"Nous devons apporter encore plus de solutions innovantes", Ronan Bole (Amazon Logistique)

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'Nous devons apporter encore plus de solutions innovantes', Ronan Bole (Amazon Logistique)

Inauguration du site Robotics à Brétigny-sur-Orge, développement de la logistique du dernier kilomètre, augmentation des flux et prise en compte de l'enjeu écologique... Les défis d'Amazon Logistique sont nombreux. Ronan Bole, le président d'Amazon France Logistique, nous parle des projets en cours.

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Quelle est l'organisation d'Amazon France Logistique dans notre pays?

Actuellement, nous avons 19 sites en France. En 2020, nous allons atteindre le nombre de 24 ou 25 sites, avec six centres de distribution en France. Historiquement, le premier était à Saran, près d'Orléans. Puis sont venus Montélimar, Chalon-sur-Saône et Boves, près d'Amiens, ouvert il y a quasiment deux ans. Le dernier-né arrive cet été. Il s'agit du site Robotics de Brétigny-sur-Orge, dans l'Essonne, à 30 kilomètres au sud de Paris. Nous avons aussi deux sites de tri, situés en face des sites de Douai et de Saran. Enfin, nous avons ouvert huit agences de livraison du dernier kilomètre. Une épine dorsale part du nord au sud, de Douai jusqu'à Montélimar, et nous sommes ainsi organisés pour aller livrer partout en France.

Vous parlez de huit agences du dernier kilomètre ouvertes par Amazon. Quels sont les enjeux?

Je viens d'intégrer, en plus de la présidence d'Amazon France Logistique, cette responsabilité du dernier kilomètre. L'idée est de développer notre service clients et d'être davantage présents sur le sujet de la livraison du dernier kilomètre. Aujourd'hui, nous travaillons avec beaucoup de partenaires et nous allons profiter de notre croissance pour être encore plus performants sur ce volet. Nous avons déjà commencé! On pourrait citer les lockers ou encore les access points ou points relais. Nous disposons de pratiquement 850 lockers partout en France. L'année dernière, avec le dirigeant de SNCF Gares&Connexions, nous avons annoncé l'ouverture de 1000 lockers dans le réseau des gares françaises. C'est l'une des grandes forces d'Amazon, savoir livrer aussi bien à Paris que partout ailleurs en France, en un jour ouvré, voire le jour même dans certaines grandes villes. Nous n'oublions pas l'ensemble de nos clients sur tout le territoire. Concernant les points relais, nous sommes également en train de les développer. À date, Amazon dispose de 20000 points relais en France, via son réseau de partenaires, et nous avons pour ambition d'étendre celui-ci. La problématique du centre-ville est très intéressante et nous devons apporter encore plus de solutions innovantes.

Quelle volumétrie de colis traitez-vous annuellement? Quelles tendances constatez-vous?

Nous avons un regard sur les jours de forte activité, de gros pics, pour lesquels nous adaptons notre organisation et notre capacité industrielle. À ces moments-là, nous pouvons atteindre des records de l'ordre de 2,2 millions de colis commandés en une seule journée. Nous sommes attachés au long terme et à essayer de répondre à l'attente du client. Chez Amazon, le client est roi "puissance 10". Nous définissions nos projets et initiatives en partant de lui, et nous sommes attachés à ce service de qualité. En termes de progression, les effectifs globaux sont aujourd'hui de plus de 7500 CDI en France et 12000 personnes en équivalent temps plein sur l'année en 2018. Un effectif en forte hausse!

Le marché français a-t-il des spécificités en Europe concernant la gestion de la supply chain?

Quand vous allez sur le site Amazon.fr, vous avez le choix entre 250 millions de références. C'est considérable. Ces articles sont en stock, et nous souhaitons des délais de livraison très courts. Parfois, il peut y avoir un peu plus de délai sur des articles proposés par des vendeurs tiers, présents sur la plateforme en dehors du programme "Expédié par Amazon", mais l'esprit d'Amazon est de pouvoir livrer le plus vite possible. Ce stock est construit autour d'un réseau de 50 sites en Europe, qui ont chacun tout ou partie de l'inventaire. Sur celui de Douai, par exemple, on trouve 18 millions de références. L'entrepôt mesure 90000m2 en empreinte au sol, mais il représente 150000m2 de stockage grâce à des innovations. La hauteur sous plafond étant de 12 mètres, nous avons rajouté des planchers, et nous faisons en sorte que cela soit simple pour l'employé, baptisé "associate" chez Amazon. Pour cela, nous avons créé des mezzanines, qui offrent quatre niveaux de stockage et sur lesquelles les personnes peuvent se déplacer. Nous avons procédé de même à Chalon-sur-Saône et à Saran... Les articles très souvent commandés vont être présents dans la plupart des entrepôts. Ceux achetés moins fréquemment vont être livrés par un site en particulier, lequel interviendra partout en France.

