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Résultats de Google : l'arbre qui cache la forêt ?

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Google a publié ses résultats pour l'année 2012. En forte hausse, le chiffre d'affaires du groupe ainsi que ses bénéfices reflètent la bonne santé de l'entreprise. En France, Google doit néanmoins faire face à de nombreuses critiques, venant assombrir ce tableau un peu trop idyllique.

Résultats de Google : l'arbre qui cache la forêt ?

Google a publié ses résultats pour l'ensemble de l'année 2012, annonçant notamment un chiffre d'affaires en hausse de 36% par rapport à l'an passé. Pour la première fois, le géant américain de l'internet passe ainsi la barre des 50 milliards de dollars de revenus : " Pas si mal en seulement une décennie et demie", a ainsi déclaré non sans une certaine ironie le CEO de Google, Larry Page. Le bénéfice net du groupe a lui aussi progressé pour atteindre 10,74 milliards de dollars.

Sur la seule période du quatrième trimestre 2012, période-clé pour l'activité de Google, le groupe a généré 14,4 milliards de dollars de chiffre d'affaires, pour un bénéfice net de 2,89 milliards (+6,7%). En revanche, le coût pas clic (CPC) a chuté de 6% par rapport à l'année 2011. Autrement dit, les annonceurs paient moins cher chaque clic réalisé par les internautes sur un lien sponsorisé affiché à droite sur la page de résultats du moteur de recherche. Il s'agit là d'un indicateur important car Google tire une majorité de ses revenus par la publicité, à travers son moteur de recherche mais aussi YouTube.

Enfin, la division Motorola Mobile rachetée en mai 2012 pour 12,5 milliards de dollars, est encore en perte au quatrième trimestre 2012, de 353 millions de dollars. Un résultat qui pourrait changer en 2013, si le groupe continue la restructuration de Motorola, entamée en août 2012 avec la suppression de 4 000 emplois.

Globalement, les bons résultats de Google sont à mettre en perspective avec les nombreuses attaques dont le géant américain fait l'objet, notamment en France, sur des questions de fiscalité.

Google dans le viseur du Fisc français ?

L'annonce des résultats de Google intervient dans un contexte un peu particulier pour le groupe en France. En effet, dernièrement, la firme de Mountain View a fait parler d'elle à plus d'un titre. Tout d'abord, selon le Canard Enchainé, le Fisc français aurait réclamé fin octobre 2012, près d'1 milliard d'euros dans le cadre d'un redressement fiscal sur l'année 2011. Une information depuis démentie par Google, mais qui a permis de lever le voile sur des pratiques d'optimisation fiscale de ce géant du web, qui lui permettrait de réaliser de substantielles économies.

Le 18 janvier 2013, Pierre Collin, Conseiller d'Etat, et Nicolas Colin, Inspecteur des finances, ont remis auprès de quatre ministres français (Pierre Moscovici, ministre de l'Économie et des Finances, Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, Jérôme Cahuzac, ministre chargé du budget, et Fleur Pellerin, ministre déléguée à l'Économie numérique), leur rapport relatif à la fiscalité de l'économie numérique. Celui-ci met notamment en évidence la délocalisation des bénéfices, une pratique menée par certaines entreprises de la net économie. "Elle pourrait s'accroitre si rien n'est fait pour imposer leur activité sur le sol français", souligne le rapport.

"Dans le cadre européen, la France est déterminée à faire progresser l'adoption de mécanismes anti-délocalisation par tous les États membres, afin de réduire les possibilités, pour les multinationales, de faire usage d' " États tunnels " pour transférer leurs bénéfices vers des pays à fiscalité privilégiée. En matière de TVA, la France exigera de ses partenaires européens un strict respect du calendrier concernant la mise en place du " mini-guichet " européen de la TVA, qui doit permettre, dès 2015, de taxer la consommation de services en ligne dans l'Etat du consommateur", précise notamment le rapport.

Comment Google échappe en partie à l'impôt sur les sociétés en Europe :

Infographie Le Figaro

Free et la presse française resserrent l'étau sur Google

Le terrain de la fiscalité n'est pas le seul à devenir problématique pour Google en France. Début janvier, l'opérateur Free a mis en place une nouvelle fonctionnalité sur sa Freebox, empêchant l'affichage de publicités auprès de ses utilisateurs. La principale régie publicitaire visée étant... Google, à travers sa plateforme YouTube. L'idée? Porter sur la place publique un débat opposant certains mastodontes du web et les opérateurs télécoms. Ces derniers se plaignant en effet de l'encombrement de leurs infrastructures réseaux par le volume des données en provenance de plateforme géantes comme YouTube, sans jamais obtenir de contre partie financière de la part de Google. En somme, il s'agirait d'obtenir une contribution aux coûts générés par l'amélioration des infrastructures réseaux.

Et cela n'est pas tout. Une autre industrie, puissante également, s'en prend à Google. Il s'agit de la presse française. Une partie (pas tous) des éditeurs de presse réclame en effet la mise en place de la fameuse "Taxe Google", visant à faire payer les moteurs de recherche qui tirent profit de l'information de qualité produite sur Internet. Concrètement, il s'agirait d'instaurer des droits voisins du droit d'auteur.

Fin décembre 2012, des négociations ont ainsi été entamées avec Google d'une part, et le président du Syndicat de la presse quotidienne nationale Marc Feuillée, et Nathalie Collin, président de l'association de la presse d'information politique et générale, d'autre part. Les négociations ont lieu jusque fin janvier. Si d'ici là aucun compromis n'est trouvé, les ministres de la Culture, Aurélie Filippetti, et de l'Economie numérique, Fleur Pellerin, ont d'ores et déjà prévenu qu'un projet de loi serait soumis au Parlement.