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LeWeb'12 London : ce qu'il ne fallait pas manquer

Publié par François Deschamps le - mis à jour à
LeWeb'12 London : ce qu'il ne fallait pas manquer

Pour sa première édition à Londres, la conférence LeWeb'12, organisée par Géraldine Le Meur et présentée par Loïc Le Meur, s'est tenue les 19 et 20 juin, réunissant près de 1 200 personnes. Le point sur ces deux jours riches d'enseignements.

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Placée sous le thème “Faster than real time”, la conférence LeWeb’12, organisée par Géraldine Le Meur, et en grande partie animée par Loïc Le Meur, s’est déroulée pour la première fois à Londres, les 19 et 20 juin derniers. Au sein du très prestigieux Central Hall Westminster se sont ainsi réunis près de 1 200 entrepreneurs de tous bords, freelances et créatifs venus de tous horizons, mais aussi des journalistes et autres blogueurs influents (principalement nord-américains), ainsi que quelques étudiants.

Dans l’auditorium, les gradins supérieurs sont à moitié vide, mais au rez-de-chaussée, l’assistance est au rendez-vous (200 personnes au bas mot), et s’avère très attentive. Hormis le climat estival qui entoure la manifestation, pas de différence fondamentale avec l’édition annuelle parisienne, qui a traditionnellement lieu aux docks de Saint-Denis, au mois de décembre. En effet, tour à tour, les invités se succèdent, et “passent sur le divan” – littéralement – de Loïc Le Meur, posté sur la scène centrale.

La tradition veut que le coup d’envoi de l’événement soit donné par un invité de marque (Karl Lagerfeld avait introduit LeWeb’11 ), et, cette fois, c’est la violoniste Lindsey Stirling qui ouvre le bal, sur fond de musique électronique : l’assemblée, visiblement, apprécie le show. Puis la valse des invités se met en route, entrecoupée parfois par le titanesque orgue du Central Hall Westminster, sur lequel des morceaux rock sont revisités à la sauce baroque. Parmi les intervenants, des investisseurs en costume témoignent de leur expérience, tandis que les entrepreneurs, dans un style très start-up, 30 ans d’âge moyen, interviennent plutôt en jeans retroussés, baskets, chemises à carreaux et moustache bien taillée façon hipster californien. Ici, plutôt que de rendre compte de l’ensemble des services présentés, E-Commerce Magazine vous propose une sélection des annonces majeures, et une présentation des meilleures start-up présentes.

Flipboard, partenaire privilégié de Google+

L’annonce a pris tout le monde de court. Bradley Horowitz, vice-président en charge du management des produits Google, interrogé sur les rumeurs de “ville fantôme” qui courent autour de Google+ depuis plusieurs semaines sur Internet, ne s’est pas attardé sur la question, rétorquant plutôt par une habile pirouette : « Je vais vous faire une annonce et vous êtes les premiers à qui je le dis. Google+ a noué un partenariat avec Flipboard. » Pour mémoire, Flipboard est initialement une application iPad, déclinée depuis sur iPhone et Android, utilisée par plus de 5 millions de personnes dans le monde. Sa particularité est d’être un magazine social. Plus précisément, l’application intègre les flux des médias et des réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Tumblr, etc.) pour les trier et les retranscrire à l’utilisateur en fonction de ses préférences. En étant intégré à ces flux, Google+ permet à ses utilisateurs – ils seraient près de 170 millions selon Bradley Horowitz –, de visionner leurs posts sur le réseau social, sans avoir besoin de s’y rendre. Un levier qui peut s’avérer efficace pour recruter de nouveaux membres Google+.

Klout mesure le pouvoir d’influence sur les réseaux sociaux

S’il sonne à première vue comme une onomatopée belge, “Klout” n’en est pas moins une réalité virtuelle qui pourrait bien faire parler d'elle en Europe, autant qu’aux États-Unis. Car le site joue sur la corde sensible d’un type bien spécifique de membres des réseaux sociaux : les narcissiques. En effet, Klout.com permet à ces derniers de déterminer précisément l’influence qu’ils ont sur leur entourage, et, pour les meilleurs d’entre eux, sur le reste du monde. Sur une échelle de 1 à 100, le portail est ainsi en mesure de détecter les meilleurs ambassadeurs pour une marque, en fouillant dans Facebook, Twitter et Linkedin, regardant notamment le volume de commentaires, de tweets, et autres “J’aime”. Une simple inscription sur le site suffit, et trois statuts existent : sous la barre des 20, c’est le statut d’observateur, au-dessus de 50, l’usager devient leader d’opinion, et au-dessus de 70, il acquiert le statut ultime de “célébrité du Web”. L’intérêt pour une marque est ici très net, mais pour un usager, en dehors du type très spécifique de personnalité évoqué plus haut, l’intérêt est moins évident. Pourtant, Klout.com a déjà réussi à lever 70 millions de dollars depuis sa création en 2008.

Hailo pour héler les taxis

Ce n’est pas la première start-up à se lancer dans les services privés de taxi : l’an passé déjà, nous avions évoqué le cas de Uber.com, qui a eu cette année le plaisir de défendre son service de taxis privés de luxe, face au nouveau venu Hailo Cab, sous la forme d’une “battle” verbale arbitré par Michael Arrington, le fondateur de Tech Crunch. Basée à Londres, Hailo Cab a bouclé un tour de table de 17 millions de dollars en mars dernier : l’une des plus importantes levées de fonds européennes du début d’année. Plus concrètement il s’agit d’une application disponible sur iPhone et Android, permettant d’avoir un aperçu très rapide du nombre de taxis se trouvant à proximité de l’utilisateur, grâce, évidemment, à la fonction de géolocalisation. En quelques clics, l’usager peut réserver son taxi qui vient alors le chercher. À l’inverse, si l’utilisateur préfère se rendre lui-même auprès du taxi et ainsi économiser les frais inhérents à la réservation, il peut le contacter directement par téléphone via l’application, et le prévenir de son arrivée. Pour l’heure, cette application n’est opérationnelle que pour les villes de Londres, Toronto, Dublin et Chicago, mais l’importance de la levée de fonds réalisée par son fondateur Joe Fernandez, pourrait laisser présager un déploiement plus important de ce service.