Quelle autre spécificité présente votre supply chain?

La spécificité française est Paris et sa région. Nous y comptons environ 12 millions d'habitants, c'est-à-dire presque le même niveau de population qu'à Londres. Paris est la deuxième ville européenne par sa population, donc potentiellement aussi la deuxième ville en termes de clients et de commandes. Nous sommes très attachés à livrer très vite dans la capitale. C'est aussi pour cela que nous avons localisé notre site Robotics à Brétigny. Nous sommes parvenus à proposer la livraison le même jour que la commande à nos clients, la livraison le même jour le dimanche dans certaines villes comme Paris, Lyon, Marseille. Prime Now permet aussi de livrer, en 2 heures, plus de 30000 références aux Parisiens... Aujourd'hui, le client veut être livré vite, et nous tentons de répondre à ses attentes. En outre, je pense que, du point de vue logistique, nous avons une place à reprendre en France. Notre pays se trouve en bonne position, centrale en Europe, à la croisée des flux. Nous croyons au potentiel français et allons continuer à investir sur ce marché.

Pouvez-vous nous parler de ce site Robotics, qui semble regrouper de nombreuses innovations technologiques. De quoi êtes-vous le plus fier?

Je suis fier de cette capacité à innover et à faire communiquer 6000 AGV (auto-guided vehicles) les uns avec les autres, en temps réel. On parle des AGV depuis 25 ans, beaucoup d'acteurs ont déployé leur solution. L'innovation va au-delà. Elle réside dans le fait d'en mettre 6000 sur un site et que ces derniers communiquent. À Brétigny, nous disposons de 142000m2 de surface développée, sur laquelle ces unités mobiles autonomes vont jouer un rôle essentiel. Grâce à eux, dans une logique "good to man", la marchandise vient au préparateur. C'est un peu à l'image d'un jeu de taquin. Nous avons mis nos tables de préparation de commandes en périphérie et, au milieu, il y a une sorte de labyrinthe avec des armoires et des étagères que les robots viennent soulever et apporter en bordure de la zone, où elles sont récupérées par un collaborateur. C'est un grand projet pour nous, il représente 1000 CDI annoncés sur trois ans. Le site ouvrira cet été pour se roder, avant la forte saisonnalité de la rentrée de septembre.

Cette nouvelle technologie qui va dans le sens du "good to man", combien de temps avez-vous mis pour la développer et en êtes-vous propriétaires?

En 2012, nous avions racheté Kiva Systems, une société spécialisée dans la robotique, qui avait mis au point ces petits robots et leur interaction. C'est ensuite devenu Amazon Robotics, qui a fait grandir la technologie. Le premier site Robotics a été lancé en 2015, et nous allons être le sixième pays en Europe à mettre cette technologie en service, à Brétigny. La technologie a été conçue entre 2012 et 2015, et elle est remise à niveau régulièrement. L'une des grandes forces d'Amazon est d'innover en permanence, parfois via des innovations très structurantes et de long terme. Nous essayons d'être agiles, et d'écouter nos clients et nos "associates".

Quelle est votre vision des enjeux de la supply chain pour le retail?

De mon point de vue, il va falloir repenser en profondeur le modèle du dernier kilomètre. Il faut désormais s'orienter vers des solutions durables et intégrer la problématique des émissions carbone. Ces démarches ont été mises en route dans notre entreprise. Amazon vient d'annoncer, en avril dernier, l'objectif du "shipment zero" au niveau mondial. Cela signifie qu'à l'orée 2030, nous prenons l'engagement que 50% de nos expéditions seront réalisées avec zéro émission carbone. Nous avons des projets autour des biocarburants, des véhicules de nouvelle génération, et nous déclinerons tous nos plans afin d'atteindre cet objectif.

Parcours

1998 Après une carrière commencée comme operations manager chez Freudenberg, Ronan Bole poursuit son parcours chez Eurodec en 2004. Pendant huit ans, il travaille ensuite pour Valeo à différents postes, dont celui de China regional operations director, jusqu'en septembre 2013.

Sept. 2013
Ronan Bole rejoint alors Amazon en tant que general manager des sites LIL1 et LYS1. En avril 2016, il est nommé president Amazon France Logistique. Depuis 2019, il prend en charge, dans son périmètre, le sujet de la logistique du dernier kilomètre.


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Propos recueillis par Martine Fuxa

Martine Fuxa,<br/>rédactrice en chef Martine Fuxa,
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