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Interview de Philippe Mendil (nouveau propriétaire de France Soir) : "La valeur d'une organisation est son audience et la qualité de sa base de données"

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Le 9 octobre, le tribunal de commerce de Paris a arbitré en faveur de Cards Off, société internet spécialisée dans les paiements et le social shopping. La marque France Soir, le site, la base de données, ainsi que les archives papier du journal mythique ont été repris pour un montant de 510 000 euros. Le nouveau France Soir devrait être relancé courant janvier 2013, explique Philippe Mendil, président directeur général de Cards Off, nouveau propriétaire de France Soir.

Interview de Philippe Mendil (nouveau propriétaire de France Soir) : 'La valeur d'une organisation est son audience et la qualité de sa base de données'

Vous avez racheté France Soir, le site, les archives et les applications mobiles, quelles sont vos ambitions?

Philippe Mendil : Actuellement, le site France Soir continue de draîner environ 600 000 visiteurs uniques sur les 30 derniers jours, alors qu'il n'y a plus d'activité. Et cela grâce à un fonds d'archives considérable. Cette source de trafic est très riche. Par ailleurs, cette marque reste mythique et a une très bonne réputation en Province. Seul un microcosme parisien l'a un peu vite enterrée. Notre projet est de relancer le site. Nous prévoyons que ce sera chose faîte dans le courant du mois de janvier. Cards Off, notre établissement de paiement agrée par la Banque de France, la Galerie Idéale, notre plateforme de social shopping haut de gamme et France Soir, notre média ne feront progressivement plus qu'un.

Quel modèle comptez-vous mettre en place?

Philippe Mendil : Le modèle de convergence que nous allons déployer est un concept imaginé aux Etats-Unis qui n'a pas réellement d'équivalent en France. Notre but est de réaliser un vrai média, crée par des journalistes qui choisiront des angles rédactionnels différents. Quant à notre modèle économique, il sera bâti sur quatre piliers : les abonnements, la publicité, la vente de produits et une commission sur les ventes de la place de marché qui verra le jour à côté du média. Il ne faut pas perdre de vue que la valeur d'une organisation, c'est son audience et la qualité de sa base de données.

Comment allez-vous procéder?

Philippe Mendil: France Soir réunira une partie éditoriale et une place de marché. Celle-ci sera alimentée par une agrégation de technologies non propriétaires mais dont l'agrégation sera propriétaire. Les propositions de produits seront contextualisées en fonction du contenu éditorial. Et pour acheter, l'internaute sera simplement redirigé vers la place de marché de France Soir et pourra classiquement remplir son panier et payer. Nous proposerons en ligne l'ensemble des moyens de paiements disponibles sur le marché y compris le nôtre. Cards Off a en effet obtenu l'agrément d'établissement de paiement auprès de la Banque de France après un long parcours et nous allons dans les mois qui viennent " rebrander " notre propre moyen de paiements.

Pourquoi votre projet a-t-il fait, selon vous, la différence auprès du tribunal de commerce?

Philippe Mendil : Nous étions en concurrence avec deux autres candidats (Lafont Presse (Entreprendre, L'essentiel de l'auto...) et Jean-Pierre Brunois, promoteur immobilier et ancien propriétaire du journal, ndlr). Ma dernière intervention lors de l'audience a consisté à dire : " Madame la présidente, la décision que vous allez devoir prendre est de savoir si vous allez confier une brique de l'ancien monde à des opérateurs du nouveau monde ou pas ?". Nous étions les seuls à avoir une vision complètement digitale du relancement de France Soir. Nous croyons dans ce nouveau modèle et souhaitons le dupliquer rapidement dans d'autres pays européens...