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France Digital Day 2019 : la French Tech boostée par le Next 40

Publié par Mathieu Viviani le | Mis à jour le
France Digital Day 2019 : la French Tech boostée par le Next 40

Mercredi 18 septembre 2019 s'est tenu à Paris le France Digital Day, qui réunit près de 3000 start-up et 200 investisseurs français et européens. Cette année, les 5 milliards d'euros de soutien du gouvernement à la French Tech ont presque volé la vedette. Explications.

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Il est 19h00 au France Digital Day 2019 (FDday 2019), la grand-messe des start-up et des investisseurs de la tech européenne depuis 7 ans. Cédric O, secrétaire d'État au numérique, monte sur scène, chemise blanche sans cravate, tout sourire, sur fond de jingle sonore électro-minimal. Pas vraiment l'allure d'un membre du gouvernement mais plutôt d'un "tech speaker" décontracté qui s'apprête à faire sa keynote.

Pourtant, le discours est éminemment politique : "À la fin du 19e et au début du 20e siècle, l'Europe était une terre d'innovation, à la pointe d'avancées technologiques majeures. Mais aujourd'hui, la donne a changé, les chiffres sont sévères. 300 licornes dans le monde, dont 170 américaines et 100 chinoises. Ce n'est pas anecdotique. [...] L'initiative du gouvernement, annoncée hier soir par le président de la République Emmanuel Macron, avec un soutien financier de 5 milliards d'euros à l'écosystème French Tech et la création du nouvel indice dédié, Next 40, est une réponse."

L'auditoire semble déjà conquis. En effet, durant toute la journée, dans les allées du Musée des Arts forains (Paris 12ème) qui abrite le "FDday 2019", le sujet tourne en boucle dans les conversations.


Next 40

La veille au soir, mardi 17 septembre, dans une conférence de presse à l'Élysée, Emmanuel Macron a tenu lui-même à présenter trois grandes mesures concrètes en soutien à l'écosystème French Tech. La première : la création d'un nouvel indice économique, Next 40, pour aider 40 start-up hexagonales dont les chiffres d'affaires sont importants ou qui sont en forte croissance.

Parmi elles, de très connues comme OVH, Sigfox, BlaBlaCar ou Veepee, des licornes françaises non-cotées et valorisées plus d'un milliard de dollars, mais aussi des start-up ayant réalisé une levée de fonds supérieure à 100 millions d'euros sur les trois dernières années comme Doctolib ou Meero, ou d'autres qui enregistrent une croissance de 30% sur les trois derniers exercices (ContentSquare, Klaxoon par exemple).

La deuxième annonce porte sur les financements : pendant les trois ans à venir, les investisseurs institutionnels injecteront 5 milliards d'euros dans des fonds d'investissement français spécialisés en technologie. "La bataille des capitaux est essentielle", a justifié le président de la République sur le sujet. "Si on veut gagner la bataille [...], on doit réussir à lever plus vite, plus fort, plus de capitaux", a-t-il poursuivi.

Plus opérationnelle, la troisième mesure portera sur un soutien administratif et juridique particulier des membres du Next 40. Quarante-cinq "correspondants French Tech" aideront ces start-up dans des démarches liées à l'Urssaf la Banque de France, l'INPI, l'Education nationale, les douanes, etc. L'idée est de libérer du temps et de l'énergie aux CEO afin qu'ils se consacrent davantage au développement de leur business.

Souveraineté technologique

Quels sont les objectifs de fonds de ces trois mesures ? Le gouvernement a été assez clair sur le sujet : faire émerger vingt-cinq licornes tricolores d'ici 2025, donner à ces entreprises de la visibilité à l'international, développer leur attractivité, leur permettre de grossir plus rapidement et ainsi faire de la French Tech une alternative aux géants américain et chinois.

"C'est ce point-là qui m'a parlé en premier. Il est temps que la France exprime sa souveraineté technologique et économique face aux USA et à la Chine", déclare Armand Thiberge, co-CEO de SendingBlue, une scale-up qui aide les PME à se digitaliser. Présent au FDday 2019 et membre du Next 40, cet ancien de l'école d'ingénieurs Polytechnique travaille d'arrache-pied pour faire de son entreprise une leader en la matière.


Des mesures bien accueillies

Même son de cloche favorable du côté de Thibaud Hug de Larauze, CEO de Back Market, spécialisé dans la vente d'appareils électroniques reconditionnés. Ambassadeur français du mouvement "TechForGood", il donnait une conférence à FDday. Il témoigne : "Pour une fois, on est très loin des discours politiques habituels où on ne comprend rien. Là, c'est du concret, il y a 5 milliards d'euros qui vont rentrer dans l'écosystème French Tech. C'est un pas pour concurrencer nos amis américains et chinois et permettre à des leaders de la tech d'émerger en France. Le nouvel indice Next 40 va aussi dans le bon sens. Ce matin, lors d'une réunion, Bruno Le Maire et Cedric O nous ont dit qu'ils comptaient sur nous pour devenir le nouveau CAC 40. On n'avait pas ce soutien de l'État auparavant. C'était même parfois conflictuel."

Thomas Rebaud, CEO de Meero, membre du Next 40 et qui vient de lever 230 millions de dollars en mai 2019 se veut plus nuancé : "C'est un peu tôt pour dire si ces mesures seront une aide significative pour la French Tech française. Mais on peut dire que ça va dans le bon sens. Next 40, ce n'est pas que pour faire la promotion de notre écosystème. Il y a une aide opérationnelle sérieuse de la part du gouvernement. Les pouvoirs publics jouent leur rôle en ce sens", conclut-il.

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Martine Fuxa,<br/>rédactrice en chef Martine Fuxa,
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