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Nathalie Collin: la boss du numérique

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Nathalie Collin: la boss du numérique

Après l'industrie musicale et le secteur de la presse, fortement impactés par l'arrivée du numérique, Nathalie Collin opère la mue digitale du groupe La Poste depuis 7 ans. Chargée de faire le lien avec le réseau physique depuis mars, elle endosse un rôle hautement stratégique.

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Dans cette maison, elle se sent utile et cultive la simplicité. Celle qui qualifie ses relations à ses agents, celle qui définit l'objectif de sa mission. Au sein du groupe La Poste, devenu entreprise à mission en juin dernier, Nathalie Collin cherche à "simplifier la vie des gens", au quotidien. Après 7 ans d'évangélisation au chapitre du numérique, elle élargit ses fonctions et son territoire d'expression. Pour cette femme pressée, ambitieuse, qui s'épanouit dans l'action, ce nouveau défi est à la hauteur de son implication, le pilier de sa vie professionnelle.

Éloge de la méritocratie

Elle a été nommée le 8 mars 2021, directrice générale de la branche Grand Public et Numérique de l'entreprise publique. Animer le réseau sur tout le territoire, transformer l'expérience client et accélérer le business grâce au numérique, voilà un challenge de plus à relever pour cette dirigeante qui aime aussi être dans l'opérationnel. "Je suis à la tête d'une branche de 50000 personnes. De telles responsabilités, cela vous oblige", commente la nouvelle Dg qui se rend chaque vendredi sur le terrain, pour rencontrer les équipes en régions. "C'est une entreprise à portée de gens. Embarquer des postiers au CES de Las Vegas, faire progresser des agents, j'en suis fière. Ici, on peut rentrer postier et finir sa carrière comme directeur territorial", explique Nathalie Collin. Des parcours qui lui rappellent celui de sa propre mère, qui l'a élevée seule et qui travaillait aux PTT, au centre de Daumesnil, à Paris dans le 12e arrondissement.

De son éducation, elle a gardé le goût pour le travail et surtout pour l'indépendance. À l'âge de faire des études sérieuses, elle se rêve psychanalyste, comme son père, puis confrontée à des études trop longues, elle optera pour le droit et la finance. "Des matières qui ouvrent les portes..." Puis, ce sera le concours pour entrer à l'ESSEC et, dans la foulée, une première expérience chez Arthur Andersen où elle rencontre son mari. Diverses missions l'envoient à Bordeaux puis Londres. Et après avoir fait ses deux enfants, elle s'apprête à entamer une aventure de 12 ans dans le monde de la musique.

Des disques aux journaux

Comme toujours, les choses vont vite et l'ex-consultante brûle les étapes. Elle rejoint Virgin Musique France en 1997 dont elle devient directrice financière, puis Dg en 2002. Enfin, elle prend la présidence de sa maison mère EMI Music France jusqu'en 2009. "J'ai vécu des années exceptionnelles dans une magnifique maison de disques avec une croissance à deux chiffres, où régnait beaucoup de créativité... Mais je ne voulais pas faire une carrière dans la musique. Je suis partie au plus haut!" Elle s'empare durant ces années, et c'est important pour la suite de sa carrière, du dossier des droits voisins du droit d'auteur qui régit l'industrie.

