En ce moment En ce moment
Méthodologie

La méga boîte à outils du Manager leader
Chapitre IV : MODE COLLABORATIF

Fiche 06 : L'interdépendance

  • Retrouvez 13 fiches outils dans ce chapitre
  • Publié le 1 déc. 2017
©

La méga boîte à outils du Manager leader

8 chapitres / 100 fiches

  • Imprimer

NOTRE INTERDÉPENDANCE ASSUMÉE EST LA CLÉ DE NOS RELATIONS



En résumé

L'interdépendance reflète l'ensemble des interactions entre les individus et le monde environnant. Cette notion qualifie l'écosystème de l'individu, indépendant pour la gestion de ses propres affaires, professionnelles, personnelles, qui se trouve en interaction avec d'autres individus eux-mêmes indépendants pour leurs propres affaires. Au niveau de l'entreprise, ce sont les interactions entre collaborateurs, avec les prestataires, les partenaires, fournisseurs, clients... l'entreprise agissant au sein d'un écosystème où les acteurs sont interdépendants les uns des autres.


Pourquoi l'utiliser ?

Objectif

Vivre en pleine conscience nous fait comprendre notre interdépendance au sein d'un groupe ou d'une équipe, quelle que soit notre place, hiérarchique, fonctionnelle, occasionnelle... En nous replaçant au sein de l'écosystème dans lequel nous évoluons, l'interdépendance nous engage et nous mobilise à la juste proportion.

Contexte

Les réunions d'équipe ou de projet, comme les débriefings ou les REX (Retours Sur Expérience) sont des moments clés pour observer l'interdépendance entre tous les protagonistes de la réunion : une parole suscite une idée ou une réponse, qui elle-même entraîne des réactions. Accepter que nous sommes interdépendants les uns des autres dans ces situations nous engage vers des consensus, des discussions constructives, évite les débats sans fin et les attitudes égocentriques.

Comment l'utiliser ?

Étapes

L'observation de nous-mêmes en interdépendance change notre paradigme : nous nous voyons moins comme le centre du monde, comme au centre de nos activités, mais nous nous observons au contraire au milieu d'autres personnes. C'est un point très important dans le développement de la pleine conscience. L'attention portée à ces moments d'interaction peut se faire de trois façons :

1. Observations, seul. Pendant une dizaine de jours, prendre conscience de l'interdépendance dans son milieu professionnel : au cours de chaque journée, observez en quoi vous êtes force de proposition, utile, efficace. Observez ce que vos collègues vous apportent : ce qui vous ouvre l'esprit, vous est utile et bon pour vous. En fin de journée, notez ce que vous avez remarqué et également vos observations du point de vue émotionnel.

2. Observations en interaction. Au moment des échanges, dans une réunion par exemple, prenez du recul un bref instant juste avant de répondre ou de poser une question : est-ce la bonne réaction de votre point de vue ? La question que vous voulez poser est-elle utile, va-t-elle faire avancer la réunion ?

3. Observations des autres interagissant. Avez-vous tendance à vous jeter dans la mêlée, à défendre le point de vue d'un collègue trop rapidement, à réagir dans un débat qui ne vous concerne que très peu ? L'interdépendance, c'est aussi laisser agir et dire les autres, sans en rajouter inutilement.

Méthodologie et conseils

Accepter d'être interdépendant ne remet pas en cause notre indépendance ; au contraire, elle s'appuie dessus.

L'interdépendance crée les conditions de l'expérience que nous avons de nous-mêmes et de notre monde : l'un ne se comprend pas sans l'autre.

Un individu conscient d'être en interdépendance avec autrui est conscient de sa place dans le groupe ; il développe des qualités de respect et d'écoute, sans pour autant nier ses valeurs ni ses convictions.

Avantages

  • L'interdépendance comprise et acceptée est signe d'ouverture, de plus grandes responsabilités vis-à-vis de nos collègues et de nos projets.
  • C'est une compréhension personnelle qui apporte confiance en soi et prise de recul.

Précaution à prendre

  • L'interdépendance n'est pas synonyme de dépendance.

