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DossierLes nouveaux enjeux de la logistique

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2 - Les retailers à l'épreuve de l'optimisation logistique

Poids lourds ou marques plus confidentielles, commerçants du B to C et du B to B, tous se tournent vers une organisation omnicanale pour gagner en rapidité, mais également en qualité.


Vu par le prisme des retailers, raccourcir les délais, c'est offrir une meilleure expérience client. En avril 2018, Fnac Darty a généralisé la livraison à J+1 des produits volumineux sur 80 % du territoire national et la totalité des références disponibles, en magasin ou sur Internet, le jour même dans les principales villes de France. Le groupe, qui a largement communiqué sur ce nouveau service à l'occasion de la Coupe du monde de football, dit avoir rencontré un grand succès auprès des consommateurs. "Il s'agit d'un projet majeur pour le groupe, qui a refondu l'ensemble de son organisation logistique afin de rendre possible cette prestation unique sur le marché français", indique un porte-parole.

À lire: Fnac Darty continue sur sa lancée

Depuis le lancement de son plan stratégique "Confiance +", Fnac Darty consacre entre 120 et 140 millions d'euros par an à la digitalisation des magasins, aux plateformes e-commerce et aux actifs logistiques. "À moyen et long terme, Fnac Darty s'est fixé pour objectif d'ouvrir sa plateforme industrielle à des tiers, en matière de logistique, de livraison ou de SAV. Il s'agit de nouer de nouveaux partenariats avec des marques vendues dans nos magasins, des marchands présents sur nos marketplaces, par exemple en assurant la livraison à domicile de produits volumineux ou en proposant le retrait dans nos magasins de produits dont nous n'assurerions pas le stockage", précise le groupe.

Ship-from-Store

L'optimisation logistique comme élément de différenciation, c'est aussi ce à quoi rêvent les équipes de Louis Pion, enseigne d'horlogerie, pour développer l'activité e-commerce de la marque. Avec 130 points de vente en France, Louis Pion, qui réalise 6% de son chiffre d'affaires global sur le Web -via un site e-commerce et la marketplace Galeries Lafayette- souhaite faire grimper ce taux à 10% d'ici 2020. "Les expéditions sont gérées par notre prestataire Logistique Galeries Lafayette (LGL) à partir de son entrepôt basé près de Lyon."

Depuis 2017, l'enseigne a mis en place le ship-from-store: "Les délais de livraison ont été divisés par trois. Aujourd'hui, 90% des commandes sont livrées à J+1 (contre J+2 à domicile), le magasin devient un complément de notre entrepôt", déclare Myriam Regnauld, directrice supply chain de Louis Pion. Un moyen de réconcilier le réseau physique et le digital, mais aussi d'écouler les produits éparpillés dans le réseau. "La qualité de la préparation des commandes s'est largement améliorée, car les vendeurs des magasins, formés à cette tâche, vérifient le produit", ajoute Myriam Regnauld. Seuls bémols, la gestion des commandes multiples, préparées depuis différents sites, qui engendrent l'expédition de plusieurs colis, et les réticences des centres commerciaux, qui, selon elle, ne voient pas toujours d'un bon oeil le trafic créé par l'expédition des colis. Ses prochains sujets: le web-in-store, ou catalogue élargi, et le lancement de Chrono Precise, l'offre de livraison sur rendez-vous de Chronopost.

Livraison à l'étage

En B to B, "les enseignes cherchent à proposer un service de livraison le plus proche possible du B to C et à apporter de la valeur aux acheteurs", affirme Grégoire Koudrine, directeur supply chain du groupe Manutan. Le spécialiste de la fourniture de bureau dispose de deux stocks centraux basés aux Pays-Bas et en France, en plus des stocks locaux installés dans différents pays, pour livrer dans toute l'Europe. Son principal enjeu? "La maîtrise des délais de livraison, répond Grégoire Koudrine, en respectant l'heure choisie par le destinataire et la précision dans le suivi colis." Manutan envisage d'aller plus loin avec la livraison à l'étage, l'organisation de rendez-vous hebdomadaires pour faciliter le travail des acheteurs, entre autres. Des projets qui nécessitent, bien sûr, une optimisation des flux et qui sont soutenus par des investissements, dans l'automatisation de la préparation de commandes, entre autres. Un nouvel axe de rentabilité.

Véronique Méot

Martine Fuxa,<br/>rédactrice en chef Martine Fuxa,
rédactrice en chef

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