[Tribune] Entrepôt vs magasin : le véritable coût d'une expédition e-commerce

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[Tribune] Entrepôt vs magasin : le véritable coût d'une expédition e-commerce
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Pour satisfaire les acheteurs en ligne qui se font livrer à domicile, de nouveaux modes de livraison ont vu le jour. Dans le choix de leur modèle logistique, les enseignes ont intérêt à adopter une approche en coût complet de leurs expéditions et non s'attarder sur le seul prix du transport.

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Une livraison parfois plus coûteuse au départ de l'entrepôt

En déployant leurs différents modes de livraison à domicile, les enseignes oublient parfois de prendre en compte leur coût complet. En effet, le transport n'est que le dernier maillon de la chaîne logistique, qui renferme dans ses coulisses une organisation complexe. Stockage, répartition, préparation, emballage, enlèvement... avant de quitter l'entrepôt, un colis parcourt un long voyage avec de nombreuses étapes. Une fourmilière de techniciens, de chauffeurs et de préparateurs de commandes s'affaire dans l'entrepôt et sur la route avec pour seul objectif : livrer à l'heure. Une mécanique qui peut coûter cher pour une enseigne et face à laquelle la livraison au départ des magasins peut parfois être plus économique.

La livraison depuis le magasin est très loin de la chaîne industrialisée d'un entrepôt. Concrètement, la force de vente reçoit l'ordre de préparation de la commande et se charge ensuite de la remettre à un coursier. Stockage temporaire et produits à portée de mains des vendeurs, mise en sac de shopping des produits et non en carton... les coûts générés par les expéditions sont marginaux car les infrastructures logistiques du magasin sont déjà installées et utilisées pour les clients du magasins : drive, stock/remise, comptoir de retrait des achats.

Éduquer le consommateur à l'impact de la livraison ultra rapide

Au-delà de l'impact économique, le coût environnemental des livraisons au départ de l'entrepôt est préoccupant. Congestion des villes par les camions, émissions de carbone et pollution sonore, le transport des marchandises a de réelles conséquences sur la planète. Privilégier une livraison de proximité, au départ du magasin, permet de réduire le coût écologique en faisant appel aux livreurs qui sillonnent déjà la ville avec des modes de transports plus doux : vélos, vélo-cargos, véhicules électriques.

De plus, avec une politique de plus en plus répandue de livraison offerte et des retours gratuits, les consommateurs n'ont pas toujours conscience de la complexité des process et des acteurs mobilisés pour les satisfaire. Les absences lors des livraisons et les retours de commandes sont des comportements courants qui peuvent être évités en choisissant un mode de livraison au départ des magasins.

En effet, le client choisit le créneau "fin" auquel il est sûr d'être présent lors du passage du livreur. Le taux d'échec de livraison "en première présentation" n'est que de 2%, à comparer à celui au départ des entrepôts, qui oscille autour des 20%, et qui peut atteindre 40% pour certains types de produits (high-tech et électroménager)1.

Une robotisation des livraisons

Depuis quelques années, de plus en plus de robots intègrent les entrepôts et débarrassent les hommes des tâches répétitives et à faible valeur ajoutée. Cette robotisation de l'entrepôt s'accompagnera également par celle de la livraison.

Actuellement, ce sont surtout les chauffeurs et l'essence qui font grimper la note de l'expédition des commandes. Dans la prochaine décennie, des véhicules autonomes et électriques remplaceront les livreurs et les camions à moteur thermique, réduisant non seulement les coûts opérationnels, mais également l'empreinte écologique et les coûts associés. Des logiciels d'optimisation de plus en plus performants permettront d'anticiper différents scénarios de tournées afin de planifier au mieux les livraisons et de réaliser d'importantes économies, tout en améliorant la qualité du service.

Bien qu'elles représentent de lourds investissements pour les entreprises, le développement de ces technologies permettra de réduire considérablement le coût des livraisons et redonnera un second souffle au secteur logistique transport.

Un choix crucial

Face à la forte pression concurrentielle, le choix du modèle logistique est crucial. En choisissant un modèle hybride, mixant départs entrepôts et départs magasins, les enseignes constateront une baisse de leur coût complet du transport.

Parallèlement, grâce au développement des nouvelles technologies d'orchestration et d'optimisation du transport, de nombreux outils permettront aux enseignes d'orchestrer efficacement leurs livraisons afin de satisfaire un consommateur de plus en plus exigeant.

BIO

Michael Levy est le fondateur de Deliver.ee. Après des études à Paris IX Dauphine et à HEC, ce franco-américain, fils d'entrepreneurs, oeuvre pendant 15 ans dans le secteur du e-commerce pour des start-up et des grands groupes, tels que PIXmania, BrandAlley ou Publicis.

En 2013, constatant la lenteur et l'absence de suivi des livraisons en France, il décide de se lancer dans l'aventure en créant Deliver.ee, start-up spécialisée dans la livraison au départ des magasins.

En 2018, Deliver.ee lance Mothership, son logiciel d'orchestration automatisée des livraisons, qui permet aux enseignes de déployer à grande échelle leur propre service de livraison de colis le jour même. Deliver.ee est accompagné par l'accélérateur 50 Partners depuis 2014.

1. Observatoire de la logistique e-commerce FEVAD

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Michael Levy, CEO de Deliver.ee

Martine Fuxa,<br/>rédactrice en chef Martine Fuxa,
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