Comment être plus efficace ?

Observons de quelle manière nous agissons dans notre sphère de vie professionnelle. Prêtons attention à notre façon d'être en relation avec nos collègues, notre hiérarchie, nos collaborateurs, les prestataires, les partenaires, les stagiaires... Il est fort probable que nous ne vivons pas les interrelations de la même façon avec chacun. Voici comment nous pouvons aller plus loin dans l'auto-observation de notre comportement avec autrui, comment nous pouvons développer notre capacité attentionnelle tout en interagissant avec d'autres personnes.

La dépendance et le paradigme du monde extérieur

Nous ne parlons pas de dépendance physique, mais psychique. La dépendance à autrui se manifeste par la prépondérance de l'autre et de la pression du monde extérieur sur notre monde intérieur. La considération des autres nous importe plus que notre considération interne. Par exemple, si nous dépendons du regard de l'autre, nous n'osons pas prendre telle décision, ou donner tel avis ; ou bien nous faisons ce qui plaît, ce qui est politiquement correct, même si ce n'est pas notre conviction profonde. C'est notamment ce qui nous fait reporter systématiquement la faute ou les échecs sur autrui, sur les conditions extérieures ou sur les décisions d'autrui.

L'indépendance, paradigme du Moi-Je

Nombre d'individus sont dans ce paradigme. Quand on pratique l'attention au quotidien, on s'aperçoit que c'est une croyance peu fiable que de penser que nous sommes 100 % autonomes et indépendants et que si nous réussissons, c'est uniquement grâce à nous et à nos capacités. Croire que l'on est indépendant se manifeste par une complaisance à soi-même, par la grande satisfaction de ses réussites, et par la conviction d'être maître de soi et de pouvoir tout maîtriser.

L'interdépendance, paradigme du Nous

La notion d'interdépendance est une clé du développement de soi. Il n'y a pas de pleine conscience sans le sentiment d'interdépendance. La pratique attentionnelle, sans jugement, ni censure, ni fausse espérance nous en apporte la compréhension. L'individu qui intègre la notion d'interdépendance accepte toutes les composantes de l'être humain, en lui-même d'abord, et il sait les reconnaître chez autrui.

L'interdépendance va de pair avec l'impermanence : ce qui est vrai aujourd'hui sera différent demain, les relations d'aujourd'hui peuvent évoluer. Les nombreuses interconnexions entre les personnes et leur environnement font que rien n'est définitivement stable. Cette impermanence est source de promesses et de renouvellement. C'est aussi ce qui permet le lâcher-prise et l'ouverture à ce qui arrive.

TéMOIGNAGE Jean-Pierre L.

Jean-Pierre L. est responsable de la sécurité dans un grand groupe. Il doit souvent gérer des situations délicates et en très peu de temps ; son service doit être très réactif. Aussi Jean-Pierre fait-il en sorte que son organisation soit la plus efficiente possible.

" Avant de comprendre et d'intégrer cette notion d'interdépendance, en tant que directeur de la sécurité, je portais sur moi toute la responsabilité du service et des personnes, jusqu'aux conséquences les plus infimes. Cela m'amenait à vouloir tout contrôler et j'exerçais une sorte de despotisme sans le vouloir auprès de mes collaborateurs, voulant tout maîtriser... Cependant, je ne pouvais ni maîtriser, ni prévoir l'imprévisible, comme un arrêt maladie, par exemple.

Lorsque j'ai compris la notion d'interdépendance, cela a été comme une révélation et un soulagement. Je me suis beaucoup plus appuyé sur mes collaborateurs, leur laissant plus d'initiatives et de liberté de parole ; ils me font part d'améliorations auxquelles je n'aurais pas pensé seul et leur motivation est plus importante. "

Pascale BÉLORGEY et Nathalie VAN LAETHEM

Martine Fuxa,<br/>rédactrice en chef Martine Fuxa,
rédactrice en chef

La Lettre de la Rédac

Recevez l'essentiel de l'actu

E-commerce

Small Business

Event