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[Interview] Markus Bergthaler (Merchant Risk Council): Personne n'est à l'abri de la fraude

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Le succès croissant de l'e-commerce transfrontalier représente-t-il un danger supplémentaire?

"De plus en plus de gens achètent, d'un endroit, des biens en ligne, qu'ils font ensuite livrer ailleurs."

Indéniablement, oui. L'une des choses les plus difficiles à faire, pour une enseigne, est de pouvoir distinguer une "bonne" commande d'une commande frauduleuse. Or, la mobilité extrême qui caractérise notre ère digitale fait que de plus en plus de gens achètent, d'un endroit, des biens en ligne, qu'ils font ensuite livrer ailleurs.

Par le passé, si la commande et la livraison ne correspondaient pas à la même zone géographique et si, de surcroît, la carte bancaire utilisée provenait encore d'ailleurs, c'était un signe presque infaillible de fraude. Désormais, c'est un scénario courant. Cela complique substantiellement les choses. L'enjeu étant, pour les enseignes, de ne pas décliner de bonnes commandes par excès de suspicion, à moins de faire fuir des consommateurs légitimes.

Le m-commerce représente-t-il un risque accru face à la fraude?

Le paiement par mobile est de plus en plus sécurisé. Par contre, le fait qu'il ne soit pas toujours facile de géolocaliser l'endroit de la transaction complexifie la tâche en termes d'authentification des commandes.

Avec quelle régularité un marchand doit-il réexaminer sa réponse à la fraude?

Tout dépend de la solution adoptée. Certains systèmes intelligents peuvent eux-mêmes faire évoluer leur paramétrage en fonction des tendances détectées en termes de fraude. En cas de paramétrage manuel, il faut réexaminer sa solution au moins une fois par mois

Avez-vous des conseils pratiques à donner aux e-commerçants aux prises avec la fraude?

Ne faites pas comme si la fraude ne vous concernait pas! Certains marchands s'imaginent à l'abri du danger, car ils ont un taux de fraude bas. C'est une erreur.

Il faut constamment évaluer sa protection. Une tâche qui gagne à être faite collectivement. C'est pour cela que le Merchant Risk Council a été créé. Sa vocation est de libérer la parole autour de la fraude. Cela ne devrait pas être un sujet tabou. À condition de trouver le bon ton, la sécurisation du paiement devrait, d'ailleurs, être mise en avant auprès des clients.

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Charlotte Marchalant

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