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[Portrait] Laurent de la Clergerie, l'indépendant

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[Portrait] Laurent de la Clergerie, l'indépendant

Bâtisseur dans l'âme, le président de LDLC a fait son oeuvre en créant un groupe, fleuron de l'e-commerce français. Pionnier, il vient d'offrir la semaine de 4 jours à ses 1000 salariés. Mais Laurent de la Clergerie, éternel visionnaire, rêve d'autres aventures, pour construire un monde meilleur.

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La crise de la cinquantaine n'aura pas épargné cet entrepreneur (presque) accompli. Alors que sa société, fleuron de l'e-commerce français, modèle de réussite, multiplie les distinctions en tous genres, une question le taraude. Comment donner du sens à sa vie professionnelle? Cette ambition presque galvaudée en ces temps perturbés, le pousse à imaginer une nouvelle vie -ou plutôt des nouvelles vies tant cet hyperactif a 1000 idées en tête- plus proche de ses engagements et de ses convictions personnelles. "Je vends des produits qui viennent tous de Chine! J'ai certes créé une belle histoire, mais il me manque le sens", confie Laurent de la Clergerie, dont les initiales sont désormais cotées en bourse. LDLC est en effet une success story "made in France" qui force le respect. Qui n'a pas tapé ces quatre lettres (LDLC.com) dans un moteur de recherche en prévision d'un achat d'ordinateur ou d'un produit high-tech?

Créé il y a 25 ans, le groupe LDLC est aujourd'hui un acteur de référence dans l'e-commerce avec 16 enseignes, une école, un département RD, des centres de logistique, 80 magasins... En 2021, son chiffre d'affaires s'élève à 700 millions d'euros. Le milliard est programmé dans trois ou cinq ans.

Une affaire de famille

"Je crois que mon envie d'être entrepreneur remonte à la maternelle! Je voulais être indépendant, gérer mes propres affaires, tout diriger", s'amuse le président. L'aventure démarre à Lyon, en 1996, quand Laurent de la Clergerie fraîchement diplômé de sciences économiques et ingénieur en chimie et électronique se passionne pour internet, secteur encore balbutiant. "Si c'était à refaire, je choisirais un diplôme d'école de commerce", dit-il. Il identifie très rapidement tout le potentiel du commerce en ligne. Au départ, il se contente de revendre du matériel électronique et informatique en ligne. L'offre rencontre la demande et, très vite, LDLC.com prend son envol.

Quatre ans plus tard, son frère Olivier rejoint l'aventure ainsi que sa soeur Caroline, aujourd'hui tournée vers d'autres projets. Au-delà de l'intuition, Olivier évoque la soif d'entreprendre de Laurent, son goût pour la liberté, le jeu. "La réalité a dépassé le rêve. La plus grande fierté de Laurent, c'est d'avoir créé une entreprise en partant de rien", raconte son frère, qui décrit un associé infatigable au service de son entreprise depuis 25 ans. Ce patron en quête de sens est pourtant déjà très investi dans sa vision même de l'entreprise. LDLC est un modèle d'entreprise libérée dans son mode de fonctionnement. "Pas de comité de direction, pas de reporting, pas de réunions tous les lundis matin... Je dirige sur la base de la confiance et de la délégation. Je dis régulièrement à mes équipes: vous avez les clés du camion, moins je vous vois, mieux je me porte", s'amuse le patron du groupe.

Parfaitement complémentaires, les deux frères se partagent la direction, répartissant leurs tâches respectives entre le front et le back-office. Au programme, fluidité et efficacité. Même si l'entente n'est pas systématique entre les deux dirigeants. "Quand on travaille en famille, on est plus libre, on peut se dire les choses en toute confiance, mais les actes ont plus de résonance aussi", analyse Olivier, le cadet. "Je suis l'architecte, il est le chef de projet. Quand j'ai une idée en tête, c'est lui que je vais voir en premier pour en discuter", précise l'aîné qui confie aimer avoir le dernier mot.

Tous deux s'accordent à dire que l'entreprise doit encore grandir: 100 boutiques d'ici deux ans, croissance externe, mais pas de diversification à outrance. "On veut rester des spécialistes, c'est notre identité. Nous avons juste créé notre propre marketplace pour référencer les petits produits que l'on ne peut pas vendre en direct sur le site, pour éviter que les clients ne se fournissent chez Amazon", explique Laurent de la Clergerie.

La semaine à 32 heures

Pour ses 1000 collaborateurs, Laurent de la Clergerie entend cultiver le bonheur au travail. Un bien-être validé puisque le groupe vient d'être certifié "Great place to work" pour un an. Après enquête, il apparaît que 82% des salariés déclarent se lever du bon pied chaque matin pour rejoindre leurs collègues. D'autant que le siège social (proche de Lyon) est présenté comme un "mini Google" réunissant sur un même site des bureaux avant-gardistes, un hub et un campus pour les étudiants de l'école LDLC. Tout pour être heureux! Mais c'est en prenant une mesure choc à l'été 2020 (mise en place le 25 janvier 2021) que Laurent de la Clergerie a gagné l'estime de tous ses collaborateurs, "car améliorer le cadre de travail ne suffit pas". Mieux que Martine Aubry et ses 35 heures, il baisse le temps de travail à 32 heures hebdomadaires. "Travailler moins pour travailler mieux! Faire 5 jours en 4, ça marche. Les salariés sont dans un meilleur état d'esprit", justifie le patron bienfaiteur. Avec, en prime, quelques dizaines d'embauches pour combler les absences dans les services logistiques, la relation client ou encore en boutiques. Pour ses 25 ans, le groupe s'offre une belle reconnaissance.

Le bonheur est dans le pré!

Maintenant que LDLC est un groupe mature, plus que rentable, le patron cherche à relever de nouveaux défis. Et ils sont nombreux! Parmi ceux-là, deux l'occupent à plein temps. "Je veux m'impliquer dans un projet qui a du sens. Même si je suis impulsif, je ne fais rien au hasard. J'ai travaillé le business plan et je me donne deux ans pour trouver mon modèle économique."

En citoyen responsable, Laurent de la Clergerie a pour ambition de lancer un concept de ferme avec des fermiers salariés travaillant 4 jours par semaine "pour permettre aux agriculteurs d'avoir une vraie vie avec des vacances sans être tenus par leur exploitation", annonce l'entrepreneur. "Pour cela, il faut se concentrer sur un modèle de ferme de petite taille et dont le modèle soit duplicable et rentable, car je veux aller vite!", poursuit-il. Ce modèle de ferme bio autoreproductrice existe. "The Biggest Little Farm", gérée par un couple, se situe aux États-Unis. "Je développe l'idée actuellement. Comme je veux aller plus vite que la musique, il faut que je m'entoure des bonnes personnes", explique l'entrepreneur, pressé.

Dans la même veine écologique, le boss veut lancer un fast-food végétarien pour manger "vite et bon" sans consommer ni viande, ni poisson. "Si je n'avais pas créé LDLC, j'aurais aimé être restaurateur", confie ce Lyonnais, passionné de gastronomie. "Mais il y aura un restaurant dans ma ferme et aussi des vignes", conclut l'homme d'affaires.

Son parcours

1994 : diplômé de l'école supérieure de chimie physique électronique de Lyon

1996 : création de LDLC.com à Lyon

2000 : son frère le rejoint

2021 : passe son entreprise aux 4 jours

pour 32 heures hebdomadaires


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