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Comment gérer ses entrepôts à l'ère du commerce connecté ?

Publié par / Avec la Marketplace le - mis à jour à

Rémi Coolen, Expert Solutions chez Manhattan Associates, aide les clients de l’éditeur à redéfinir leur gestion d'entrepôt. Depuis l'audit des besoins à la définition de la nouvelle logistique en passant par l'aide à la mise en place des logiciels… Il nous dit tout sur la façon d'aborder ce levier.

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Quelles sont les problématiques auxquelles sont confrontés les retailers aujourd'hui ?

Leurs priorités portent sur la réduction des délais de livraison, l'augmentation du nombre de références en catalogue (car cela a un impact sur l'organisation à mettre en place, la surface à occuper, l'équipement dont il faut se doter…) mais aussi sur la nécessité de gérer les petites commandes individuelles destinées aux clients finaux.

Quelles sont précisément leurs besoins en matière de logistique pour pouvoir y répondre ?

Les commerçants sont obligés aujourd'hui d'optimiser la gestion de leur Supply Chain et d'avoir une gestion intelligente des commandes. Il leur apparait aussi naturel d'utiliser en interne les outils mobiles que l'on manipule au jour le jour pour avoir l'information à portée de main, en temps réel. D'ailleurs, dans la dernière version de notre logiciel de gestion d'entrepôt (Warehouse Management - WMS), nous avons créé une appli dotée d'une ergonomie similaire à ce qui existe sur les smartphones et tablettes. Ce qui, au passage, réduit le temps de formation des utilisateurs. Sur ce dernier point, l'enjeu est bien d'augmenter la performance des collaborateurs et de donner des outils simples au management pour piloter les ressources (et respecter les délais, la qualité…). Un impératif en particulier pour les retailers dotés de gros entrepôts, occupant des dizaines de milliers de m2 de surfaces. Quant à la dernière exigence des retailers, elle porte sur la mécanisation de tout ou partie des process.

Quelles sont justement les fonctions que l'on peut facilement automatiser ?

Traditionnellement, il s'agissait des solutions de convoyage et de tri. Aujourd'hui, de plus en plus, il est question d'apporter la marchandise à l'opérateur : par exemples, des étagères sont déplacées par des robots qui les amènent aux préparateurs de commandes. C'est ce que l’on appelle la préparation de commande ‘goods-to-man’.

L’autre mouvement très net est le déploiement d’une combinaison de solutions plus agiles et flexibles visant à traiter une partie précise du process logistique (robots ou chariots autonomes pour déplacer des marchandises, stations de tri automatisées…).

Il va sans dire que grâce à l'automatisation, c’est toute la gestion des flux logistiques qui gagne en performance et en réactivité. Encore faut-il que le système coordonne à la fois les opérations restées manuelles et celles exécutées par tous ces systèmes automatisés. C’est une fonctionnalité clé dans notre WMS. Il va rediriger logiquement le plus de commandes sur les automates pour maximiser l’utilisation de ces ressources, et pilotera le fait que le reste soit réalisé en manuel. Tout ceci de manière continue, pour prendre compte le stock disponible, les ressources mais aussi les cut-offs, les commandes prioritaires, etc.

L'e-commerce est passé par là et aujourd'hui les retailers disposent à la fois d'un réseau de distribution physique et numérique. Comment, du point de vue logistique, gérer les deux ?

Il faut qu'ils disposent d'un stock partagé pour livrer les magasins et les commandes e-commerce. Ce qui implique un nouveau processus, plus complexe. Or, peu de retailers sont préparés à cela. Nous constatons encore beaucoup de développements spécifiques connectés aux ERP ou aux WMS historiques. Ce qui aboutit rapidement à des usines à gaz, inopérantes pour des retailers qui deviennent omnicanaux.

Toutes ses innovations en logistique ont-elles été mises au point pour contrer Amazon ?

La pression sur la réduction des délais et l'augmentation de la plage horaire des livraisons sont incontestablement dues au phénomène Amazon. Ajouter à cela le fait que la marketplace propose un nombre incalculable de produits, ce qui pousse aussi les retailers à accroître leur nombre de références. Forcément, cela revient pour eux, à augmenter la taille de la zone de prélèvement, et donc le coût du prélèvement, tout en élevant aussi, au passage, le risque d'erreurs.

Quelle solution faut-il adopter pour mieux orchestrer ces commandes, devenues de plus en plus complexes ?

Il nous parait incontournable de mettre en œuvre au sein de l’entrepôt et donc du WMS une fonctionnalité avancée de pilotage des commandes qui s’affranchit de la logique traditionnelle de vague, et que nous appelons Order Streaming. Cette capacité logicielle a vocation à être utilisée dans les entrepôts à forte vélocité pour résoudre les problèmes de séquences de picking complexes, notamment dans des environnements où la préparation traditionnelle du réassort magasin se mêle à la préparation des commandes e-commerce. L'Order Streaming permet de lisser les variations d’activités, de maximiser l’utilisation des ressources mécanisées pour en améliorer le ROI. Il permet également de réduire les temps de préparation de commande et donc potentiellement de pouvoir retarder l’heure du cut-off.

Le Machine Learning est également une technologie qui arrivent au sein de nos solutions. En effet, on l’utilise, par exemple, à travers l’analyse des données historiques pour déterminer le temps de préparation qui sera nécessaire pour une commande (qui peut mélanger des produits de typologie différentes et mobiliser des ressources variées…).

Enfin, le monitoring en continu du stock permet de mieux prioriser les commandes et les ressources pour que deux objectifs convergent : garantir un taux de service élevé au client final tout en maximisant l’utilisation des ressources de l’entrepôt, qu’elles soient des automates, des robots ou encore humaines.

En quoi est-ce un changement radical ?

Auparavant, la préparation de commande s'inscrivait dans une logique de logistique poussée où le pilote de flux qui lançait, en mode batch, la préparation d’un ensemble important de commandes. Autrement dit, une fois que l'opération était lancée, il était impossible d’y insérer une commande urgente avant le lancement de la prochaine vague de préparation, lors du prochain batch. A la différence de la logistique tirée : dans cette organisation, c’est la demande d’un client qui sera l’élément déclencheur, avec un traitement en priorité des commandes les plus urgentes qui pourront arriver au fil de l’eau. Certains de nos clients ont ainsi des temps de cycle ‘click-to-ship’ de quelques dizaines de minutes seulement.

Pour finir, comment voyez-vous l'évolution du retail ?

Nous pensons que le magasin est en pleine diversification tant sur son format que sur sa surface et donc des profondeurs de gammes qui y seront présentées. Mais pas au détriment du nombre de services offerts au client final. Par conséquent, il deviendra nécessaire d’approvisionner plus souvent et plus rapidement tous ces points de vente. Ce qui implique la création de nouveaux moyens de préparations de commandes. Avant, on regroupait les commandes par typologie de produits pour minimiser le chemin parcouru par les opérateurs et par conséquent le chemin de picking changeait peu souvent. Aujourd’hui, les solutions mécanisées et les robots s’affranchissent de ce chemin de picking et prélèvent la marchandise dans l’ordre qui est le plus optimisé pour la commande en cours de préparation.  Donc plus les ventes omnicanales vont se multiplier, avec une demande client impliquant toujours plus de services, de flexibilité et de vitesse, plus le besoin des entreprises d’adapter les processus de gestion de leurs entrepôts et donc de s’équiper de solutions plus modernes va devenir incontournable.

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