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Comment Apple Pay bouscule la distribution on et off line

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Le service de paiement sans contact développé par Apple, aurait enregistré plus d'un million d'activation de cartes bancaires en 72 heures. Utilisable auprès de 220 000 commerces aux États-Unis, il est néanmoins l'objet d'un boycott de la part de géants de la distribution tels que Wal-Mart.

Comment Apple Pay bouscule la distribution on et off line

Apple est-il en passe de révolutionner le paiement par mobile dans l'e-commerce et la distribution traditionnelle ? Lancés début septembre 2014, les iPhone 6 et iPhone 6 plus, embarquent désormais l'un des nouveaux services phare de la firme de Cupertino : l'Apple Pay.

Pour le moment disponible qu'aux États-Unis, Apple Pay permet aux possesseurs d'iPhone de régler leurs achats via leur smartphone, sans avoir à sortir leur carte bancaire. Pour cela, l'utilisateur doit enregistrer dans le mobile ses coordonnées bancaires, elles-mêmes stockées au sein de l'application Passbook dédiée aux cartes de fidélités, tickets de transports, bons de réduction, etc.

Apple Touch ID

Dès lors, au moment de régler un achat chez un distributeur traditionnel, il suffit de positionner le smartphone près du terminal de paiement - la puce NFC de l'iPhone permettant la communication entre les deux devices - et de déclencher l'acte d'achat en posant le doigt sur le " touch ID " de l'iPhone. C'est la reconnaissance de l'emprunte digitale du propriétaire du téléphone, qui est ici la clé du paiement. Dans le cadre d'une transaction sur un site marchand, l'internaute a également la possibilité de régler son panier via le système Apple Pay.

Pour les utilisateurs d'iPhone, l'objectif d'Apple est clair, il s'agit de simplifier et de fluidifier les paiements à la fois chez les distributeurs traditionnels et chez les e-marchands.

Et pour la firme, les enjeux financiers sont potentiellement considérables. Grâce à des accords avec de grandes banques américaines ainsi que les sociétés émettrices de cartes de crédit (Visa, MasterCard, American Express), pour chaque transaction réalisée avec Apple Pay, le groupe touchera une commission de l'ordre de 0,2% sur le montant de l'achat, selon une information publiée par le site Les Echos. Du coté des banques, leurs commissions se situeraient alors entre 0,3% et 0,8% selon le mode de paiement. Pour l'heure en France, aucune banque n'aurait signé d'accords avec Apple à ce sujet.

Apple face à la résistance de géants de la distribution

Le succès d'Apple Pay aux Etats-Unis a été immédiat. Déployé le 20 octobre dernier, le service aurait enregistré plus d'un million d'activations de carte de crédit en 72 heures, a en effet annoncé Tim Cook, le CEO d'Apple, lors de la WSJ.D Live Conférence du Wall Street Journal.

D'ores et déjà, les utilisateurs d'Apple Pay peuvent utiliser ce mode de paiement chez des enseignes telles que McDonalds, Subway, Toys'R'us, Whole Foods Market, Nike ou encore Disney. Et selon Tim Cook, d'autres enseignes s'apprêtent à accepter Apple Pay au sein de leurs points de vente.

Pour autant, ces derniers jours ont été le théâtre de plusieurs annonces d'enseignes américaines comme les chaînes de pharmacies Rite Aid (près de 4 600 points de vente aux Etats-Unis) et CVS (7 700 magasins), refusant désormais le paiement via Apple Pay, alors même que leurs magasins sont équipés de terminaux acceptant le paiement sans contact. Pis encore, les géants Wal-Mart, Best Buy ou encore Target avaient dès le départ fait savoir leur ferme intention de ne pas permettre le paiement via Apple Pay au sein de leurs points de vente.

Et pour cause, Wal-Mart est le meneur d'un consortium composé des plus grands marchands américains comme Kmart, Rite Aid, Best Buy, Exxon, Target, Wendy's, Sears, Shell, ... baptisé " Customer Merchant Exchange ", ayant initié le développement de l'application mobile " CurrentC ". Il s'agit d'un wallet pour smartphones dont le lancement est prévu pour 2015, et qui permet de régler des achats via un QR Code généré par l'appli, à présenter une fois le client arrivé en caisse, dans les magasins du réseau partenaire. Un procédé moins pratique qu'Apple Pay, mais qui permet aux distributeurs de s'affranchir des cartes bancaires comme intermédiaires, en prélevant directement la somme sur le compte de l'utilisateur.

Pour autant, même si les grandes enseignes parvenaient à maintenir à distance Apple et son service Apple Pay, la firme de Cupertino rappelle que les utilisateurs peuvent régler leurs achats dans près de 220 000 commerces américains qui acceptent déjà le service Apple Pay. Et ce n'est pas tout, puisqu'Apple pourrait bien conclure un accord juteux, avec le numéro un du e-commerce chinois Alibaba, récemment entré en bourse à New York, et dont le colossal chiffre d'affaires atteint 2,74 milliards de dollars pour le seul troisième trimestre 2014.