Ensuite, son goût pour les causes désespérées l'oriente vers le secteur, déjà mal en point, de la presse. "J'aime sauver des choses, me confronter à l'impossible!", répète-t-elle à l'envi. En prenant la direction du quotidien Libération, en 2009, ses voeux sont exaucés. "Quand je suis arrivée à Libération, on n'avait pas l'argent pour faire la paye du mois de février! J'ai tout fait pour sauver le titre et passer le relais aux nouveaux actionnaires. Ce sont des rapports frontaux dans la presse. J'ai adoré!", explique Nathalie Collin. Elle codirige le journal aux côtés de Laurent Joffrin. Les deux acolytes sont devenus inséparables. Un couple professionnel fusionnel. Son partenaire dans cette entreprise de sauvetage, partage alors son bureau. Il raconte: "C'est un des meilleurs souvenirs de ma vie professionnelle. Avec Nathalie et grâce aux actionnaires, nous avons sauvé le journal in extremis. Elle est courageuse et sait déployer une grande énergie, surtout dans la difficulté. C'est une vraie dirigeante qui ne baisse jamais les bras. Elle est directe, franche, sans apprêt et jamais péremptoire. Parfois brusque, elle reste cependant à l'écoute des arguments que l'on peut lui opposer même si cela a peu de chance de modifier sa décision finale. Féministe au jour le jour, elle impose une forme d'égalité et c'est bien!".

La bataille des droits voisins

Femme de conviction et convaincante, en 2013, Claude Perdriel lui propose de diriger le Nouvel Observateur, de nouveau aux côtés de Laurent Joffrin. "J'ai embarqué toute la profession sur le sujet des droits voisins", se satisfait la nouvelle patronne qui s'investit dans toutes les organisations professionnelles et représentatives de la presse (SPQN, Presstalis...) dans le souci de faire bouger les choses. Elle négociera d'ailleurs un accord historique favorable à la rémunération des éditeurs. "J'ai su démontrer que la presse a un impact important dans le rafraîchissement du moteur de recherche de Google. Une partie de la valeur de ce moteur, c'était la valeur de la presse. J'aurais voulu à l'époque faire une loi sur les droits voisins convaincue de l'importance de financer la création de contenu", argumente-t-elle. L'Autorité de la concurrence est passée depuis des injonctions aux sanctions contre Google, qui va devoir payer 500 millions d'euros d'amende sur le dossier des droits voisins, dans la première décision prononcée par une autorité de régulation sur ce sujet en Europe.

En 2014, elle choisit de rejoindre La Poste comme Dga du groupe, en charge de la communication. Philippe Wahl, la recrute et remarque très vite sa capacité à aller plus loin que la fonction, à dégager une vision stratégique. "C'est une dirigeante. Elle a l'intelligence prospective et le goût de la réflexion stratégique. Son énergie lui permet d'entraîner les autres et de résoudre les problèmes, au risque de vouloir faire trop de choses. Elle n'hésite pas à bousculer", témoigne le P-dg de La Poste.

Franche et directe

Au-delà, Nathalie Collin aime transformer, agir, défendre, se rendre utile. "Embarquer les équipes, j'adore!". Depuis 7 ans au sein du groupe, elle enrichit sa culture postale, elle mêle physique et numérique et décline son savoir-faire acquis dans des secteurs disruptés par le numérique. "Je fais de la transformation et pour cela il faut une rapidité d'exécution pour générer de l'adhésion. J'ai toujours deux fers au feu: la vision et l'action. Avoir une vision claire et la nourrir de preuves du quotidien. Je suis une femme d'engagement et de conviction. J'ai toujours soutenu des causes", analyse la Dg. À La Poste, elle dit se reconnaître dans ces valeurs d'équité de traitement citant son patron, "Partout, pour tous, tous les jours".

Au quotidien, ses méthodes managériales pour atteindre ses objectifs sont désormais connues. On la dit loyale et dotée d'une autorité naturelle qui l'aide à révéler les talents et à soutenir les ambitions timides de ses collaborateurs. "J'aime bien les gens, j'ai eu la chance de rencontrer des personnalités très différentes. Dans le milieu professionnel, je noue des amitiés durables. Je n'ai pas de relations d'intérêt", conclut la dirigeante.

Son parcours

1997 : Présidente d'EMI Music France

2009 : Présidente du directoire de Libération

2011 : Dg du Nouvel Observateur

2014 : Dg adjointe et directrice de la communication du Groupe La Poste

2021 : Dg de la branche grand public et numérique du groupe La Poste


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