que cette décision est juste et qu'il faut repartir au début du processus de décision pour clarifier le problème.

" La capacité d'exprimer et de ressentir des émotions est indispensable à la mise en oeuvre des comportements rationnels. " Anonio R. Damasio

Pascale Bélorgey