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Les Fleurs de Nicolas, l'outsider du marché

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En 2011, Nicolas Bigot lance sa boutique en ligne de fleurs, Les Fleurs de Nicolas. Dans un marché très concurrentiel, le site marchand a réussi pourtant à trouver sa clientèle. Ce jeune entrepreneur, âgé de 31 ans, nous explique les clés de son succès.

Les Fleurs de Nicolas, l'outsider du marché

De conseiller financier pour les entreprises à fondateur d'une boutique en ligne de fleurs, Les Fleurs de Nicolas, la conversion de Nicolas Bigot est pour le moins originale."L'idée m'est venue en 2011 lors d'une commande d'un bouquet de fleurs qui ne correspondait pas à celui que j'avais commandé. J'ai alors saisi l'opportunité de créer mon entreprise, une envie qui me titillait depuis quelques années", raconte Nicolas Bigot.
Pour autant, le jeune entrepreneur ne s'est pas lancé dans un secteur inconnu : depuis plusieurs générations, sa famille est productrice de fleurs notamment dans la Sarthe et au Kenya."Ma famille travaille en BtoB pur, alors que j'ai souhaité aller sur un nouveau marché, le Web, et ma société est indépendante", précise l'entrepreneur.

Se démarquer des gros acteurs du marché

Nicolas Bigot se lance dans l'e-commerce avec un capital de 90 000 euros."Cette somme a surtout permis d'investir dans un logiciel ERP de préparation des commandes indispensable pour les préparer en atelier en temps réel." Le site a été créé par une agence parisienne.
L'activité connaît de gros pics d'activité dans l'année. "Notamment lors la Fête des mères où nous expédions entre 6 à 8 000 bouquets par jour. Alors que nous sommes sur une moyenne d'une centaine de bouquets au quotidien." Nicolas Bigot a préféré créer sa propre plateforme e-commerce afin d'avoir un outil qui lui soit vraiment dédié.
Dans un marché très concurrentiel qui comprend de nombreux acteurs comme Interflora, Monceau Fleurs, Aquarelle, BeBloom, etc., Les Fleurs de Nicolas arrive à se démarquer. Comment ? "Nous sommes les seuls producteurs sur Internet, cela nous permet de proposer des produits d'une très grande fraîcheur. Nous avons également des coûts d'approvisionnement plus faibles par rapport aux autres enseignes, et par conséquent des prix très compétitifs", assure Nicolas Bigot.

L'équipe des Fleurs de Nicolas.

L'équipe des Fleurs de Nicolas.


Ainsi 80 à 85% des fleurs viennent de leur production, celles plus spécifiques sont achetées principalement en Hollande. Par ailleurs, la boutique en ligne collabore avec un chocolatier, titré "Meilleur ouvrier de France"."Les autres sites ne sont pas toujours dans cette démarche de produits de qualité." L'équipe compte aujourd'hui sept employés, et monte jusqu'à 45 personnes en mai.

Une guérilla marketing

La logistique est faite au sein de son atelier,"le client peut commander jusqu'à 17 heures s'il souhaite être livré le lendemain avant 13 heures. Cela permet d'avoir un flux assez tendu et une fraîcheur produit qui soit au maximum", souligne Nicolas Bigot. La livraison est effectuée par TNT et Chronopost. Près de 40 références sont ainsi proposées sur le site, auxquelles il faut rajouter la nouvelle collection automnale composée de 25 bouquets supplémentaires."Nos meilleures ventes restent les roses et les tulipes." L'enjeu primordial de son commerce est de se renouveler constamment."Ce n'est pas toujours facile d'innover car notre produit est vivant : nous avons des limites naturelles."
Pour se faire connaître rapidement, l'entrepreneur a privilégié le référencement payant."Nous avons fait ce choix car nous savions que nous allions mettre du temps à remonter avec le référencement naturel face aux grosses chaînes. Nous avons également procédé à des deals sur Groupon, cela nous a permis de constituer une base de données importante, près de 50 000 clients. Notre but est que chaque euro que nous mettons en communication soit maximisé et apporte du chiffre d'affaires." Le fondateur revendique ainsi un taux de fidélisation de 80%.

Le mobile, un chiffre d'affaires non négligeable

Le site vise les grandes villes françaises."Notre clientèle, féminine à 60-65%, est habituée à commander des fleurs sur le Web", note le fondateur. Actuellement, la boutique en ligne n'envisage pas de développement à l'étranger."Notre contrainte de livraison est la distance par rapport à notre atelier." Depuis six mois, le site marchand dispose d'une application mobile."Nous l'avons lancé quand Google a commencé à faire pression. Aujourd'hui, 30% de notre trafic se fait sur ce canal."

Depuis la création des Fleurs de Nicolas, la société a ouvert deux points de vente en 2014 et 2015."Ce sont deux boutiques-pilotes situées au Mans, afin de voir si nous pouvons dupliquer notre modèle. Le marché des fleurs sur le Web représente seulement 10 à 11% des ventes, car près de 50% des achats continuent à se faire en boutique. Aussi, nous préférons être sur la plus grosse partie du secteur." Néanmoins, le site marchand représente encore aujourd'hui 95% du chiffre d'affaires. Au 30 juin 2015, la société revendiquait un peu plus d'un million d'euros."Nous sommes sur une croissance de 40 à 50%, notre prochain objectif est de réaliser 1,5 million d'euros en 2016."
Si sa société se porte bien, il avoue qu'un site Web est parfois compliqué à gérer."Vous n'avez plus vraiment de limites entre votre vie personnelle et professionnelle. Il faut en être conscient car ce n'est pas toujours facile à gérer."

Ses conseils :

Depuis les débuts de mon site marchand, je passe tous les jours du détail au stratégique en deux secondes. La relation client est dématérialisée donc nous devons tout faire pour que le client sache que derrière le site il y a une vraie entreprise et une équipe. Par exemple, sur notre site marchand, lors d'une commande, le client reçoit un premier mail de confirmation, puis un deuxième quand le bouquet est réalisé afin de créer un second contact et le troisième pour informer de la livraison du colis en temps réel. Nous mettons beaucoup l'accent sur notre site après-vente.