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Google verse 60 millions d'euros aux éditeurs de presse

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Un accord a été signé entre les éditeurs de presse français et le géant américain du Net Google. Très éloigné du concept de "taxe Google", il prévoit la création d'un fonds dont le montant s'élève à 60 millions d'euros. Son but ? Aider la "transition numérique de la presse" en France.

Google verse 60 millions d'euros aux éditeurs de presse

Après deux mois de négociations houleuses entre Google et l'Association de la presse d'information politique et générale (IPG), un accord a finalement été trouvé, le 31 janvier. Un jour avant l'échéance fixé par le Président de la République François Hollande, le moteur de recherche a concédé la création d'un fonds d'aide à la "transition numérique de la presse", d'un montant de 60 millions d'euros.

"C'est une fierté pour la France d'avoir été capable de réaliser cet accord, qui est le premier [du genre] dans le monde", a ainsi déclaré François Hollande, au cours d'une conférence de presse sur le sujet. Le président exécutif de Google Eric Schmidt, a pour sa part salué "la volonté de trouver un accord plutôt qu'une loi", assurant qu'il s'agit là, "d'un accord historique dans l'intérêt du peuple français".

Encensée par une grande partie de la presse française, l'issue des négociations évite en réalité à Google de se soumettre à des dispositions légales qui auraient été mises en place en cas de désaccord avec les éditeurs de presse. Concrètement, les termes de l'accord sont très éloignés des ambitions de départ de la presse. En effet, initialement, une partie (pas tous) des éditeurs de presse réclamait la mise en place de la fameuse "Taxe Google", aussi baptisée "Lex Google". Son but était alors clair : faire payer les moteurs de recherche qui tirent profit de l'information de qualité produite sur Internet, en instaurant des droits voisins du droit d'auteur. En taxant par exemple, les recettes publicitaires générées par les contenus agrégés à partir d'un moteur de recherche. Mais de tout ceci, in fine, il ne reste rien ou pas grand chose.


Récompenser la capacité d'innovation des médias

L'accord conclu entre Google et la presse est en effet un accord commercial, dont l'enveloppe de 60 millions d'euros utilisable sous cinq ans, est intégralement nourrie par le géant américain. Du côté des aides d'État allouées à la presse en revanche, pas de changements : "l'État ne se désengagera pas de ses propres obligations", a ainsi assuré François Hollande.

Une fois constitué le fonds ne sera pas distribué à l'ensemble des éditeurs de presse. "Il ira à des projets sélectionnés selon leur mérite en terme de capacité d'innovation, de transition vers le numérique, et de transformation des modèles économiques", explique Marc Schwartz, médiateur désigné pour mener les négociations, et responsable mondial du département "Secteur Public" du cabinet de conseil Mazars. La firme de Mountain View s'est d'ailleurs proposée pour "accompagner par ses compétences, ses ingénieurs, et sa technique, les projets qui seront financés".

La gestion du fonds sera confiée à un conseil d'administration, dont la composition de sept personnes devrait être dévoilée d'ici quinze jours. Google y sera représenté, et il comprendra également des éditeurs de presse et des indépendants. Quant au périmètre de l'accord, celui-ci est précis. Il concerne la presse d'information politique et générale, des quotidiens nationaux, régionaux et de la presse magazine. Est donc exclue de l'accord, la presse dite "de divertissement ou de récréation", de type magazines people, magazines télé, etc.

Reste à savoir désormais, si l'exemple de la France fera écho à travers le monde, car selon François Hollande, " il y a forcément une alliance à nouer entre les producteurs de contenus et les diffuseurs". Quant au renouvellement d'un tel accord une fois le fonds épuisé, M. Hollande est plus évasif, indiquant non sans une certaine ironie : " nous nous retrouverons pour une prochaine conférence de presse avec le président de Google".


Revoir l'annonce de l'accord par le Président de la République, François Hollande :