Evernote, optimiser le temps de cerveau disponible

« L’application est utilisée par 34 millions de personnes. » Phil Libin, patron d’Evernote, donne immédiatement le ton. Pas question de sous-estimer cette application dont on parle peu en Europe. Fonctionnant à la fois sur ordinateur et sur mobile, Evernote permet à ses utilisateurs d’immortaliser à souhait et à tout moment une information, quelle qu’elle soit, sous forme de “notes” : texte, page web, vidéo, son, photo, mémo vocal, etc. Un cerveau de secours en somme, pour tous ses usagers. Disponible gratuitement, Evernote tire son chiffre d’affaires des “achats inapp” (réalisés dans l'application, NDLR), précise son CEO. Par ailleurs, fait suffisamment rare pour être noté, les usagers qui génèrent le plus de chiffre d’affaires sont ceux utilisant Evernote sur un terminal Blackberry.

Highlight, la géolocalisation au service des rencontres

Lancée en janvier 2012 aux États-Unis par Paul Davison, l’application pour iPhone Highlight risque fort de faire parler d’elle très rapidement en Europe. Son principe est simplissime, et redoutablement efficace : une fois installée puis démarrée (un login Facebook suffit), elle géolocalise l’utilisateur et lui spécifie automatiquement sur une carte tout autre utilisateur de l’application, ami ou non. L’idée étant de faciliter les rencontres entre les individus, et, là aussi, qu’ils soient amis ou non. En résumé, il s’agit d’un type de Foursquare, sans les contraintes, car le mobinaute n’a pas besoin de créer de compte pour utiliser l’appli, ni de procéder à un check-in pour se localiser. Outre le fait d’être facilitateur de rencontres, Highlight peut aussi avoir une portée business, en imaginant par exemple qu’au cours d’une soirée professionnelle, une fois l’outil lancé, il géolocalise tous les autres utilisateurs, permettant ainsi de savoir qui est qui, et qui fait quoi au sein de quelle entreprise.

Summly : un condensé de Web

Nick d’Aloisio n’est pas de ceux que l’on a l’habitude de voir au sein d’événements du genre de LeWeb’12. Ou du moins, pas sur scène. À 16 ans, il ne manque pourtant pas d’aplomb lorsqu’il arrive sur scène pour présenter son application mobile baptisée “Summly”, vêtu d’un simple tee-shirt manches longues bleu marine, imprimé de gros donuts multicolores, jean rose et baskets blanches. Et pour cause : il a lancé en décembre 2011 Summly, un concept d’application tellement simple – en apparence – que personne n’y avait pensé avant. Cette application permet en effet de voir un résumé en trois points de l’ensemble du contenu d’un site web, en copiant/collant l’adresse du portail au sein de l’appli. Ainsi, plus besoin d’entrer dans un site et de le parcourir pendant plusieurs minutes pour prendre toute la mesure de son contenu. Un principe qui, à en croire Nick d’Aloisio, « intéresserait d’ores et déjà de grandes sociétés du Web ».

Path : à quand l’explosion européenne ?

« Nous avons 3 millions d’utilisateurs. » Shakil Kahn, directeur des projets chez Path, n’est pas peu fier de la réussite du réseau social, face à un géant comme Facebook, duquel il peut-être compliqué d’émerger. Le positionnement de Path est clair : c’est l’intimité des usagers avant tout, prenant ainsi le contre-pied de Facebook et de sa politique du tout public. Concrètement, le groupe d’amis est limité à 150, et chaque utilisateur peut partager des messages et des photos géolocalisées auprès de ces derniers, avec une ergonomie très réussie. En effet, taquinant Loïc Le Meur sur son incapacité à prononcer le “th” de Path (M. Le Meur lui préfère le “f”, prononçant “Paf” !), Shakil Kahn souligne le soin tout particulier que ses équipes mettent « au développement d’un très bon design ». Confirmation faite à l’usage. Prometteur, il n’en est qu’à ses balbutiements en France, mais pourrait bien séduire les déçus de Facebook. Et il a désormais les moyens de ses ambitions grâce aux 30 millions de dollars que le site a levé an avril dernier !

Box, le partage de fichiers en mode cloud

Box est un service B to B de partage de fichiers reposant sur le cloud computing. Créé en 2005 dans une chambre d’université américaine, il équiperait déjà plus de 80% des 500 plus grosses sociétés américaines, selon son CEO et fondateur Aaron Levie. Jeune entrepreneur de 27 ans, débit de paroles très élevé, voix bien posée, rictus ironique aux coins des lèvres, il s’adresse à Loïc Le Meur avec une assurance démesurée flirtant parfois avec l’arrogance. Son service est concurrent de DropBox, mais Aaron Levie ambitionne de s'attaquer aux mastodontes du secteur comme Oracle ou IBM. Pour cela, il mise notamment sur un déploiement de son service au-delà des États- Unis, et c’est la raison pour laquelle il vient d’inaugurer ses nouveaux locaux à Londres, ayant en charge la région Europe. « Nous avons 18 mois devant nous pour réaliser 30% de chiffre d’affaires en Europe. »

 
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